lundi 06 juillet 2020 18:51:33

Il était une fois…le «Ravin de la Femme Sauvage» (Alger):L’histoire d’une femme au destin tragique

Le ravin de la femme sauvage, aux Anassers (ex Ruisseau) : Combien de citoyens de la capitale prononcent aujourd’hui le nom de ce lieu sans savoir -hormis les anciens Algérois- ce qui se cache derrière l’appellation qui évoque un destin tragique hors normes, celui d’une femme qui y perdit ses enfants en bas-âge ?

PUBLIE LE : 30-06-2020 | 13:00
D.R

 

Voici, selon la légende colportée depuis l’époque où l’incident s’est produit, ce qu’on raconte à propos de ce lieu-dit et de la femme qui y a vécu pratiquement en recluse : au quartier dit de Ruisseau, à Alger, vivait au XIXe siècle une jeune veuve avec deux enfants. Par une journée printanière, la petite famille décide de faire un pique-nique dans la forêt, située du côté d’Oued Kniss comme on l’appelle aujourd’hui.                                                                                                        

Cette forêt fortement boisée est traversée par des pentes abruptes, des sentiers étroits et des ravins dangereux. Il faut être vigilant pour éviter de glisser dans l’une des nombreuses crevasses. La partie de cache-cache vire au drame : après le repas, les enfants s'élancent dans le bois, encore insouciants et heureux.                                                                                                  

Sourds aux recommandations de leur mère qui leur crie de ne pas s’éloigner et de rester prudents, ils «gambadent» partout, laissant libre cours à leur envie de jouer et de se dépenser. La maman se détend sous un arbre, mais, au bout d’un moment, elle s’inquiète de ne plus entendre le bruit ses enfants en train de jouer dans le bois tout proche.

Elle se lève alors et va à leur recherche. Au début, elle pense que les deux farceurs lui font une blague : «Sortez de votre cachette ! Où êtes-vous ?» leur crie-t-elle. Au bout d’une heure, la veuve se rend à l’évidence. Ces enfants ont dû tomber dans l’un de ces dangereux ravins.                                                                                                                     

«Jamais sans mes enfants», ne cesse-t-elle de répéter…

Elle les cherche désespérément, puis court prévenir ses voisins. La forêt est passée au peigne fin, mais sans résultat. La nuit tombe. Les voisins lui suggèrent de rentrer chez elle, mais la mère, éplorée, hurle qu’elle n’ira nulle part avant d’avoir retrouvé les deux prunelles de ses yeux : «Jamais sans mes enfants», ne cesse-t-elle de répéter… Entre temps les semaines s’égrènent, puis les mois et les années. N’ayant plus jamais quitté le lieu où ses enfants se sont perdus,la malheureuse femme erre désormais en haillons comme une âme en peine. Elle a complètement perdu la raison et n’ouvre la bouche que pour pousser un cri d’animal blessé. De temps à autre, les promeneurs surprennent une ombre furtive. La silhouette se dissimule derrière les buissons dès qu’elle sent une présence humaine.                                                                      

Depuis ce jours fatidique, la mère blessée dans sa chair vitrésolument en marge de la société, se nourrit de fruits sauvages et dort entre les buissons. Un jour, on découvre son cadavre au milieu de la forêt. Depuis cette époque, cet endroit est désigné par «Le ravin de la femme sauvage». Eh oui, pauvre femme qui le jour de la promenade avec ses enfants, s’attendait à tout sauf au mauvais sort qui s’abattit sur elle en lui faisant perdre ce qu’elle avait de plus précieux, ses enfants.

Kamel Bouslama

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