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Investissement hors-hydrocarbures : Des projets prometteurs

Nombreux projets privés d’investissement sont dans l’attente du feu vert des autorités pour engager leur phase de réalisation et ce, dans un contexte de crise sanitaire.

PUBLIE LE : 04-07-2020 | 23:00
D.R
Les investisseurs dénoncent le manque de considération que l'ancien système avait réservé à leurs demandes d’autorisation et d’accompagnement pour la réalisation des projets.  Des dossiers appuyés par des études de faisabilité ont été soumis à l’appréciation des autorités concernées depuis des années. L’outil de production est ruiné après le recours à l’importation, dénoncent de nombreux opérateurs.  «Il n’y avait pas de place pour les investisseurs crédibles et honnêtes dans l’ancien régime», souligne Mme Saida Neghza, la présidente de la Confédération générale des entrepreneurs algériens (CGEA), rappelant que la réhabilitation de ces mêmes opérateurs économiques ne désirant qu’à contribuer à l’effort de développement nationale est l’objet d’un engagement du président de la République Abdelmadjid Tebboune. «Une promesse qui tend à se concrétiser progressivement sur le terrain, précise-t-elle.
 
La confiance rétablie progressivement 
 
Une gouvernance économique rénovée, la levée des contraintes à l’investissement et à l’exportation, une célérité dans la prise de décision et une meilleure écoute de la part de l’administration, la communauté entrepreneuriale entretient en effet un grand espoir quant à voir toutes ses attentes se traduire enfin en réalité palpable.  Elle prend acte de l’intérêt grandissant qu’accordent les hautes autorités à ce domaine, lequel intérêt à chaque fois réaffirmé par le Président Tebboune, notamment lors des réunions du Conseil des ministres visant le renouveau économique sur la base de la relance des investissements créateurs d’emploi et de richesses.  «J’adhère entièrement à la nouvelle vision du Président de la République substantiellement axée sur la valorisation du riche potentiel du pays disposant de ressources naturelles diversifiées constituant de sérieuses opportunités d’investissement pouvant impacter sur le développement socio-économique et contribuer à la rompre avec notre indépendance aux hydrocarbures», indique la présidente de la CGEA. 
L’organisation patronale aspire en effet à voir le processus du changement de gouvernance en cours visant l’instauration de l’Algérie nouvelle se traduire par une optimisation des projets d’investissement en apportant tout l’accompagnent et l’encouragement voulus pour garantir leur succès. Elle relèvera en outre qu’au sein de la CGEA, nombreux sont les chefs d’entreprises qui sont dans l’attente, en citant, entre autres, la Sarl El Houria qui souhaite construire un complexe sportif dans la wilaya d’El-Tarf.  «Le montant de ce projet dépasse les 200 milliards de centimes qui sera supporté sur fonds propre, soit sans le recours au crédit bancaire» a-t-elle précisé. 
Elle évoque également le projet de 400 milliards de centimes de la Sarl Nécir frères disposée à financer la réalisation d’un hôpital de 200 lits au Sud.
 
 Des investissements adaptés à la nouvelle vision de l’Etat
 
D'autres projets sont annoncés. L’entreprise Best Paper Industries de droit algérien avec l’italien, Antonio Lazzarini, a un projet de réalisation d’un complexe industriel de production du papier dont la réalisation est envisagée à Relizane. Cet investissement comprend la mise en place de plusieurs unités de production de canne à sucre, de l’alfa, du coton et de bois dans plusieurs wilayas du Sud. «Nous sommes dans l’attente de l’approbation de l’Etat qui nous sera notifiée par les deux ministères de l’Industrie et de l’Agriculture», indique M. Lazzarini, précisant que pour les besoins de ce projet, il envisage également l’acquisition d’une autorisation d’exploitation et d’aménagement de la nappe alfatière dans le cadre de la concession. «La valeur de l’investissement est de 2 milliards de dollars, un montant qui sera supporté sur fonds propre», dit encore notre interlocuteur. 
Le complexe industriel devant s’étaler sur une superficie de 120 ha à Relizane sera d’une capacité de production de 1.800.000 tonnes de papier par an, dont 45% seront destinés à l’exportation, précise-t-il encore. Quelque 5.000 emplois directs seront créés à la faveur de la réalisation de ce complexe, dira encore son promoteur, ajoutant que 2.000 postes saisonniers et 1.000 autres emplois indirects sont également envisagés. En matière de création d’emploi, les estimations sont encore plus importantes en intégrant la main-d’œuvre qui sera recrutée pour le fonctionnement des unités de production de la matière première qui seront implantés dans plusieurs wilayas notamment à El Menéa, Ghardaïa, Laghouat, Adrar, El-Bayadh, Naama, Tiaret et Saida. 
«C’est un projet qui peut générer des dizaines de milliers de postes d’emploi», affirme Lazzarini qui se dit impatient d’obtenir l’accord des autorités pour entamer la phase de  réalisation de cet investissement dont l’un des principaux objectifs porte aussi sur la réduction des importations du papier constituant une charge importante sur la disponibilité en devise du pays. L’autre projet que Lazzarini souhaite réaliser concerne la création d’une zone touristique de 1.500 ha située entre Zemmouri et Cap Djinet dans la wilaya de Boumerdès. 
 
 Investir, c’est aussi développer les compétences humaines
 
Considéré comme l’un des leaders de l’industrie électronique, Bomare Compagny ambitionne d’investir dans l’innovation afin d’intégrer d’autres technologies de pointe dans sa gamme d’activité. «Nous ciblons l’électronique high-tech et nous envisageons d’investir dans le domaine de l’aéronautique et des égéries renouvelables», affirment les responsables de cette société. 
Le succès de toutes ces démarches requiert nécessairement le développement des compétences humaines en termes de maitrise du savoir-faire, précise son directeur général, M. Ali Boumedinne qui plaide pour la création d’un master professionnel pour le développement des nouveaux produits et le développement de la formation professionnelle pour s’adapter aux besoins de l’innovation. 
Le constat fait ressortir un manque de main-d’œuvre qualifiée dans les métiers de technologie de pointe et Bomare Compagny se tourne vers la promotion du partenariat avec l’université. L’entreprise a en effet investi 1,5 milliards de dollars dans la mise en place d’une ligne d’insertion des compétences en informatique au niveau de l’université de Blida. «La relation avec les universités est l’un des axes majeurs de la politique de l'entreprise dans son volet lié au développement des ressources humaine», 
assure M. Ali Boumedienne.
Karim Aoudia 

 
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