samedi 20 juillet 2019 05:15:45

Hommage : Boudia, patriote et martyr de la cause palestinienne

L’Association Ouled El-Houma a organisé avant-hier, en collaboration avec l’APC d’Alger-Centre et les Amis de Soustara, une cérémonie de recueillement et d’hommage à la mémoire du moudjahid et martyr de la cause palestinienne, le défunt Mohamed Boudia

PUBLIE LE : 23-08-2011 | 0:00
Ph : Tahar.R.

A l’occasion de la célébration de la Journée nationale du moudjahid, l’Association Ouled El-Houma a organisé avant-hier, en collaboration avec l’APC d’Alger-Centre et les Amis de Soustara, une cérémonie de recueillement et d’hommage à la mémoire du  moudjahid et martyr de la cause palestinienne, le défunt Mohamed Boudia, assassiné le 28 juin 1973 à Paris. Le meurtre portait la signature des services secrets israéliens.
Le très pittoresque café de Soustara était plein  de convives qui ont tenu à participer à la cérémonie. Vieux camarades d’enfance, moudjahidine, artistes, jeunes du quartier, des représentants du mouvement associatif, la famille et les proches du disparu se sont donné rendez-vous en masse pour honorer sa mémoire.
M. Abderrahmane Bergui, président de l’Association Ouled El-Houma chargé des activités sportives et culturelles des jeunes non structurés et des jeunes détenus, a estimé judicieux d’organiser cet hommage au sein même du quartier où a vécu le martyr Mohamed Boudia. Il s’agit de transmettre aux jeunes générations des messages, de leur faire connaître les sacrifices de leurs aînés.
Abdelhamid Rabia a retracé à l’assistance le parcours exceptionnel du valeureux militant. Mohamed Boudia, né en 1932 à Alger,  est un enfant de La Casbah, berceau de tant de militants morts pour la patrie et véritable pépinière de nationalistes intègres.  C’est un autodidacte qui a pu acquérir  une forte conscience politique. Il était  parmi les premiers militants de la Fédération de France du FLN et sera à la tête du commando qui a perpétré l’attentat des dépôts de Mourepiane. Arrêté et condamné à 20 ans de prison, il fut plongé dans l’univers carcéral colonial. Il s’évada de la prison en  1961 et gagna Tunis pour devenir l’administrateur de la fameuse troupe théâtrale du FLN. Mohamed Boudia a très tôt pris conscience des liens qui doivent exister entre une culture populaire,  émancipatrice,   libérée des entraves de l’aliénation. Il  s’était forgé   dans  les geôles une claire conception d’une fusion entre le militantisme et la culture en tant que binôme vital dans le processus de désaliénation de l’individu. Toute la pensée de Mohamed Boudia tendait vers cet objectif qui est un axe majeur dans sa vision du combat libérateur. Aussi, il ne faut point s’étonner de le voir poursuivre son engagement au service de la culture en prenant la direction du Théâtre national algérien qu’il a créé de toutes pièces, en dirigeant le journal Alger ce soir et en lançant la revue Novembre. Mohamed  Boudia était entré dans l’opposition au défunt président Houari Boumediene après sa prise du pouvoir le 19 juin 1965. En désaccord avec le nouvel homme fort du pays, il  quitte l’Algérie et part en exil en France.
Mohamed Boudia devint en 1967 le premier responsable de la base organisationnelle et matérielle de la cause palestinienne dans beaucoup de pays d’Europe.
Il manifesta une solidarité permanente et  agissante avec les mouvements de libération, les mouvements révolutionnaires de l’époque, qu’il soutiendra très naturellement.  Cette attitude ne s’apparentait en rien à un aventurisme suicidaire ou à un romantisme futile et risqué. Elle découle d’un état d’esprit militant et intimement imbu de l’impératif de la poursuite de la lutte permanente contre toutes les formes d’injustice. Cette conviction se paie cher, car les spoliateurs et les accapareurs de territoires et  de richesses de tous poils ne l’entendaient jamais de cette oreille. Le verdict tomba comme un couperet. Mohamed Boudia devait  mourir, car il était trop attaché à la liberté des peuples qui vivaient encore sous le joug de la barbarie colonialiste et sioniste.
Le 28 juin 1973 à 10h45, Mohamed Boudia montait dans sa R16, rangée devant un des immeubles de l’université Paris VI, 32, avenue des Fossés Saint Bernard (Paris VIe). A peine assis au volant, une déflagration disloque sa voiture. Atteint aux jambes et à l’abdomen, il est tué sur le coup.
Pour Mustapha Zergaoui, ancien moudjahid et secrétaire du bureau des moudjahidine de la wilaya d’Alger, Mohamed Boudia est un vrai nationaliste nourri des valeurs de la patrie, c’est en quelque sorte le Che Guevara algérien. Il s’est sacrifié pour la cause palestinienne avec dévouement.
Boualem Toum, son ami d’enfance, abonde dans le même sens. Il a côtoyé le défunt et garde de lui le souvenir d’un homme profondément attaché à son pays, fortement impliqué dans le domaine culturel. Il raconte que Boudia a toujours fait preuve d’une maturité de l’esprit qui s’était manifestée de manière précoce.
Youssef, un autre camarade de quartier, dit que Mohamed Boudia a toujours été un homme actif et dynamique qui  avait montré un penchant net pour la politique dès les années 1940 dans son quartier de Soustara.
Pour le fin mot de l’histoire, les anciens du quartier, la famille du défunt, les proches compagnons ont émis la volonté de voir les autorités réfléchir sur la possibilité de baptiser un édifice public ou une institution culturelle du nom de Mohamed Boudia. C’est leur vœu le plus cher. On ne fera que rendre justice à un militant qui s’est amplement sacrifié pour notre pays et pour une cause palestinienne qui tient à cœur aux Algériens.
M. Bouraïb
 

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