lundi 06 juillet 2020 18:55:51

Tizi-Ouzou : Tabourt El Ainser, un site touristique à promouvoir

Tabourt El Ainsar (Porte de la source) est un site naturel féerique situé dans la zone centrale du Parc national du Djurdjura qui relève de la commune d’Assi Youcef, à sept kilomètres du chef-lieu de la daïra de Boghni.

PUBLIE LE : 30-06-2020 | 0:00
D.R
 
Après avoir été, pendant plusieurs années, envahi par des extracteurs de pierres et autres visiteurs indélicats, ce site naturel a été réapposerai grâce aux efforts de l’Assemblée populaire communale d’Assi Youcef en collaboration avec les jeunes de la région, particulièrement ceux des villages Ath l’Hadj et Ait Hawari, tous deux situés au pied de ce massif. A présent, ces jeunes gardent jalousement ces lieux. Ils sont là pour veiller à la préservation du site et sensibilisent les visiteurs sur la nécessité de sa protection pour le bien-être des familles qui y viennent se détendre et surtout découvrir les merveilles du Djurdjura.  Aucun écart de conduite n’est toléré dans ce magnifique site touristique, notamment pour assurer une quiétude aux visiteurs et randonneurs qui s’y déplacent pour admirer  l’étendue de ce massif rocheux.  A l’entrée du site, un parking sécurisé est sommairement aménagé par des volontaires qui n'exigent pas aux automobilistes de s'acquitter de frais de gardiennage. Le paiement est laissé à la discrétion des visiteurs, nous fait savoir un jeune qui était en poste au moment de notre arrivée sur les lieux. «Donnez-nous ce que vous voulez», a-t-il répondu à notre question sur le tarif.  L’accueil rassurant et la vue panoramique qui s’offre d’emblée au visiteur sont une invitation à une époustouflante ascension via les sentiers rocailleux et bordés de grands et beaux lauriers florissants en cette période.  le visiteur ne peut être qu'être subjugué par cette extraordinaire et majestueuse fresque, œuvre magique de la nature. 
À travers les sentiers, on découvre des plantes et des fleurs d'espèces variées, des cèdres millénaires et des chênes verts accrochés aux ravins fortement escarpés. Des familles font des pique-niques à l’ombre de cèdres, d’une roche ou d’un laurier rose. On y croise des randonneurs amoureux de la nature, marchant à une cadence plus au moins rapide vers le subliminal lac suspendu Tamda Uguelmim se trouvant à une dizaine de kilomètres de Tabourt El Ainser. 
 
 sécurité, bon accueil et des panoramas enivrants
 
L’ascension vers ce lac dure entre 3 et 4 heures, nous renseigne Rabah, un berger du village Ath l’Hadj, rencontré sur les lieux. Chèvres et chevreaux sont à l’affût d'une ombre pour écumer le massif sous la protection d’un chien berger. Les vaches broutent de l'herbe, abondante en ce début d’été. 
Pour Rabah, l’ascension vers ce lac est un chemin auquel sont soumis la plupart des éleveurs du bétail des villages de la région, obligés de s’y rendre deux à trois fois par semaine pour surveiller leur troupeau. «Il faut trois heures de marche pour arriver à ce lac, voire davantage pour les visiteurs non habitués de ces lieux», mentionne-t-il. Selon lui, l’ascension peut s’avérer dangereuse sans la compagnie d’un guide ou d’un connaisseur. 
Tout en rendant hommage à la commune et aux jeunes de son village qui veillent à la protection de ce site, Rabah a tenu à déplorer le comportement de certains visiteurs, peu soucieux de la protection du site qui y laissent des déchets après leur pique-nique alors que des poubelles sont installées aux accès du site et à l’intérieur.  «Ce comportement risque de décourager les jeunes de notre village qui se sont portés volontaires pour cette noble mission de protéger ce site naturel », a averti Rabah conscient de l’importance de la protection de l’environnement. 
 
L'enjeu écologique
 
Au village Ait l’Hadj, situé en aval de ce massif, tous les habitants tiennent à la protection de ce massif où cohabitent depuis la nuit des temps de colossales roches, résultat d’activités volcaniques et une végétation de différentes espèces. 
Étonnamment façonné par la force de dame nature, ce lieu est à présent jalousement protégé par les jeunes des villages qui ne lésinent sur aucun effort pour persévérer dans cette mission de protection.
Ils veulent faire du site une destination touristique, aussi bien pour les locaux que ceux qui viennent d'autres wilayas et même venus de l'étranger. 
Comme son nom l’indique, le site est un véritable gisement d’eau alimentant plusieurs sources réparties à travers les villages de toute la région d’Assi Youcef. Une partie de cette eau est captée et drainée vers un château d’eau implanté juste à l’entrée de ce magnifique endroit où une fontaine est aménagée au profit des visiteurs, randonneurs et tous citoyens.
Divisée en deux compartiments, l’un pour les hommes et l’autre pour les femmes, cette fontaine est un passage obligé pour toute personne se rendant à Tabourt El Ainser, tant  l’eau qui jaillit des entrailles de ce massif rocheux et forestier est d’une qualité exceptionnelle. 
Douce, légère et fraiche même durant l'été, l’eau de cette fontaine est tout simplement ensorcelante, selon les habitués. Des citoyens viennent des quatre coins de la wilaya juste pour boire cette eau. 
Chaque jour, des dizaines de personnes s’y rendent pour remplir plusieurs jerricans, témoigne le gardien des lieux, tout en assurant que le lavage des véhicules est strictement interdit ainsi que l’utilisation des tuyaux par les particuliers. 
Toutes les dispositions sont prises pour protéger cette fontaine et rationaliser l’utilisation de l'eau, a rappelé notre interlocuteur. 
Faisant partie du secteur Tala Guilef du Parc national Djurdjura, le site touristique gagnerait à faire l'objet de campagnes de vulgarisation pour sa promotion par le biais de l'action des autorités locales en collaboration avec les différentes agences de voyages et offices du tourisme. Tabourt El Ainser est un site qu’aucun visiteur ne pourrait quitter sans faire une promesse solennelle d’y revenir et de convaincre la famille et amis d’y faire un tour.
 
Tourisme écologique 
 
Il pourrait constituer une des destinations les plus prisées des adeptes du tourisme écologique, aussi bien au niveau national qu’international, pourvu que les pouvoirs publics fassent un effort dans la réalisation de légères structures d’hébergement, de restauration mais aussi en investissant dans la promotion de tous les sites naturels féeriques dont regorgent Tizi-Ouzou et tant d’autres régions du pays. Un  pas vers le développement du tourisme de montagne est nécessaire.
 
Belkacem Adrar

 
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