mercredi 27 mai 2020 22:56:37

Grand angle : Pour un règlementjuste

Les derniers développements au Sahara occidental seront aujourd’hui au menu de la réunion du Conseil de sécurité.

PUBLIE LE : 09-04-2020 | 0:00
D.R

Les derniers développements au Sahara occidental seront aujourd’hui au menu de la réunion du Conseil de sécurité. Selon le représentant du Front du Polisario aux Nations-unies, les membres de l’organe onusien devraient ainsi se pencher sur le retard mis par l’ONU dans la désignation d’un nouvel émissaire pour le Sahara occidental, poste demeuré vacant depuis la démission en mai 2019 de Horst Köhler et les mécanismes de réponse à l’ouverture par certains pays africains de consulats dans les territoires occupés. Cette réunion programmée alors que le Covid-19 continue de faire des ravages dans le monde pourrait pâtir d’un certain «désintérêt» des membres du Conseil plus préoccupés par les risques que fait planer la pandémie sur la planète. Mais cela est loin de constituer un motif recevable pour la «bâcler». A plus forte raison que les Sahraouis sont très soucieux du respect de la légalité internationale. Cela fait plus de quatre décennies qu’ils se sont inscrits dans le respect du droit international alors que le Maroc ne se gène nullement pour bafouer toutes les résolutions du Conseil de sécurité. Mettre un terme à ce mépris affiché relève de la responsabilité des membres du Conseil qui pourtant feignent une certaine impartialité dans le traitement du dossier. Aussi, l’organe «a appelé les deux parties au conflit à éviter tout acte susceptible de déstabiliser la région». Mais cela ne saurait suffire, d’autant que le Conseil a les moyens d’obliger le Maroc au respect des résolutions adoptées par ses membres. Il est en effet difficile de croire que ce pays puisse agir comme il le fait depuis des décennies, si par ailleurs il ne se savait pas à l’abri de toute condamnation. Son attitude pour le moins provocante à l’égard de l’ONU n’est pas pour aider à la recherche d’un règlement juste. Du reste, Rabat vient de donner une nouvelle preuve quant à sa responsabilité dans le blocage du dossier. En effet, alors que l’accélération de la nomination d’un nouvel émissaire onusien pour le Sahara occidental est demandée par le Conseil de sécurité, qui avait au mois d’octobre dernier souligné l’urgence de nommer un successeur au médiateur allemand dans le but de préserver l’élan et l’esprit de Genève, où se sont tenues les deux tables rondes initiées par Köhler en vue de relancer le processus de paix, paralysé depuis par le retard mis dans la nomination d’un nouvel envoyé, le Maroc n’a pas trouvé mieux que de mettre des conditions préalables. Des écueils dont l’objectif est de bloquer la relance du processus de paix. Pourtant le patron de l’ONU, Antonio Guterres, demeure optimiste. «Il est toujours possible de parvenir à un règlement juste de la question sahraouie» a-t-il affirmé au mois de mars dernier. Cependant, force est de rappeler que pour se faire il faudra que le Maroc s’engage de bonne foi et sans conditions préalables dans le processus politique, et ce, dès la nomination d’un nouvel Envoyé. Ce qui est loin d’être sûr. L’engagement de la partie sahraouie est, lui, déjà acquis.
Nadia K.

 

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