mardi 02 juin 2020 09:58:01

Agriculture : Un secteur à déconfiner

La période post-covid devra accélérer le processus de diversification économique pour l’Algérie, notamment compte tenu des difficultés et incertitudes qui frappent de plein fouet le marché pétrolier.

PUBLIE LE : 21-05-2020 | 0:00

La période post-covid devra accélérer le processus de diversification économique pour l’Algérie, notamment compte tenu des difficultés et incertitudes qui frappent de plein fouet le marché pétrolier. Pour cette diversification, les experts ne cessent de relever le rôle que pour a jouer l’agriculture, jusque-là souffrant de nombre d’anomalies et d’insuffisances. Pour le professeur Ali Daoudi, enseignant à l'École nationale supérieure d'agriculture (ENSA), la crise sanitaire à laquelle est confronté l’ensemble de la planète, a mis en évidence la faiblesse des marchés des productions stratégiques, celles notamment alimentaires. «Cela devrait nous inciter, souligne-t-il, à consacrer un maximum d’efforts pour nous libérer progressivement de la dépendance de ces derniers». Cette réhabilitation de l’agriculture est tributaire du règlement d’une série de conditions, celle du foncier en particulier. Sur ce sujet, le Pr Daoudi relève la nécessité d’une «amélioration régulière de la productivité de la terre». Pour de meilleurs résultats, commente-t-il, «l’Etat devrait tant accompagner les exploitants agricoles pour améliorer la productivité que faciliter la réallocation de la terre aux producteurs qui sont en mesure de la valoriser au mieux». Un fonctionnement «transparent et fluide» de ces marchés des droits sur la terre est, enchaîne l’universitaire, «susceptible de jouer un rôle central dans le développement agricole, en permettant une réallocation, qu’elle soit définitive ou temporaire, des terres à des producteurs plus efficaces». Quant à Akli Moussouni, expert agronome, le gouvernement, s’il veut réellement lancer ce secteur au grand potentiel, doit inscrire sa dynamique à des objectifs économiques.  «On n’a jamais mis en place des filières dans le vrai sens du terme. C’est une activité de subsistance ou chaque opérateur se débrouille pour se créer un plan de charge et écouler ses produits là où il est possible. Il n’est sûr de rien jusqu’au moment où il a perçu son argent. Donc aucune visibilité commerciale», note-t-il. Notons que le gouvernement compte mieux développer ce secteur et les résultats et prouesses l’agriculture saharienne sont la meilleure démonstration. Ce n’est pas tout. Le ministre de l’Agriculture a récemment annoncé que «nous souhaitons élargir l’exploitation des terres agricoles dans les zones urbaines tout en augmentant le nombre de marchés de proximité au niveau des fermes pour satisfaire les besoins du citoyen en matière de fruits et légumes frais à même de mettre un terme à la flambée des prix induite par la spéculation. L’Algérie recèle des quantités abondantes et variées de produits outre un stock important des produits de base.» Mais d’autres défis solliciteront la pertinence des politiques agricoles post-Covid 19. Le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes, dans un rapport publié en 2019, souligne que l’Algérie connaîtra un accroissement sévère de l’aridité qui la rendra davantage vulnérable au stress hydrique et à la désertification». Et d’ajouter : «Les modèles agro-climatiques prévoient que le changement climatique en Algérie aura pour effet de modifier le cycle de l’eau contribuant à une dégradation des terres agricoles, à la baisse des productions et des rendements agricoles, et à une perte de la biodiversité.  Les systèmes pastoraux, qui accueillent une part importante de la population, sont des espaces particulièrement exposés au risque de désertification».  
 Fouad Irnatene

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