vendredi 14 aot 2020 20:38:07

Djelloul ACHOUR, P-DG du groupe SERPORT : «L’Algérie va reconquérir sa place maritime»

Le modèle économique pour l’exploitation du futur port d’El Hamdania n’a pas été encore arrêté.

PUBLIE LE : 01-07-2020 | 23:00
D.R
Le P-DG du groupe Services Portuaires (SERPORT) affirme qu’une réflexion est engagée afin de déterminer le modèle qui garantira une exploitation efficiente et rentable de cette méga-infrastructure.
 
El Moudjahid : Le Président de la République vient d’instruire le Premier Ministre de prendre attache avec le partenaire chinois et d’étudier le projet du nouveau port d’El Hamdania. Quel est votre commentaire ?
 
M. Djelloul Achour : Eu égard aux capacités actuelles du complexe portuaire national, composé des dix ports de commerce, il est plus que nécessaire pour l’Algérie de concrétiser le projet d’un port en eau profonde, au sens noble du terme.
  Cependant, force est de constater que la majorité des ports algériens se trouve incrustée dans des centres urbains, ce qui limite toute possibilité d’extension de leurs infrastructures. Un port en eau profonde permettra de mieux répondre aux exigences du transport maritime moderne (taille des navires, équipements portuaires adaptés, mise en réseau avec les hubs mondiaux …) ainsi que de développer le transbordement. 
C’est donc au vu de ce constat que la décision des pouvoirs publics de relancer un tel projet ne peut que nous conforter dans notre vision, et aussi dans l’amélioration des capacités portuaires, et par conséquent, l’amélioration de la logistique portuaire.
 
Quel sera l’impact de ce mégaprojet sur l’économie nationale à long terme ?
La performance de la logistique en Algérie affiche un score de 2,45 sur 5 (LPI 2018 Banque mondiale).
 La logistique portuaire est un élément déterminant dans la logistique du pays, vu que 90% de nos échanges passent par les ports. Un port de telle envergure en termes d’infrastructure (en eau profonde) avec tous les équipements modernes qui seront réalisés, améliorera d’une manière conséquente la performance logistique de l’Algérie et par conséquent la réduction des coûts liés à la logistique portuaire.
 De plus, ce port aura les capacités (tirant d’eau - 20 m) pour traiter les plus grands navires (jusqu’à 21 500 EVP), ce qui contribuera à la réduction d’une manière conséquente des coûts de fret qui se greffent à la facture des importations.
 Par ailleurs, un tel projet profitera aux besoins du commerce national (import-export), mais aussi en tant que hub pour les échanges au niveau régional, soit par voie maritime (transbordement), soit par voie terrestre, les pouvoirs publics ayant consenti une enveloppe conséquente pour assurer la connectivité terrestre du futur port jusqu’aux pays du Sahel.
 Par conséquent, ce mégaport permettra à l’Algérie de reconquérir sa place maritime au niveau méditerranéen et au niveau africain avec toutes les retombées économiques. 
 
Des réserves auraient été émises sur la qualité et la structure du sol qui devait accueillir le projet. Si c’est le cas, ce dernier sera-t-il délocalisé ? 
Une première ébauche de l’étude d’Avant-Projet Détaillée (APD) a été achevée, l’étude géotechnique du site n’a pas encore été menée à terme, la maturation du projet par des études approfondies et complémentaires sur les caractéristiques géologiques du site devant abriter le projet, permettra de prendre les décisions appropriées sur le choix du site.
 
Les Chinois devaient exploiter le port commercial d’El Hamdania avec ses ports secs durant 35 années, après sa mise en service. Cette option sera-t-elle maintenue, selon vous ?
Le modèle économique pour l’exploitation du futur port n’a pas été encore arrêté ; une réflexion est engagée afin de déterminer le modèle qui garantira une exploitation efficiente et rentable, plusieurs options sont envisageables, notamment des partenariats stratégiques avec des sociétés de renom dans le domaine de l’exploitation des ports d’envergure semblable, le BOT pourrait être la formule idoine dans un souci d’implication stratégique appropriée de l’expertise logistique maritime et portuaire.
 
Doit-on s’attendre à une réévaluation du projet ?
Les premières estimations du coût du projet ont été élaborées sur la base des études préliminaires initiées. La maturation de ces études et la recherche de la solution exhaustive idoine conduiraient certainement à une réévaluation, et à la baisse du coût du projet.
 Propos recueillis par Akila Demmad
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