lundi 06 juillet 2020 18:48:04

Trottoirs d’Alger-Centre en souffrance : Le chaos urbain…

Les trottoirs de la capitale sont-ils frappés de malédiction ? Malheureusement tout porte à le croire tant les indices de leur «souffrance» sont visibles, palpables, chaque jour que Dieu fait, et ce, depuis au moins deux décennies.

PUBLIE LE : 28-06-2020 | 0:00
D.R
En tout état de cause, il ne faut pas perdre de vue que lorsqu’ils sont bien revêtus et bien entretenus tout au long de l’année, les trottoirs d’une ville donnée font son urbanité. On peut y circuler sans trop d’aléas, voire les yeux fermés. C’est précisément là qu’on se rend compte si les habitants de cette ville sont soucieux de leur citoyenneté ou non. Car qui dit citoyenneté, dit aussi respect de l’environnement, en l’occurrence urbain, dans toutes ses composantes ; y compris et surtout les trottoirs. Et, dans une moindre mesure, les toilettes publiques propres car entretenues régulièrement, pour ne citer que cet autre attribut patent de la citoyenneté. 
Or à quoi assiste-on aujourd’hui ? A une succession effrénée de travaux en tous genres qui, dans le centre-ville d’Alger, ne laisse aucunement «tranquilles» les trottoirs en question. Et bien évidemment les passants qui les empruntent chaque jour que Dieu fait. Et, à bien y regarder, cela donne quel aspect ? Eh bien cela ne peut être que quelque chose d’affligeant. Quelque chose qui, à s’y méprendre, fait penser, en certains tronçons, à un «parcours du combattant». Cette situation, malheureusement, ne date pas d’aujourd’hui. Combien de fois, en effet, a-t-on connu, des années durant, des travaux effectués pour différents réseaux alimentant la ville. Et, par voie de conséquence, subi leurs lots de désagréments : ici pour l’eau, là pour le gaz, ailleurs pour l’électricité et depuis peu, semble-t-il, pour la fibre optique… Le drame, dans toute cette situation ubuesque, c’est que les travaux en question ne sont jamais effectués de façon coordonnée, pour ne pas dire intersectorielle. Entre temps, ça creuse, ça creuse toujours de part et d’autre, on a même l’impression, quelquefois, que ça creuse chaque jour durant toute l’année. Or, circonstance aggravante, ça creuse très mal, faut-il le préciser, car il n’y a qu’à voir, pour l’exemple, ne serait-ce que le trottoir de la rue Mustapha-Ferroukhi (ex-Richelieu) pour constater, renseignements pris auprès des riverains, qu’il a été carrément défoncé à coups de pioche, alors qu’il existe des outils pour y tracer proprement, à la tronçonneuse, le couloir devant accueillir les travaux en question. 
Comment peut-on, depuis les années 1960-70-80, avoir désappris à ce point ? Une interrogation tombe automatiquement sous le sens : quand une entreprise d’Etat comme Sonelgaz envisage d’effectuer un changement de câbles dans le centre de la ville, prend-elle aujourd’hui, comme elle le faisait durant les années 1970-80, la précaution d’en aviser préalablement ses homologues qui s’occupent de l’eau, ou Algérie télécom pour ce qui est du téléphone et de l’internet ? Il est permis à présent d’en douter tant les résultats sont patents : des trottoirs défoncés à n’en plus pouvoir ; et des citoyens qui marchent dessus sans se soucier outre mesure de l’archaïsme, voire la clochardisation dans lesquelles la ville a forcément été «précipitée».
Que conclure alors ? Qu’il y a un manque de coordination entre les différents secteurs chargés de l’alimentation de la capitale dans ses différents volets ? C’est l’évidence même tant les résultats sont criants de malfaçons et de mal-finitions. A croire que ceux qui y ont travaillé ont mis tout leur archaïsme pour donner à ces trottoirs un aspect des plus pathétiques. Mais alors, la question tombe une fois de plus sous le sens : comment peut-on, depuis les années 1960-70-80, avoir désappris à ce point ?
Et, pour tout dire, cela veut dire quoi au juste ? Cela veut tout simplement dire que la capitale des années 1960-70- 80 n’est plus ce qu’elle est aujourd’hui. Des pans entiers de l’urbanité tant vantée de cette ville ont, en effet, disparu peu à peu pour, à présent, laisser place à une clochardisation rampante, laquelle ne dit pas son nom mais qui, sauf en quelques rares exceptions, se trouve malgré tout —dramatiquement— l’objet de l’indifférence quasi générale non seulement de la population, mais aussi des autorités locales qui, dans leur laxisme criant, donnent l’impression de ne pas faire respecter les cahiers des charges qu’elles sont censées avoir elles-mêmes élaborés pour les faire appliquer par les entreprises en charge des travaux en question.
Kamel Bouslama
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