D.R
S’il y’a un mois qui serait celui de la musique chaâbi, c’est incontestablement le mois de Ramadhan parce que le chaâbi retrouve son droit de cité, s’installe dans son décor naturel et ses espaces conviviaux. On aurait dit que le chaâbi et le mois de Ramadhan s’entendent pour se côtoyer et s’accompagner, liés qu’ils sont par l’héritage ancestral. La tradition est là omniprésente. On parle de Medh, de q’cid et de musique.
Comme le Phénix, le Chaâbi revient en force et il est loin le temps où Mahboub Bati tentait de le sauver de l’oubli et de l’indifférence, à coups de chansonnettes alertes et rondement menées par les talentueux Hadj Hachemi Guerrouabi, Boudjemaa El Ankis et Amar Zahi.
Depuis, beaucoup d’eau a coulé et aujourd’hui, le Chaâbi reprend du poil de la bête, se refait une santé et conserve sa part d’estime et d’audience auprès du public. Et ce n’est pas sous l’effet de la nostalgie.
Art des rues, des faubourgs et du quotidien, ce versant « rugueux» de la musique savante arabo-andalouse dans lequel excellèrent tant d’étoiles brillantes et de talents, retrouve ses lettres de noblesse.
Ramadhan, mois de ferveur et de prière, de dévotion, du moins pour ceux qui persistent à en respecter l’esprit et la lettre, est aussi une occasion propice pour les mélomanes férus de poésie populaire, de chants religieux, de «Madih» de renouer avec les soirées d’antan, de reprendre langue avec les incontournables «qaadate». Les artistes rivalisent alors de métier et de « çannaa» dévoilant leur voix mélodieuse devant un auditoire attentif. Des rencontres et des veillées conviviales et chaleureuses dans la plus pure tradition des adeptes du genre sont organisées en différentes enceintes culturelles et de spectacles. Alger, pour ne parler que de cette ville, vivra au rythme des chansons populaires. Les «qacidate» qui s’égrènent en long chapelet poétique puisé au traditionnel «Melhoun», l’envol des «khanat», le carrousel des poèmes sont de la partie au répertoire des messagers du Chaabi. Les soirées de Ramadhan seront donc agrémentées par des concerts de chant et de musique «Chaâbi» animées par une pléiade de chanteurs reconnus, tels le talentueux Abderrahmane Kobbi, l’imperturbable disciple du «Cardinal» en l’occurrence Abdelkader Chercham, l’inusable Abdelkader Chaou, Aziouez Raïs, Sid Ali Lekkam et Mohamed Sergoua, Karim Aouidet. Tous ces artistes vont se produire au théâtre national algérien dans le cadre du festival de la musique «Chaâbi» qui sera organisé du 17 au 23 août sous l’egide du ministère de la Culture.
D’autres soirées sont au programme de ce mois sacré de Ramadhan. Ce sera l’occasion pour les amoureux du genre de renouer avec leur passion de toujours.
M.B.
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