mercredi 15 juillet 2020 14:01:13

Poursuivi avec des cadres du CPA et du ministère de l’Industrie : Le PDG de SOVAC à la barre le 15 Juin

Jugement à distance, une première dans les procès de corruption

PUBLIE LE : 02-06-2020 | 0:00

Le procès du Pdg de SOVAC, Mourad Eulmi, a été reporté hier, par la présidente de la chambre correctionnelle du tribunal de Sidi M’Hamed, à l’audience du 15 Juin prochain, en raison du refus des accusés du jugement à distance. La salle d’audience du tribunal de Sidi M’Hamed a été équipée d’un écran géant en prévision des jugements à distance, en application des orientations du ministère de la Justice, comme mesure préventive.
Le Pdg de SOVAC, Mourad Eulmi, est poursuivi dans cette deuxième affaire pour participation à la dilapidation et à l'utilisation de fonds de banque, incitation d'agents publics à exploiter leur influence réelle et supposée dans le but de bénéficier d'indus privilèges, bénéfice du pouvoir et de l'influence des agents de l'Etat. Vingt personnes sont poursuivies dans cette nouvelle affaire, dont Mourad Eulmi, Pdg de SOVAC, en détention, son frère Khider, accusé non détenu, son épouse O.M. Fatiha, et Omar Boudiab, ex-Pdg et cadre du Crédit populaire algérien ainsi que des cadres du ministère de l’Industrie dont Amine Tira, Mohamed Alouane, Hassiba Mokraoui, Abdelkrim Mustapha, déjà mis en cause dans des affaires de montage automobile, ainsi que des personnes morales, à savoir les sociétés appartenant à l’accusé principal. Le Pdg de SOVAC a bénéficié de crédits dans le cadre de l’investissement dans la filière du montage automobile.
Aucun accusé ne s’est présenté hier à la barre, ni témoin ou partie civile quand la juge a commencé à appeler les parties, en présence des avocats de la défense. C’est ainsi qu’elle a décidé de proposer le jugement à distance, aux accusés en détention provisoire à l’établissement pénitentiaire d’El Harrach. L’accusé principal Mourad Eulmi s’est présenté face à la caméra, portant une bavette, escorté par des gardiens de l’établissement suivis de certains accusés alors que d’autres, notamment des ex-cadres du ministère de l’Industrie, n’ont pas été transférés à la salle d’audience aménagée à l’établissement pénitentiaire d’El Harrach.
Les avocats de la défense de l’ex-Pdg du CPA, à savoir, Me Khadidja Meslem et Miloud Brahimi ont introduit une demande pour sa remise en liberté. «Il est gravement malade, il a subi une intervention chirurgicale très complexe et il est fragilisé en cette pandémie. Le parquet avait décidé sa libération mais la chambre d’accusation a introduit un appel et a confirmé sa détention mais les faits ont été requalifiés et il est poursuivi pour un seul délit», a plaidé l’avocate. Elle a également précisé que l’enquête n’a relevé aucun préjudice causé à la banque ou au Trésor public. «Bien au contraire, Mourad Eulmi a remboursé tous les crédits accordés par le CPA. Mon client n’a jamais été poursuivi dans d’autres affaires pour octroi de crédits», avant de demander sa remise en liberté «à titre humanitaire». Me Brahimi a répliqué : «Nous demandons surtout l’application de la loi. L’ex-Pdg du CPA a bénéficié de l’annulation de poursuites pour six délits. S’il y a une volonté réelle de réhabiliter la justice, appliquez la loi dans ce cas». Le représentant du ministère public a rejeté les demandes de remise en liberté.

Deux grosses affaires liées à la corruption dans la filière montage  automobile le 15 Juin

La séance est levée vers 12h pour les délibérations. Le verdict est tombé à 12h 27 : refus de remise en liberté et report du procès au 15 juin prochain. Il s’agit de la même date fixée par le tribunal de Sidi M’Hamed pour l’examen de la première affaire de Mourad Eulmi ainsi que des procès des hommes d’affaires Ali Haddad, Pdg du Groupe ETRHB, et Mahieddine Tahkout, patron de Cima Motors, poursuivis avec les deux anciens Premiers ministres, d’ex-ministres et hauts responsables. Les deux affaires du Pdg de SOVAC seront-elles jointes dans un seul dossier ? Pour Me Miloud Brahimi «les faits sont différents et les parties aussi», a-t-il précisé.
Cette nouvelle affaire porte sur des prêts bancaires. Selon le dossier de l’enquête le montant de ces crédits a atteint 12.040.000.000 DA durant la période allant de 2014 à 2016, mais sans aucune traçabilité.
Neila Benrahal
 

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