mardi 02 juin 2020 09:30:27

Ministère des Finances - syndicats - patronat : Relancer l’outil de production

Gestion des séquelles du Covid-19, suppression de la TAP et relance des investissements.

PUBLIE LE : 30-04-2020 | 0:00
D.R

Initié sur instruction du Premier ministre, le processus de concertation entre les membres du gouvernement et les représentants des organisations patronales et des travailleurs se poursuit en vue de la prise en charge, d’une part, des séquelles provoquées par la crise sanitaire et d’établir, d’autre part, un diagnostic sur la situation des entreprises en prévision d’une relance active de l’outil de production national après la pandémie.
Après les ministres de l’Habitat, du Travail et de l’Industrie, M, Abderrahmane Raouya, ministre des Finances, a réuni, mardi, au siège de son département, les responsables de la CGEA, de la CIPA, de la CAP, de l’UNI et le SG de l’UGTA.
«Outre les répercussions du Covid-19 sur la vie économique, les sujets abordés avaient également trait aux défaillances dont souffre l’environnement entrepreneurial qui peine à se redresser en raison du poids de l’informel, des entraves à l’investissement et d’un accompagnement inadapté des banques publiques et des établissement financiers», indique Mme Saida Neghza, présidente de la CGEA.
A cette occasion, les propositions formulées à l’adresse du ministre se rapportent à la promotion du dialogue et à la mise en place de passerelles pérennes de concertation, à la suppression de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP), à la situation des micro-entreprises, au marché de l’informel et une révision à la baisse des taux d’intérêts pratiqués par les banques sur les crédits à l’investissement.
«Les entreprises ne peuvent pas investir avec des crédits où l’intérêt des banques est établi à 8%, voire à 10 où 12%, c’est exagérément élevé», indique la présidente de la CGEA mettant l’accent, par ailleurs, sur la promotion et la vulgarisation des mécanismes du dialogue en matière de lutte contre la bureaucratie dans la gestion des affaires économiques et de réduction des délais, parfois lents, dans la prise des décisions y afférentes.
Quant à la proposition liée à la suppression de la TAP, elle participe, selon elle, à la préservation de la bonne santé économique de l’entreprise et œuvre à l’émergence d’un environnement favorable de conformité au cadre réglementaire en vigueur. «Si l’on prend l’exemple des entreprises de l’agroalimentaire dont le bénéfice généré par cette activité est infime, le maintien de la taxe sur l’activité professionnelle, les incitent plutôt à se frotter aux circuits de l’informel pour augmenter leurs gains», explique notre source.
Le règlement sous le sceau de l’urgence des situations des PME ayant sous-traité dans la réalisation des projets et des diverses prestations a été également revendiqué par les organisations patronales. «A défaut, les entités concernées risquent de se retrouver dans des situations déficitaires et seront même contraintes à mettre la clé sous le paillasson», souligne notre interlocutrice.
Elle affirme avoir sollicité le ministre des Finances pour la désignation par les banques d’un administrateur dont la mission est de veiller à la bonne gestion des financements des projets accordés aux jeunes entrepreneurs et ce jusqu'à remboursement total.
Elle nous apprend, en outre, que les organisations patronales ont aussi beaucoup insisté sur l’impératif d’affiner le fonctionnement du système bancaire suivant un stratégie visant à mieux promouvoir la place de l’entreprise pour la consécration du projet du renouveau économique. Elle rapporte également que le SG de l’UGTA, Salim Labatcha, a plaidé pour lever les contraintes dont souffrent les entreprises dans l’objectif notamment d’un paiement régulier des salaires des travailleurs.
Aussi, et pour faire face aux répercussions provoquées par l’épidémie du Covid-19 sur les entreprises, les organisations patronales, la CGEA notamment, ont demandé le recours à l’octroi de crédits pour rémunérer les travailleurs des sociétés durement touchées par la crise sanitaire.
 Mme Neghza indique que «le ministre des Finances a manifesté un intérêt particulier à l’égard de l’ensemble des propositions formulées par les organisations patronales, et il s’est engagé à les transmettre au Premier ministre pour examen assorti de prise de décision.
 Elle s’attend, dans ce cadre, à ce que ce processus de concertation entre les organisations syndicales soit couronné par une rencontre avec le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, à l’occasion de laquelle les conclusions de ce processus seront connues.
Karim Aoudia
 

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