D.R
Nos collaborateurs Sihem Oubraham et Billel, qui sont allés ; pour une première à la découverte de Annaba et ses alentours, en sont revenus la tête fourmillant de souvenirs et de péripéties. Ils racontent ici l’essentiel de ce qu’ils ont vécu tout au long de ces cinq jours de reportage. Mais lisez plutôt...
L’Edough : un majestueux massif
Pour ceux que la mer n’attire pas, les hauteurs de l’Edough, à savoir Aïn Barbar, Chetaïbi leur offre un tourisme d’acclimatation où peuvent être pratiquées différentes activités en plus des loisirs et la détente. L'Edough est un massif forestier culminant à plus de 1.000 m d'altitude. La chaîne montagneuse s'étend de la presqu'île du cap de Garde jusqu'au massif du cap de Fer. Des dolmens et des éclats d'outils lithiques trouvés çà et là rappellent que dans ces montagnes évoluait, il y a des millénaires, l'homme du néolithique, celui qui taillait les pierres. D'autres vestiges plus récents rencontrés aux abords des routes et des sentiers témoignent de la présence numide et romaine. L'itinéraire, abrupt et hélicoïdal, traverse une forêt de chênes-lièges avec un frais sous-bois de fougères aux côtés desquelles poussent des fruits et légumes dont la renommé est proverbiale. Mais, le plus souvent, domine un maquis de genêts associés par endroit à d'autres essences tels que des chênes vert, chênes zen, châtaigniers, noyers, oliviers, figuiers de barbarie, eucalyptus ou encore pins, sapins, etc. Le charme de l'Edough est forestier et maritime. La montagne nous invite aux randonnées sylvestres au printemps, aux plaisirs des baignades en été et aux joies de la neige en hiver. L'Edough recèle de magnifiques clairières au cœur d'une forêt parfois impénétrable. Dans les bois clairs-obscurs, il y règne un calme absolu interrompue parfois par des chants saccadés d'oiseaux invisibles ou par le ruissellement lointain d'une cascade qui s'en va se perdre dans les entrailles mystérieuse de la forêt vierge. Sur le versant maritime de l'Edough, se trouve l'une des plus belles plages d'Annaba : la « Grande Plage » (ou Jnane El Bey). C'est, en effet, une plage de sable fin immense traversée par une rivière où viennent s'abreuver des vaches en semi-liberté, d'où son nom « Oued El Bagrate ». Après quelques virages virulents à travers une route aux cols d'accès difficiles se trouvent le hameau d'El Romanat, suivi à quelques encablures plus loin, du petit débarcadère de Aïn Barbar. La végétation y est abondante et le brouillard quasi-permanent. On découvrit les fameux gisements de plomb, de zinc et de cuivre. Il paraît que la flore et la faune de l'Edough y étaient beaucoup plus riches qu'elles ne le sont de nos jours. La faune y était composée d'une riche réserve de bêtes féroces.
Seraïdi : un coin paradisiaque
Perché sur les monts de l'Edough qui culminent à 1.000 mètres d'altitude à l'ouest d'Annaba se trouve un majestueux village, Seraïdi. Un village forestier situé sur les hauteurs du massif de l'Edough à 850 m d'altitude et à peine 12 km d'Annaba. Plus bas, nichée au cœur de la montagne, se trouve son annexe, la petite localité de Fedj El Maâden, ex-Sainte-Croix de l'Edough, qui abrite la « Fontaine du Prince ». Le point le plus haut du massif de l'Edough, culminant à 1.008 m d'altitude, est le mont Bou Zizi appelé par les anciens le Kef Sbaâ (rocher du Lion). C'est sur une vue féerique que se réveillent tous les matins les habitants de ce village, cela compense un peu la dureté de la vie dans cette région forestière. Une vue panoramique exceptionnelle s'offre aux yeux du visiteur. D'un côté, le massif de l'Edough qui se jette dans la Méditerranée, et de l'autre, la magnifique plaine d'Annaba. C'est sur cette vue magnifique qu'est implanté l'hôtel El Moutazah, un très bel hôtel au style mauresque très bien entretenu. A moins de 3 kilomètres à vol d'oiseau en contrebas du village, se trouve une très belle plage à l'eau claire et limpide, la plage de Seraïdi, avec encore et toujours, une vue imprenable. Le lieu incontournable du village de Seraïdi est sans conteste l'hôtel El Mountazah. Surnommé « hôtel du Rocher » durant l'époque coloniale. Avec son air andalou on y construisit une piscine pour attirer les touristes. L'hôtel est bâti en nid d'aigle et offre une vue spectaculaire sur la côte nord-ouest depuis la pointe du cap de Garde jusqu'aux côtes brumeuses d'Aïn Barbar. Le téléphérique faisant la navette Sidi Harb-Seraïdi, donne la chance à ceux qui ne sont pas véhiculer de profiter de la fraîcheur qu’offre station climatique par excellence à ses visiteurs. Cette dernière attire des patients de tout l'Est algérien pour y passer des séjours de cure et de repos. Elle est aujourd'hui reconvertie en un centre régional de médecine physique et de rééducation fonctionnelle.
