lundi 06 juillet 2020 18:49:50

Evolution de la pandémie en Algérie : Les spécialistes relèvent une situation maîtrisée

Plaidoyer pour le maintien du protocole de traitement

PUBLIE LE : 31-05-2020 | 0:00
D.R

La situation pandémique en Algérie semble se stabiliser, selon les spécialistes. Chiffres à l’appui, les médecins indiquent que l’Algérie pourrait aller vers un déconfinement dans les meilleures conditions.

Pour le professeur Bekkat Mohamed Berkani, président du Conseil national de l’ordre des médecins et membre du Comité de suivi de l’évolution du Coronavirus, la pandémie est aujourd’hui maîtrisée en Algérie.
Le professeur fait état d’une stabilité des cas d’infections au niveau national. Cela est dû selon lui aux mesures de confinement décrétées par les autorités publiques. «Le respect des règles de confinement a contribué à la stabilité des cas ces dernières semaines», ajoute-t-il.
L’adoption du protocole de traitement à la chloroquine a également eu un effet positif sur la stabilisation de la situation et 60% des cas infectés ont quitté les hôpitaux. Cependant, poursuit-il, «l’objectif de l’éradication du coronavirus est loin d’être atteint». De ce fait, «il est impératif que les Algériens apprennent à coexister avec le virus pour diminuer l’impact de cette maladie». Il note que «la généralisation et l’obligation du port des masques est une décision qui constitue l’ultime barrage pour endiguer cette maladie qui peut surgir dans certains milieux professionnels et familiaux et qu'on risque un effet de rebond». Le Pr Berkani souligne que «les citoyens ont une grande responsabilité face à la propagation de cette épidémie, en respectant les normes de confinement». Il constate un certain relâchement et une négligence et estime que «la préservation de la santé publique nécessite le recours à des mesures dissuasives».  Par ailleurs, le Pr Berkani a révélé une tendance à la stabilité «avec moins de 200 cas par jour, un nombre toujours plus grand des cas guéris et un nombre en baisse de cas graves sous traitement épidémique. A une question sur un probable déconfinement, il indique qu’«il est tributaire du nombre de contaminations enregistrées quotidiennement». Le Pr Berkani fait savoir que les autorités sanitaires «s’attaquent actuellement aux clusters pour éventuellement identifier les cas suspects et les isoler afin de briser la transmission, ralentir le rythme de contamination et la ramener à une dizaine de cas, dans l’objectif d’arriver à un déconfinement total dans les meilleures conditions».
Abondant dans le même sens, le Dr Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique, estime que la question du déconfinement «n’est pas à l’ordre du jour eu égard aux chiffres annoncés et au nombre des cas qui avoisine les 200». Pour lui «même maîtrisée, la situation sanitaire n’est pas tout à fait favorable à un déconfinement total».
L’idéal pour le Dr Merabet serait d’opter « pour un déconfinement intelligent, progressif et accompagné par secteur ou région» tout en répondant aux indicateurs sanitaires. Il souligne que «les indicateurs se sont améliorés globalement». Il ajoute que «l’Algérie aurait pu éviter un confinement prolongé si les mesures étaient prises et respectées rigoureusement au début de l’épidémie». Il note dans ce sens que «les mesures barrières restent toujours nécessaires et essentielles pour maintenir la vigilance et éviter le relâchement. Il explique que les services hospitaliers où les contaminés affluent n’exploitent actuellement que 25% de leurs capacités humaines et matérielles, ce qui veut dire que la situation demeure stable et maîtrisable.
Tahar Kaidi

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Plaidoyer pour le maintien du protocole de traitement

La polémique autour de l’utilisation de l’antipaludique connu sous le nom d'hydroxychloroquine pour le traitement du Coronavirus, suite à un article paru le 22 mai dans la revue Lancet et qui a conduit l'Organisation mondiale de la santé à suspendre l'inclusion de nouveaux patients dans les essais cliniques, n’a pas laissé indifférent Mohamed Bekkat Berkani, membre de la Commission de suivi de l’évolution du Coronavirus. Il qualifie l’étude de «bizarre» par rapport à la méthodologie et les données utilisées. Pour le Pr Berkani, la polémique franco-française illustre que «dans toute crise, il y a des prédateurs qui guettent de loin pour maintenir les intérêts économiques et financiers». Dans ce cas, il s’agit, selon lui, «des firmes pharmaceutiques qui œuvrent à introduire des molécules trop chères qui ne seront pas à la portée de tout le monde».
«Après la polémique autour du traitement, il y aura la guerre des vaccins et ainsi de suite», note-t-il.
De son côté, le Dr Lyes Merabet avance l’hypothèse d’intérêts financiers de «la big pharma». Et d’enchaîner : «Les laboratoires pharmaceutiques sont en course pour réaliser des gains au mépris de la santé des populations.»
Les deux spécialistes appellent par ailleurs au «maintien du protocole validé par le Comité scientifique du ministère de la Santé qui a donné des résultats probants au regard du nombre de malades guéris».
    T. K.

 

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