mercredi 23 septembre 2020 23:08:57

25e anniversaire du génocide rwandais : Le devoir de mémoire

Pour les Rwandais, la commémoration d’une page la plus sombre de leur histoire et de celle de l’humanité a eu cette année un goût doublement amère.

PUBLIE LE : 08-04-2020 | 23:00

Pour les Rwandais, la commémoration d’une page la plus sombre de leur histoire et de celle de l’humanité a eu cette année un goût doublement amère. A la douleur de l’évènement et des souvenirs encore vivaces dans la mémoire collective, ce 25e anniversaire s’est déroulé dans un confinement total dicté par la pandémie du coronavirus qui frappe le monde entier.
Comme chaque année, en ce jour du 7 avril, les mémoires replongent dans ce passé douloureux et les plaies se réveillent. 800.000 morts dans un des génocides les plus abjectes. «C'est terrible de ne pas pouvoir honorer les morts».
Le gouvernement a interdit toutes les marches et autres veillées nocturnes, un rituel pour honorer les disparus. La commission nationale de lutte contre le génocide a déclaré que même les visites de groupe aux monuments commémoratifs du génocide avaient été suspendues.
Pour cette année, les Rwandais se sont souvenus des morts en silence. Ils ont suivi « les événements » de commémoration à la télévision ou sur les réseaux sociaux alors que le président Paul Kagamé a allumé la flamme du souvenir avant un discours à la nation.
«Ces circonstances inhabituelles ne nous empêcheront pas de remplir notre obligation de commémorer ceux que nous avons perdus et de consoler les survivants", a-t-il déclaré. «Le seul changement est la façon dont nous commémorons.» Plus de     800 000 Tutsis et Hutus ont été tués pendant 100 jours en 1994. Le massacre des Tutsi a été déclenché le 6 avril lorsqu'un avion transportant le président Juvénal Habyarimana a été abattu et s'est écrasé à Kigali, tuant le chef qui, comme la plupart des Rwandais, était une ethnie hutue.  Les Tutsi ont été accusés d'avoir abattu l'avion, ce qu'ils ont nié, et des bandes d'extrémistes hutus ont commencé à les tuer, y compris des enfants, avec le soutien de l'armée, de la police, des milices…et de quelques « sorciers blancs. ».
En ce jour du 7 avril, la mémoire des Rwandais s’en est aussi trouvée confiner, malgré elle, dans les entrailles de l’horreur.
M. T.

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