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Stars des Ramadhan d’antan, El Hadj M’rizek : Un pilier de la chanson populaire

Né en 1912 à la Casbah, El Hadj M’rizek est un chanteur du style hawzi et chaâbi.

PUBLIE LE : 02-05-2020 | 23:00
D.R

Né en 1912 à la Casbah, El Hadj M’rizek est un chanteur du style hawzi et chaâbi. Originaire du village Kanis, à Azzefoun, à environ 65 km au nord-est de la ville de Tizi Ouzou, El Hadj Mrizek est le demi-frère du regretté grand acteur Rouiched. De son vrai nom Arezki Chaïeb, El Hadj M’Rizek fréquente l’école Sarrouy où il obtient, en 1927, le Certificat d’études primaires. Dès son jeune âge, El Hadj M’rizek s’intéresse à la musique grâce à son demi-frère Mohamed Qhioudji, organisateur de spectacles, qui lui apprend quelques airs de chansons qu'il interprète avec des amis. M’rizek fait un apprentissage musical classique (tar et darbouka) puis son instrument de prédilection est devenu la mandoline alto, appelée demi-mandole par les musiciens. Dans cet orchestre familial, il tenait le tar. Il suit les représentations des vedettes de l’époque comme Mustapha Nador. En 1928, au cercle du Mouloudia, face à Djamaâ Djedid, existait une association de musique andalouse au sein de laquelle il évolue aux côtés de Cheikh Ahmed Chitane, faisant d’énormes progrès dans le genre hawzi tout en suivant parallèlement des cours d’arabe. C’est là qu’il rencontre Mustapha Kechkoul, Omar Hibi et Bencharif. Il apprend les grands textes de la poésie populaire et travaille différents types de chants en commençant par d’abord le hawzi avant de se mettre au chaâbi. M’rizek avait des qualités artistiques que sont la clarté de l’expression verbale et son sens inné du rythme. C’est le premier artiste qui a réussi à faire sortir le chaâbi hors de la Casbah d’Alger. Il devient la star de la Casbah en 1929 et anime la plupart des fêtes familiales de la Casbah, à Dellys, Blida et Cherchell ainsi que dans le M’zab. Sa renommée arrive en métropole où il enregistre plusieurs 78 tours. Il trouve assez de temps pour aider le Mouloudia, dont il fut le vice-président en 1937 et diriger par la suite la section natation. Il enregistre ses premiers disques à Paris chez Gramophone (78 T) en 1938, entre autres, «Yal qadi», «Ya taha el amine», «EI bla fi el-kholta». Il effectue son pèlerinage en 1937, une année après El-Hadj El-Anka et Hadj Menouar. En 1951, il se produit à la salle lbn Khaldoun avec Lili Boniche. Il a interprété «El-Faradjiya» de Sidi Kaddour El-Alami et «Rohi Thasbek ya afdra» de Bendebbeh. Le 20 mai 1952, il participe à un grand gala organisé au profit de la famille du Cheikh Khelifa Belkacem, décédé le 4 novembre 1951. Au cours de la même année, il enregistre chez Pacifique son grand succès «El Mouloudia», dont les paroles sont de cheikh Noureddine, ainsi que «Arassi noussik» du poète Dris El-Alami et «Qahoua ou lateye» du poète Sid Thami El- Medeghri. C’était un dandy comme on disait à cette époque, gentleman et distingué. Tout comme Habib Rédha, Mustapha Skandrani, Mohamed El-Kamel, Abdelghani Belkaïd, Ali Debbah (dit Allilou) et beaucoup d’autres. Il était très estimé par son public et particulièrement dans le M’Zab où il animait beaucoup de soirées. Qhioudji, son demi-frère, dit Mohand Aromi, a joué un rôle important dans sa vie artistique du fait qu’il était organisateur de spectacles et il était en fait son imprésario. C'était lui qui réceptionnait les demandes de galas et fêtes familiales pour choisir les cheikhs disponibles et monter les cérémonies à sa manière. Hadj Mrizek avait entrepris, dans les années 1940, l’interprétation de chants religieux. Cheikh Sid Ahmed Ibnou Zekri, proviseur du lycée de Ben Aknoun, l’a orienté vers le hawzi et le aroubi, genres profanes qui lui allaient bien. Il s’initia au dur apprentissage de l’écriture poétique mais la maladie était là. Bien qu’alité, il s’enquerrait des nouvelles de la révolution du 1er novembre 1954. El Hadj M’rizek qui avait quitté, à la fin de la Seconde guerre mondiale, la vieille maison familiale de la Casbah pour le quartier chic européen du Boulevard Pitolet, à Bologhine, mourut dans la nuit du 11 au 12 février 1955 à Alger, après une longue maladie et fut inhumé au cimetière d’El-Kettar.
S. O.

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