vendredi 14 aot 2020 19:53:16

Procès de Mahieddine Tahkout : La défense plaide la relaxe des accusés

Au 5e jour du procès de l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout qu’abrite le tribunal de Sidi M’hamed d’Alger, les avocats de la défense, au nombre de 90 au total, ont poursuivis, hier, leurs plaidoiries engagées depuis mercredi dernier.

PUBLIE LE : 11-07-2020 | 23:00
D.R
 
Ils ont tous plaidé l’innocence de leurs mandants incriminés dans cette affaire pour diverses infractions en lien notamment avec la corruption, la dilapidation des deniers publics et abus de fonction. 
La défense souligne que les projets d’investissements et les lots de terrain multiples dont a bénéficié le patron de Cima-Motors sont obtenus dans le respect de la réglementation en vigueur. 
Me Fetnassi, avocats de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, a soutenu qu’avec ce procès Tahkout, son client est traduit pour la troisième fois consécutive devant la justice pour les mêmes chefs d’inculpations. «Ceci est inadmissible», a-t-il dit. 
Concernant les irrégularités mentionnées dans le dossier du montage automobile, il explique qu'Ouyahia n'était pas Premier ministre au moment des faits et que c'était plutôt Abdelmalek Sellal qui occupait le poste. 
«Mon client n’a rien à voir avec toutes les décisions prises dans le domaine de l’industrie automobile et dont a été à l’origine l’ancien ministre de l’Industrie Abdeselam Bouchouareb», dit encore l’avocat qui a plaidé la relaxe d’Ouyahia. 
De son coté, Me Khadher Mouloud, avocat d’Abdelmalek Sellal, rappelle qu’au vu du poste d’ancien Premier ministre qu’a occupé son client, ce dernier devrait être jugé en vertu de l’article 177 de la Constitution stipulant l’institution d’une Haute cour d’Etat où il devrait répondre des crimes et délits pour lesquels il est poursuivi dans le cadre de l’exercice de ses fonctions. 
Il relève que son mandant est traduit devant la justice plus d’une fois pour les mêmes chefs d’inculpation. 
Dans le procès de l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout, les deux anciens Premiers ministres, absents hier au box des accusés sont poursuivi, entre autres, pour abus de fonctions, octroi d’indus privilèges et dilapidation de deniers publics. 
L'avocat de Mahdjoub Barkat incriminé en tant que responsable de service du transport universitaire prend la parole. «Mon client nie l’accusation pour laquelle il est poursuivi et se rapportant à la conclusion d’un marché public avec le Groupe Tahkout pour le transport universitaire. Il n’est lié ni de près ni de loin à cet accord conclu en 2010 et il ne figurait pas parmi les membres de l’évaluation des offres. Il n’a pas assisté au renouvèlement de cet accord en 2015 vu qu’il n’a été nommé à son poste qu’en 2017. Nous demandons sa relaxe», plaide-t-il. 
Même plaidoyer de la part de la défense de Belmiloud Abdelkader, ancien DG de l’ETUSA, accusé notamment d’infraction au code des marchés et de privilégier Tahkout Mahiedinne pour l’affrètement des bus dans la capitale. 
«Mon client n’avait aucun pouvoir de privilégier tel ou tel opérateur», déclare-t-il. Et de poursuivre : «La commission de l’évaluation des offres a fait son travail et a accordé le marché à Tahkout. Mon client avait même procédé à la suspension de contrat pour défaut d’adaptation aux dispositions contenues dans le cahier des charges. Il ne pourrait donc être accusé de non-application de pénalités de retard dans l’affrètement des bus. Mon client n’a fait que respecter la réglementation en vigueur.»
Les avocats de Boualeg Salah, ancien responsable des services des Domaines, et de Remachi Kheireddine, ancien directeur des de l'Office des œuvres universitaires (ONOU), ont aussi plaidé en faveur de la relaxe de leur mandants. 
La défense qui a rejeté les accusations a ajouté que l’étude et l'octroi des dossiers d’investissement de Tahkout ont été accomplis et établis «dans le cadre des prérogatives de leurs clients sans commettre d’abus de fonction ni octroyer d’indus privilèges ». 
Pour rappel, le procureur de la République avait requis, mercredi dernier,  une peine de 16 ans de prison à l’encontre du principal accusé, Mahieddine Tahkout. 
Une peine de 20 ans de prison assortie d’une amende de 8 millions DA a été requise contre de l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb, contre lequel un mandat d’arrêt international a été émis, ainsi que 10 ans de prison contre les anciens ministres, Youcef Yousfi, Abdelghani Zaalane et Ammar Ghoul, assortis d’une amende de 2 millions DA pour chacun.  Concernant les membres de la famille de l’accusé principal impliqués dans cette affaire, le représentant du ministère public a requis des peines de 12 ans de prison et de 8 millions DA contre Tahkout Rachid avec confiscation de tous ses biens, 10 ans de prison et 8 millions DA avec confiscation de tous ses biens à l’encontre de Billel Tahkout, de 8 ans de prison assortis d’une amende de 5 millions DA contre Hamid Tahkout et de 3 ans de prison à l’encontre de Nacer Tahkout. Dans le même cadre, le procureur de la République a requis 12 ans de prison et une amende de 2 millions DA à l’encontre de l’ancien wali de Skikda, Faouzi Belhoucine.
Karim Aoudia
 
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