Un si joli village
Dans ce village, traditionnellement agricole, les pénuries de tout genre sont légions. Conduites d'eau potable et de gaz naturel défaillantes, coupures électrique fréquentes, réseau d'évacuation des eaux usées non entretenu, moyens de communication catastrophiques, absence d'établissement scolaire du secondaire, chômage en constante hausse, toute une situation à l'origine du mécontentement de la population. Les sorties macabres des groupes armés, réfugiés dans les reliefs accidentés de l'Edough, ont contraint les montagnards à déserter leurs chaumières abandonnant derrière eux une terre nourricière. Fuyant une mort certaine, les villageois d'Aïn Barbar et d'El Romanat se sont réfugiés en masse à Seraïdi. Aujourd'hui, le rétablissement progressif de la sécurité a permis le retour des familles habitants ces zones éloignées.
Basilique Saint-Augustin : pérenniser le souvenir
La ville de Bône est et sera à jamais marquée du sceau humaniste du plus grand docteur de l'église africaine « Saint Augustin ». Afin de pérenniser son souvenir et lui témoigner sa reconnaissance, la communauté chrétienne d'Afrique a édifié, à Hippone, une basilique qui, du haut de son promontoire, surplombe de son port majestueux la vaste plaine étendue à ses pieds et l'admirable baie de Bône limitée par la ligne des deux caps qui l'encadrent. Le choix de son emplacement, une colline de l'ancienne cité d'Hippone, est hautement symbolique. Ce « Mamelon vert » comme l'appelait Gustave Flaubert fut, pendant longtemps, un lieu de pieux pèlerinages tant il paraissait établi que Saint Augustin y avait vécu et officié. Monseigneur Dupuch, premier évêque d'Alger, fit ériger, à mi-coteau, un petit autel de marbre blanc surmonté d'une statue de Saint Augustin coulée dans le bronze des canons turcs. Ce mausolée fut faussement considéré pendant longtemps, comme le tombeau de Saint Augustin. Or, la dépouille de l'illustre évêque qui est mort en 430, dans l'Hippone assiégée par les hordes vandales, fut transportée en Sardaigne puis à Pavie au VIIIe siècle. Par l'inspiration, la matière et l'exécution, cette Basilique est un pur produit africain. Avec son style arabo-byzantin, elle s'apparente à celle de Carthage qui en fut l'inspiratrice. Tous les matériaux qui ont servi à la construction ont été tirés du sol algérien. Les marbres, et tout particulièrement ceux du maître-autel et de la chaire ont été extraits de carrières de l'Est constantinois : marbre de Guelma, marbre blanc du Filfila, onyx translucide d'Aïn-Smara. Tous sont d'une rare finesse de grain et d'une étonnante richesse de tons et de nuances. Du haut de la terrasse qui précède le porche de la basilique Saint Augustin, le visiteur est payé de sa courte ascension par le panorama qui s'offre à lui. On aperçoit la large baie en courbes molles et suaves comme celle de Naples et l'on ne peut s'empêcher d'évoquer le grand évêque berbère, venant là sur cette colline inspirée, contempler ce paysage agreste enveloppé d'une profonde quiétude et demandant à Dieu « la grâce de demeurer sous ces ombrages de paix, en attendant ceux de son vaste Paradis ». La basilique saint Augustin d’Annaba, un édifice de grande qualité architecturale, construite en 1900, se dégrade irrémédiablement, d’où l’urgence d’une opération pour sa restauration, ont affirmé les acteurs concernés par ce projet. Erigé sur une colline dominant les ruines de l’antique cité d’Hippone et la rive méditerranéenne, cet édifice, mémoire de la ville d’Augustin l’Algérien, le penseur universel, est aujourd’hui dans un état déplorable. Les travaux de restauration, d’une durée de 30 mois, devront s’achever vers le début de 2013. Cette opération est rendue possible grâce à la contribution de plusieurs partenaires, à savoir la wilaya et l’APC d’Annaba (90 millions de dinars), la région Rhône-Alpes (450.000 euros) et la ville de Saint Etienne (45.000 euros).
