lundi 06 juillet 2020 19:25:15

Bordj Bou-Arréridj : Un Aïd particulier

La sensibilisation encore et toujours

PUBLIE LE : 28-05-2020 | 0:00
D.R

Le Ramadhan de cette année n’a pas été comme les précédents, l’Aïd non plus. À cause de la pandémie  de coronavirus, les Algériens comme beaucoup d’autres musulmans n’ont pas vécu  ces deux rites comme ils avaient l’habitude de le faire. Même les scènes de joie habituelles ont disparu.

Pour donner une idée de ce changement, nous avons choisi de faire le tour de la ville de Bordj Bou Arreridj, traditionnellement si bruyante durant ces deux évènements. Auparavant, il suffisait que la prière de l’Aïd soit terminée pour que les rues de cette ville de l’Est du pays soient remplies de passants et de voitures, créant un brouhaha indescriptible.
Mais, cette fois, le brouhaha a disparu comme par enchantement. C’est comme si la ville a été désertée par ses habitants qui étaient obligés au demeurant d’effectuer la prière chez eux.
Au rond-point Mounia, au carrefour de Souk El Fellaf ou au feu rouge des 217-Logements, pour ne citer que les endroits les plus animés de la ville, il n’y avait pas beaucoup de monde.
Même l’arrêt de bus de Lagraphe, habituellement si dense, était désespérément vide. Cet arrêt, situé entre les sièges de l’APC et l’ex-wilaya et à côté de la radio et surtout du marché quotidien, était désert.
Les bus qui créaient un vacarme assourdissant ont disparu des lieux. Les autres véhicules qui se joignaient à ce point noir de la circulation de la ville étaient rares. Excepté ceux autorisés par les autorités, les véhicules en circulation étaient arrêtés puisque la circulation était interdite et leurs propriétaires sanctionnés.
C’est dans ces lieux que les policiers ont choisi d’installer des barrages fixes. Il est encore tôt pour évoquer un quelconque bilan pour cette opération qui a nécessité une importante mobilisation de la police.
La sûreté de wilaya a élaboré un plan spécial pour sécuriser la wilaya durant cette période avec des barrages fixes et mobiles, en plus des rondes motorisées ou pédestres visant à assurer la protection des personnes et des biens. Il s'agit aussi de lutter contre la criminalité.
Les policiers veillent aussi au respect des consignes de prévention pour limiter la propagation de la pandémie.
Depuis l’adoption des mesures de confinement, les policiers ont déjà engagé des poursuites judiciaires contre 3.198 personnes et placé en fourrière 563 voitures et 178 motos. 114 locaux commerciaux ont été fermés pour non-respect des mesures de limitation des activités professionnelles, phénomène qui a pris de l’ampleur. En outre, 8 transporteurs ont été suspendus pour les mêmes raisons.
Ces derniers jours, il y a eu également une campagne de sensibilisation des citoyens sur l’obligation du port du masque de protection pour aboutir à la réduction des cas infectés par le coronavirus.
L’interdiction de la circulation a poussé beaucoup d’habitants de la wilaya à rester chez eux. Seuls les déplacements à pied étaient autorisés et les citoyens étaient dans l'obligation de porter un masque.

La sensibilisation encore et toujours

Rappelons que la limitation des déplacements durant l’Aïd visait justement à éviter le contact entre les personnes.
Mais d’autres passants cherchaient tout simplement des commerces pour s’approvisionner, d’autant qu’ils ne pouvaient pas le faire après 13h.
La direction du Commerce a mis au point dans ce cadre un programme de permanence et beaucoup de professionnels du secteur se sont conformés à la règle en ouvrant leurs locaux.
 Ils étaient 883 locaux dans ce cas et ils activaient dans des secteurs comme l’alimentation générale, la distribution des fruits et des légumes ainsi que la vente de lait pasteurisé. Selon les chiffres de la direction régionale du Commerce de Sétif, cette permanence a été respectée à hauteur de 99,98%.
Les autres magasins étaient fermés et l’Aïd n’est pas la seule raison de cette situation. La pandémie de coronavirus y est pour beaucoup.
Ce qui a donné l'apparence d'une ville fantôme. Les artères principales étaient exceptionnellement vides.
C’était le cas du boulevard Houari-Boumediene, véritable poumon de Bordj Bou Arreridj où sont situées les administrations principales comme les sièges de la wilaya, de l’APC et du CNRC, ou encore la station de transport urbain et plusieurs banques publiques et privées et des structures comme la maison de la culture. Il faut aller dans les quartiers et cités populaires pour retrouver une ambiance normale… ou presque.
Les manifestations de joie habituelles ont disparu, emportant avec elles, il faut le souligner, un phénomène des plus négatifs, à savoir les pétards qui ont été comme chassés par la pandémie. En fait, la limitation des mouvements des personnes et des marchandises y est pour beaucoup dans cette situation.
Dans ces quartiers, beaucoup de commerces ont ouvert leurs portes, grâce, il faut le rappeler, au programme de permanence de la direction du Commerce. Mais cela était accompagné malheureusement de comportements peu recommandables, comme le regroupement de jeunes sans aucune distanciation et surtout sans le port du masque.
Ils prennent la fuite dès qu'ils voient les membres des forces de l'ordre qui effectuent des rondes de jour comme de nuit dans tous les endroits de leur compétence territoriale.
Certains commerçants accueillent leurs clients sans observer les règles de protection nécessaires, ce qui signifie que le travail de sensibilisation doit se poursuivre. Les services de sécurité, le mouvement associatif et même l’administration ont engagé plusieurs actions dans ce sens, mais peu de résultats ont été obtenus.
Notons que le wali, Mohamed Benmalek, qui a adressé ses vœux aux citoyens à travers les médias, a lancé un appel au respect des mesures de confinement et des gestes barrières qui visent, comme il l’a souligné, à les protéger contre la pandémie.
Le wali a annoncé le lancement d’une action pour mettre à leur disposition le matériel de protection nécessaire sous le slogan "une bavette pour chaque habitant".
Il a indiqué que 200.000 bavettes seront distribuées gratuitement aux habitants avec le concours des différentes structures de l’Etat.
C’est avec la conjugaison des efforts de toutes les parties, citoyens en premier, qu’on peut vaincre ce virus qui a fait plusieurs morts dans la wilaya.
Fouad D.
 

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