vendredi 14 aot 2020 21:13:22

Sahara occidental : L’adoption par le Conseil de sécurité d’une lettre du Président Ghali comme document officiel irrite le régime marocain

L'adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une lettre adressée récemment par le président de la République sahraouie démocratique (RASD), Secrétaire général (SG) du Front Polisario, Brahim Ghali, aux Nations unies (ONU), comme document officiel, «a irrité le régime marocain», estiment des médias sahraouis.

PUBLIE LE : 10-07-2020 | 23:00
D.R
Il s'agit d'une lettre adressée récemment par le Président Ghali à l’ONU, dans laquelle il a mis en garde contre la propagation de l’épidémie du nouveau coronavirus (Covid-19) de manière significative en peu de temps dans les territoires sahraouis occupés. 
 
«Cette grave situation humanitaire est la conséquence directe du mépris des autorités marocaines d'occupation pour la vie des civils sahraouis pris au piège», avait affirmé le président sahraoui dans cette lettre. Les médias sahraouis ont indiqué que le Maroc a tenté, à travers une lettre adressée au Conseil de sécurité par son représentant permanant au sein de l’ONU, Omar Hilale, de «faire pression sur l’instance onusienne qui reconnaît le Front Polisario comme représentant légitime du peuple sahraoui, en vue de s’opposer à la généralisation des lettres et notes parvenant du Front Polisari».
 
Ce qui irrite le régime marocain, affirment les mêmes médias, est «la signature et la griffe du président sahraoui, Brahim Ghali et le lieu où elle fut rédigée, à savoir la localité libérée de Bir Lahlou». Le Maroc s’en est même pris dans sa lettre à la république de Namibie qui a transmis la lettre du Président sahraoui au Conseil de sécurité, avance-t-on de même source. «A travers la lettre de l’ambassadeur marocain, on peut constater l'étendue de l’embarras que suscitent désormais les lettres adressées par le Front Polisario à l’instance onusienne. Des lettres qui mettent à nu à chaque fois, des aspects importants de la politique coloniale que le régime marocain tente d’appliquer au Sahara occidental», indiquent les médias sahraouis.
 
Le Président sahraoui, Brahim Ghali avait condamné dans sa lettre au président du Conseil de sécurité de l'ONU, le silence du régime marocain quant à la propagation rapide de la pandémie dans les territoires occupés, relevant que «plus de deux cents infections ont été enregistrées dans la ville occupée d'El-Ayoun et ses environs ces derniers jours». «Alors que les autorités marocaines continuent d'utiliser les restrictions liées à la propagation de l'épidémie dans le monde pour resserrer le blocus imposé aux territoires sahraouis occupés afin de continuer à intimider les civils sahraouis», a t-il dénoncé, expliquant qu'«elles amènent maintenant des centaines de travailleurs et de colons marocains dans les villes occupées pour provoquer une nouvelle infection, et mettre en danger la vie de nos concitoyens». Le Chef de l'Etat sahraoui a soutenu qu'«un tel acte criminel qui vise la vie de nos concitoyens dans les territoires occupées s'ajoute au bilan du génocide et des tueries pratiquées par les autorités d'occupation marocaines contre des civils sahraouis sans défense depuis le début de l'occupation marocaine de la région le 31 octobre 1975».
 
Alors que la pandémie de Covid-19 continue de se propager à travers le monde, y compris au Maroc, M. Ghali a exprimé son inquiétude quant à «la situation des prisonniers civils sahraouis dans les prisons marocaines qui est toujours alarmante en raison des conditions désastreuses dans ces geôles», a conclu M. Ghali. Dans ce contexte, le Président sahraoui a appelé l'ONU à une intervention urgente pour mettre fin aux souffrances des prisonniers sahraouis détenus dans les prisons marocaines et d'intercéder auprès de Rabat pour garantir «leur libération immédiate et inconditionnelle face à la grave propagation de la pandémie de Covid-19».

