mardi 02 juin 2020 10:37:12

Trump annonce le retrait américain du traité «Ciel ouvert» : Feu vert au surarmement

Donald Trump a annoncé jeudi le retrait américain du traité «Open Sky» qui permet de vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des pays signataires, tout en laissant la porte ouverte à une renégociation de l'accord. Selon Donald Trump, «la Russie n'a pas respecté le traité, donc tant qu'ils ne le respecteront pas, nous nous retirerons», confirmant ainsi des informations du New York Times.

PUBLIE LE : 23-05-2020 | 0:00
D.R

Donald Trump a annoncé jeudi le retrait américain du traité «Open Sky» qui permet de vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des pays signataires, tout en laissant la porte ouverte à une renégociation de l'accord. Selon Donald Trump, «la Russie n'a pas respecté le traité, donc tant qu'ils ne le respecteront pas, nous nous retirerons», confirmant ainsi des informations du New York Times.

L’annonce du 45e président des Etats-Unis n’est pas définitive. La porte reste ouverte à d’éventuelles négociations de ce traité signé par 35 pays. «Je pense que ce qui va se passer, c'est que nous allons nous retirer et ils vont revenir et demander à négocier un accord», a-t-il dit. «Nous avons eu de très bonnes relations récemment avec la Russie». Selon un porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman, la Russie «viole continuellement et de façon flagrante ses obligations selon le traité Open Skies et l'applique d'une façon qui menace les Etats-Unis, ainsi que nos alliés et partenaires». Dans un communiqué, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Robert O'Brien, a souligné que les Etats-Unis «ne resteraient pas signataires de traités internationaux qui sont violés par les autres parties et qui ne sont plus dans l'intérêt de l'Amérique».
Il a cité les deux traités dont les Etats-Unis se sont retirés récemment : le traité sur le programme nucléaire iranien et le traité INF sur les missiles terrestres de moyenne portée. «Nous sommes prêts à négocier avec la Russie et la Chine sur un nouveau cadre de contrôle des armements qui aille au delà des structures du passé datant de la Guerre Froide et qui permette de garantir la sûreté du monde», a conclu M. O'Brien. Les Etats-Unis ont accusé à plusieurs reprises la Russie de violer ce traité. «Cela fait des années qu'ils trichent», avait ainsi noté le ministre américain de la Défense, Mark Esper, début mars lors d'une audition au Congrès. Né de la volonté du président américain George H. W. Bush qui en avait posé les principes en 1989 dans les dernières années de l’Union soviétique, le traité remis en cause jeudi n’est entré en application qu’en 2002. L’ouverture de l’espace aérien à des vols de reconnaissance mutuels qu’il permet concerne aujourd’hui les 34 pays signataires des accords de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe. Les entorses reprochées à la Russie sont nombreuses, à commencer par son opposition aux survols de républiques sécessionnistes de Géorgie soutenues par Moscou.
Les détracteurs du traité font valoir par ailleurs qu’il a perdu de son importance avec les moyens de surveillance par satellite qui ne sont pas concernés par le texte. Selon le New York Times, qui a dévoilé la décision américaine quelques heures avant Donald Trump, ce dernier se serait montré irrité par un vol russe au-dessus de son golf de Bedminster, dans le New Jersey, en 2017. Le Pentagone et les agences de renseignements américaines ont affirmé dans des rapports classifiés que les Russes utilisent aussi leurs vols au-dessus des Etats-Unis pour cartographier les infrastructures américaines essentielles. Les défenseurs du traité aux Etats-Unis, notamment au Congrès américain, ont tenté de subordonner toute décision de retrait à un long processus. Ce dernier pourrait retarder son application au-delà de l’élection présidentielle de novembre. Sitôt l’annonce faite, les ambassadeurs des pays membres de l'Otan ont été convoqués hier pour une réunion d'urgence, selon une source de l’organisation nord atlantique pour analyser les conséquences de la décision de Washington. Le retrait des Etats-Unis du traité devrait être «effectif dans six mois», selon une source de l’Otan. Du côté de Moscou, l’on affirme que la décision américaine affectera les intérêts de tous les signataires, qui sont également membres de l'OTAN. Selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexander Grushko, cité par l'agence de presse officielle RIA «la Russie n'a pas violé le traité et rien n'empêche la poursuite des pourparlers sur des questions techniques qui, selon les États-Unis, sont des violations par la partie russe»
M. T.

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