mardi 19 novembre 2019 23:03:49

A propos de l’affaire des otages du MV Blida : Nasseredine Mansouri : «Les négociations doivent rester confidentielles pour la sécurité des otages»

"Je vous dirai d’abord qu’il ne faut pas oublier que l’Etat algérien est en train de suivre de très près cette affaire. Nous sommes en contact, quasi quotidien, avec la cellule de suivi du ministère des Affaires étrangères."

PUBLIE LE : 17-08-2011 | 0:00
Ph : Nacera

L'optimisme dont a fait part Nasseredine Mansouri, directeur général de l'entreprise IBC, lors d’un entretien qu’il nous a accordé hier matin, quant à la libération des marins algériens, découle non seulement des informations transmises par l'affréteur jordanien, en contact régulier avec les pirates somaliens, mais aussi des autres expériences de prises d'otages de marins ayant été à bord de bateaux qui ont fait l'objet d'actes de piraterie perpétrés par les flibustiers somaliens.
 
M. Mansouri, cela fait déjà près de huit mois que le bateau MV Blida a été arraisonné. Pouvez-vous nous dire où vous en êtes avec les négociations ?
Je vous dirai d’abord qu’il ne faut pas oublier que l’Etat algérien est en train de suivre de très près cette affaire. Nous sommes en contact, quasi quotidien, avec la cellule de suivi du ministère des Affaires étrangères.
Nous nous réunissons pratiquement toutes les semaines. Il est vrai que peu d'informations sont rendues publiques au sujet du suivi de cette affaire, mais, croyez-moi, le travail effectué dans l'ombre est colossal et le contact entre les concernés n’a jamais été rompu. Nous avons toujours dit, que ce soit nous ou le service de la communication du ministère des Affaires étrangères, où se trouve la cellule de crise qui est présidée par le ministre lui-même, que c’est l’affréteur du navire qui est en train de négocier.
L’affréteur n’a jamais nié sa responsabilité. D’ailleurs, les ravisseurs n’ont jamais contacté ni IBC ni l’Etat algérien. Au vu des documents qui sont à bord, ils ont pris contact, dès la prise d’otages, avec l’affréteur Monsieur Dédjani, et c’est lui qui négocie avec les pirates depuis le début. Les négociations de ce genre doivent rester confidentielles, et ce pour la sécurité des marins. Mais nous savons que les choses avancent dans le bon sens.

Etes-vous en contact avec les marins ?
Généralement, c’est de la propre initiative des ravisseurs, lorsqu’ils voient  que le moral des otages commence à baisser, ils leur donnent le téléphone et chacun appelle sa famille. Très souvent, ils leur font dire ce qu’ils veulent, et c’est de bonne guerre, pour mettre la pression et aboutir à leurs fins. De temps à autre, c’est nous, à la demande des familles, qui demandons à ce que les pirates leur donnent le téléphone.
C’est ce qui a été fait au mois de juillet et la dernière fois suite à la rumeur du décès d’un des marins, où nous avons demandé aux pirates, encore une fois, de permettre aux marins de contacter leurs familles et de les rassurer. Normalement, cela va se faire dans quelques jours, car cela ne dépend pas de nous ou de l’affréteur, mais du bon vouloir des ravisseurs. Même ce problème de temps, malheureusement, ce sont les ravisseurs qui le gèrent et personne d’autre.

Et en ce qui concerne les familles ?
Il n’y a pas de solutions miracles. Pour l’instant, je leur tire chapeau. A leur place, je ne sais pas comment j’aurais réagi, elles sont dignes, elles se battent jusqu’au bout avec le peu de moyens dont elles disposent pour au moins alerter l’opinion publique. Ce que je peux leur dire, c’est que l’Etat algérien est en train d’effectuer un travail titanesque, que nous ne pouvons hélas pas rendre public, et ce pour la sécurité des otages.
Sihem Oubraham

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