Camps de réfugiés sahraouis
La Commission européenne dément la présence du Coronavirus
 
La Commission européenne a apporté jeudi un cinglant démenti aux allégations infondées colportées par l’eurodéputée belge Frédérique Ries, sur une soi-disant situation sanitaire «déplorable» au niveau des camps de réfugiés sahraouis, soulignant que éles mesures sanitaires en place se révèlent efficace» puisque aucun cas de Covid-19 n'est signalé.
Dans cette réponse qui ne souffre d’aucune ambiguïté, publiée sur le site du Parlement européen et référencée E-002030/2020, le Commissaire européen à la Gestion des Crises, Janez Lenarcic, a affirmé que «jusqu'à présent, les mesures sanitaires en place se révèlent efficaces puisque aucun cas de Covid-19 n'est signalé dans les camps sahraouis», avant d'expliquer que «des mesures de prévention et de confinement ont été prises pour éviter la propagation de la Covid-19. Le 7 mars 2020, les autorités sahraouies ont imposé une quarantaine obligatoire à toutes les personnes entrant dans les camps». Evoquant également les efforts des autorités et de l’armée algérienne, M. Lenarcic a précisé que «les autorités algériennes (en coopération avec les autorités sahraouies) ont imposé un cordon sanitaire aux camps le 18 mars 2020», opposant ainsi un démenti formel à une prétendue responsabilité des autorités algériennes face à «des conditions alarmantes». «L'armée algérienne a en outre installé un hôpital militaire entièrement équipé de matériel et de dispositifs médicaux destinés à la lutte contre la Covid-19», a-t-il mis en exergue. Autant dire que ce démenti catégorique à la question téléguidée de la recrue du Maroc au sein du Parlement européen, dont la soudaine sollicitude à l’égard du peuple sahraoui dans le contexte du Covid-19 n’a pas réussi à berner la Commission européenne.
Et pour cause : cette institution européenne avait déjà eu à traiter avec cette ancienne vice-présidente du groupe d'Amitié Union Européenne-Maroc et membre de la fondation pro-marocaine basée à Bruxelles (EuroMedA), dans le cadre d’une autre question tendancieuse visant à réduire l'aide humanitaire de l’UE aux réfugiés sahraouis. La réponse cinglante de l'exécutif européen, dont le maître-mot est «efficacité», est venue doucher des desseins malveillants, poursuivis dans plusieurs capitales diplomatiques, dont Genève en particulier, en vue de réduire l'aide humanitaire accordée au peuple sahraoui. 
 
Gifle cinglante
Il y a lieu de souligner que cette réponse catégorique du commissaire Lenarcic, qui est une véritable gifle pour les véritables instigateurs de cette tentative désespérée, a été publiée concomitamment à une autre réponse écrite de la Commission européenne, en date du 9 juillet 2020, confirmant la gestion efficace de la crise sanitaire par les autorités sahraouies, en réponse à une sollicitation de l’eurodéputée portugaise, Sandra Pereira. Le commissaire Lenarcic a, par ailleurs, expliqué que «la Commission suit de près la situation épidémiologique dans les camps sahraouis», précisant que «le dialogue avec les autorités algériennes, y compris la réaction à l'épidémie de Covid-19, est mené par l'intermédiaire de la délégation de l'UE en Algérie». «Pour évaluer les besoins humanitaires dans les camps de Tindouf, la Commission passe également par l'intermédiaire de ses partenaires de mise en œuvre, comme le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés», a relevé la commission dans la même réponse. Evoquant l'implication de l’UE en faveur des réfugiés sahraouis, le responsable européen a indiqué que «la Commission a débloqué près de 500.000 euros pour renforcer les services d'urgence dans les établissements hospitaliers locaux et installer des dispositifs de lavage des mains». M. Lenarcic a aussi fait référence à la gestion concertée de la crise sanitaire en ajoutant qu'«à la mi-mars 2020, la Commission a pris contact avec ses partenaires, les institutions spécialisées des Nations unies et les organisations internationales non gouvernementales (ONG), qui travaillent sur des projets financés par la Commission pour s'assurer que la préparation à la flambée de Covid-19 fait partie des mesures en faveur de la population sahraouie». «Les institutions spécialisées des Nations unies et les ONG ont mis en place des procédures pour détecter, isoler et traiter les personnes contaminées. Une campagne de sensibilisation est en cours pour informer la population. Des équipements de protection individuelle et des médicaments ont été commandés et stockés», a-t-il fait savoir.
 
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