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Réformes en Algérie : La situation financière le permet

La situation financière de l'Algérie, avec des réserves de change encore appréciables et une meilleure maîtrise des dépenses et des importations, permettra au pays d'accomplir «sereinement» les réformes escomptées, a assuré le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, dans un entretien au quotidien français L'Opinion.

PUBLIE LE : 13-07-2020 | 23:00
D.R
Soulignant que le pays détenait actuellement 58 milliards de dollars de réserves de change, en plus de 27 milliards de dollars d'apports annuels des hydrocarbures prévus cette année, le président Tebboune a affirmé que cette situation permettrait au pays d'accomplir «sereinement» les réformes.
 
Cela «nous permet d’accomplir les réformes sereinement. Nous avons combattu la grande corruption. La surfacturation nous coûtait des dizaines de milliards par an. Et nous avons réduit le train de vie de l’Etat et de ses entreprises publiques. Ces économies devraient représenter 20 à 21 milliards de dollars à la fin de l’année», a-t-il argué.
 
Reconnaissant que la situation économique en Algérie demeurait tout de même «difficile», en raison du «bradage» et du «détournement» des ressources nationales dans le passé, M. Tebboune a estimé nécessaire, face à cette situation, aggravée par la crise sanitaire, d'aller vers une réforme économique basée sur une meilleure gestion des ressources et une génération des plus-values.
«La relance de l’économie nous permettra d’accomplir les réformes politiques et démocratiques», a-t-il soutenu.
Il a, dans ce cadre, réitéré l'engagement du pays à exploiter de nouveaux gisements miniers dont celui de fer de Ghar Djebilet (Tindouf) et celui de zinc à Oued Amizour (Bejaia). 
 
«Cela nous permettra de réduire nos importations d’acier et d’autres produits dérivés mais aussi d’exporter de la matière première», a-t-il souligné en faisant part de la détermination de l'Algérie à substituer, autant que possible, les importations par de la production locale afin de créer des plus-values, y compris dans le domaine des hydrocarbures. 
«Nous voulons réaliser plus de valeur ajoutée dans la chaîne automobile, l’agriculture et l’agroalimentaire et l’industrie lourde», a-t-il poursuivi, en rappelant l'autorisation, dans le cadre de la loi de finances complémentaire de 2020, de l’importation d’usines de moins de cinq ans. 
 
Il a, dans le même cadre, rappelé la relance du projet du port d’El-Hamdania, à Tipasa, en partenariat avec la Chine, un projet qui permettra, dit-il, de ravitailler le pays et les pays enclavés d’Afrique. 
Il a également évoqué le projet de la prolongation du chemin de fer vers le Mali et le Niger pour offrir une voie alternative au transport par route, via la transsaharienne, ce qui permettra de développer la filière sidérurgie à travers la production de rails. 
  
L’ouverture du capital d'entreprises publiques sera étudiée en cas de nécessité
 
A la question de savoir si l'Algérie «comptait» sur les entreprises françaises pour développer son économie, M. Tebboune, en rappelant que plus de 450 entreprises françaises opéraient en Algérie, a estimé que ces entreprises «sont appelées à jouer leur rôle dans la nouvelle Algérie».
 
Il a fait observer que la France venait de perdre sa place de premier pays fournisseur de l’Algérie. Mais «ce n’est pas irréversible», a-t-il estimé en soulignant l'existence d'une très forte communauté algérienne en France «que nous voulons également servir et préserver».
Faisant remarquer que beaucoup d’unités de production étaient en train de mettre la clé sous la porte en Europe, M. Tebboune a estimé que ces entreprises «peuvent avoir une seconde vie en Algérie». 
«Notre objectif est de fabriquer des produits finis», a-t-il précisé en rappelant l’abrogation de la règle 51-49 ce qui permettra, selon lui, d’attirer de nouveaux investissements. 
Il a aussi avancé la possibilité, en cas de nécessité, d'étudier l'ouverture du capital de certaines entreprises publiques.
«Nous étudierons, si nécessaire, l’ouverture du capital de certaines entreprises publiques», a-t-il avancé.
Et pour rassurer davantage les investisseurs, l'Algérie compte interdire toute réglementation d’une durée de vie de moins de dix ans, a-t-il encore avancé, en regrettant le fait que l’instabilité des réglementations «a déjà nui à l’essor des activités».
Interrogé, d'autre part, sur le motif du dernier remaniement ministériel, M. Tebboune a expliqué que ce changement a été dicté par le besoin d'avoir «davantage d'expérience» dans des secteurs vitaux comme les hydrocarbures ou l'agriculture.
«Le rajeunissement du gouvernement figurait parmi mes promesses de campagne. Les jeunes ministres sont au travail et donnent satisfaction. Pour certains secteurs vitaux, comme les hydrocarbures, les mines et l’agriculture, il fallait davantage d’expérience», a-t-il argué.
L’objectif principal, soutient-il, étant de valoriser toutes ces ressources alors que le pays a perdu 60% de ses revenus pétroliers. 
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