lundi 06 juillet 2020 19:42:31

137e Anniversaire de la mort de l’émir Abdelkader : Retour sur le parcours du fondateur de l’état algérien moderne

La petite-fille de l’émir Abdelkader, Assia Zhor Boutaleb, secrétaire générale de la fondation qui porte son nom, a rendu visite, hier, à El Moudjahid, où ce fut l’occasion de revisiter, à travers le portrait de l’émir, un pan de l’histoire algérienne.

PUBLIE LE : 28-05-2020 | 0:00
D.R

La petite-fille de l’émir Abdelkader, Assia Zhor Boutaleb, secrétaire générale de la fondation qui porte son nom, a rendu visite, hier, à El Moudjahid, où ce fut l’occasion de revisiter, à travers le portrait de l’émir, un pan de l’histoire algérienne.

Très émue Mme Boutaleb se dit déçue «qu’il n’y ait pas eu assez de couvertures médiatiques pour commémorer une date aussi importante dans l’histoire de l’Algérie, celle de la disparition de l’Emir Abdelkader le 26 mai 1883 à Damas où il était exilé».
Elle explique que quand bien même les conditions sanitaires ne permettaient pas de commémorer cette date que les responsables de la fondation avaient l’habitude de  la célébrer au cimetière El-Alia. Elle ajoute qu’en reconnaissant l’histoire «c’est avant tout faire devoir de mémoire, c’est redonner voix aux oubliés honnis, leur redonner leur place et les revaloriser. Il est important de réhabiliter l’histoire».
L’Emir Abdelkader répétait à l’envie : «Ne demandez jamais quelle est l'origine d'un homme, interrogez plutôt sa vie, ses actes, son courage, ses qualités et vous saurez qui il est». Difficile de faire le portrait d’une personnalité aux facettes multiples. Les peuples les plus diverses et les nations les plus lointaines ont fait de lui le héros des combats pour la justice et les libertés où il se révèle tour à tour poète, stratège, guerrier, pacifiste soufi, philosophe, ascète, un homme correct, amoureux de sa femme, modèle de foi, homme d’Etat, un soldat et un apôtre de la paix. Il incarne le prototype de l’homme universel ; unissant en soi les contrastes, l’Emir se présente comme un logogriphe indéchiffrable à la foi doux et farouche dont la vie résume toute l’expérience humaine.
La SG de la fondation explique que l’émir n’est pas seulement le précurseur du droit humanitaire, mais aussi le fondateur de l’Etat moderne qui a unifié les tribus et l’Algérie. Une dimension qu’on ne peut pas occulter à une époque où tout était à refaire.
Mme Boutaleb met en garde contre certains travaux historiques «entamés dans l’objectif de se le réapproprier en le qualifiant de franc-maçon et diminuer l’œuvre de ce grand homme qu’on doit reconnaitre en lui le caractère universel, l’humanisme et la foi «il était l’homme du XIXe siècle sans conteste ; parler de l’Emir, c’est parler de l’Algérie, de l’islam, de l’histoire, de l’africain de l’amazigh, de l’arabe» dit-elle.
La petite-fille de l’Emir se souvient de la conférence à Béjaia suite à la publication du livre l’Emir chevalier de la foi par Mohamed Chérif Sahli où le défunt Rédha Malek avait interpellé Charles-André Julien sur la déformation des faits historiques à propos des désaccords de l’Emir avec ses enfants quand il était allé prêter main-forte à Cheikh Mokrani.
En effet, explique-t-elle, les enfants de l’Emir ont continué la lutte pour le grand Maghreb uni. A l’image de l’émir Abdelmalek El Djazairi au Maroc qui s’était battu contre le colonialisme, d’Abdelkrim son adjoint, l’émir Ali Bacha, l’émir Mehieddine en Libye et plus tard Khaled El-Hassani Ben El-Hachemi, dit l'émir Khaled que l’histoire a occulté alors qu’il était «l’un des premiers nationalistes algériens» et fut un illustre chérif (descendant du Prophète) et un chef politique.
Evoquant l’impératif de la réappropriation de l’histoire, Mme Boutaleb, trouve inadmissible que des nations créent des symboles et les fassent jaillir de néant, «alors que les symboles de la nation restent occultés, les lieux sont chargés d’histoire, il faut se les réapproprier et en faire des repères pour les générations futures».
L’Emir était animé par une foi enthousiaste dans l'avenir et le progrès, témoignant en permanence d'un intérêt tout particulier pour les innovations techniques, il adhère au projet de construction du Canal de Suez. «Ce qui veut dire que là où l’Emir était passé c’est l’Algérie qui était présente» témoigne avec émotion Mme Boutaleb.
Elle insiste sur un autre fait notable : «C’est grâce à l’Emir Abdelkader qu’aujourd’hui les Massa’hif du Coran sont partout dans le monde car il avait encouragé la publication des exemplaires du livre sacré dans des imprimeries modernes et non suivant les méthodes d’écriture et de calligraphie classique, un autre indice de son esprit d’ouverture au progrès scientifique».
L’Emir disait que «l’écriture est supérieure aux signes et à la parole et est plus utile car la plume, quoi qu’elle ne parle pas, se fait entendre des habitants de l’Orient et de l’Occident, sans elle il ne s’établirait entre les hommes ni religion ni société». Elle ajoute qu’il «faut relever les défis pour travailler notre culture et réécrire notre histoire en impliquant tout le monde» pour rendre hommage à l'homme qui le premier avait posé les premières pierres d'un Etat moderne algérien.
«Si les musulmans et chrétiens avaient voulu me prêter leur attention j’aurais fait cesser leurs querelles et ils seraient devenus extérieurement et intérieurement des frères», avait dit l’Emir Abdelkader
    Tahar Kaidi


 

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