Cela sans oublier l’aide de l’Etat français qui s’ajoute à ces concours publics, ainsi que les donateurs privés ou institutionnels sans lesquels le projet ne pourrait aboutir. D’un coût de près de 420 millions de dinars, ce projet, mené en trois phases, vise à garantir tout d’abord la sécurité aux visiteurs du lieu, dont les structures n’ont fort heureusement pas été atteintes. Ainsi, la restauration de la basilique s’avère nécessaire et urgente pour également préserver le côté esthétique de l’édifice. Les travaux ont été confiés à l’architecte Xavier David qui a été déjà maître d’œuvre de la restauration de la basilique Notre-Dame d’Afrique à Alger. Malgré les quelques travaux effectués, ce cœur d’un patrimoine méditerranéen commun se trouve dans un état de dégradation inquiétante et appelle d’importants travaux de restauration. Des photos mettant en relief l’importance des points cruciaux de l’état du bâtiment. Les images révélaient l’ampleur de cette dégradation : vitraux cassés, état des plafonds et voûtes en bois de la basilique qui font craindre le pire pour la sécurité du public, protections des baies du tambour du grand dôme cassées et l’eau entre largement à chaque pluie, rouille par endroits, étanchéité à l’air et à l’eau du vaisseau basilical… Ce sont-là quelques aspects négatifs qui usent jour après jour ce joyau architectural. La basilique d’Hippone est l’un de ces hauts lieux où l’appartenance de chacun à son propre univers culturel ne fait pas obstacle à la rencontre avec la culture d’autrui, l’une et l’autre s’enracinant dans un universalisme manifesté et célébré à travers des valeurs partagées. Ce lieu de culte et de rencontres a accueilli en 2009 plus de 20.000 visiteurs composés dans leur majorité d’écoliers, d’étudiants et de participants à des colloques. A proximité de ce grand monument ; vous trouverez la maison des pauvres gérée par les sœurs. Cette maison est équipée d’un minimum de confort pour le bien-être des pauvres qui sont hébergés et pris en charge par les sœurs, ces dernières, sollicitent une aide financière pour améliorer la vie quotidienne des pensionnaires.
S. O.
Port d’Annaba : le poumon de la cité
Le Port de Annaba, fait partie des dix principaux ports de commerce d’Algérie. Son champ d’influence s’étend sur douze wilayas du pays où sont situées des zones industrielles à fort potentiel de développement et des ressources naturelles tels que les mines de fer, de phosphates et les champs pétroliers. La gestion du domaine public portuaire est assurée par les directions de l’exploitation du domaine et de la capitainerie. La direction de la capitainerie assure une mission de « police et de sécurité » dans les limites de l’enceinte portuaire à l’effet de veiller à la protection et préservation du domaine public portuaire. Elle assure la régulation des mouvements des navires dans les limites maritimes du port par la mise en œuvre et l’exécution de programmes quotidiens arrêtés par la conférence de placement des navires. Le pilotage est obligatoire pour l'ensemble des navires à propulsion mécanique d'une jauge brute supérieure ou égale à 150 tonneaux. Quant au rôle de la douane, il consiste à contrôler les opérations commerciales à l’importation ou à l’exportation , selon M. Chenni Mourad inspecteur divisionnaire, l’inspecteur principal des opérations commerciales.
Potentiel et atouts touristiques
Cap de Garde attire beaucoup de touristes, il offre une belle excursion et donne vue sur les belles criques de Annaba, une vue dont on ne se lasse pas. Avec ces tours carrées en pierres grises apparentes, il est situé sur le haut d’une immense colline offrant une vue imprenable sur la mer et le golfe de Annaba jusqu'à la baie de Chetaïbi. Ce phare comme les 24 autres qui jalonnent les côtes algériennes d’Est en l’Ouest, sont de véritables monuments historiques datant pour la plupart de plus d’un siècle et demi. Les capacités hôtelières restent cependant minimes pour une wilaya comme Annaba, incontestablement à fort potentiel touristique. Annaba, ou anciennement « Bône », est une ville située à l’extrême Nord-Est de l’Algérie très accueillante par la douceur de son littoral étalé au soleil. La ville côtière d’Annaba est la quatrième ville principale du pays après Alger, Oran et Constantine. Fondée en 1295 avant J-C. Annaba est considérée comme la plus belle et la plus ancienne cité d’Algérie. Elle est à la mesure de sa position géographique sur le littoral et son relief montagneux. Sa corniche et sa côte offrent les meilleures opportunités au tourisme balnéaire. Quant à la commune de Seraïdi, qui culmine à 1008 mètres, elle reste une potentialité majeure pour le tourisme de montagne et climatique. Annaba dispose d'infrastructures touristiques importantes dont 13 hôtels classés, 30 autres non classés, 60 en voie d'achèvement, 20 restaurants classés, 14 agences de voyage dont la plus renommée est l'agence Algerian Travel Services (ATS).
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