jeudi 28 mai 2020 00:05:32

Grand angle : Un scénario catastrophe

De nombreux chercheurs spécialistes de l’Afrique avaient prédit que les groupes terroristes qui sévissent notamment dans le Sahel risquaient de mettre à profit la situation exceptionnelle que traversent les pays de cette région, marquée par la pandémie du Coronavirus, pour accentuer leur présence.

PUBLIE LE : 08-04-2020 | 0:00
D.R

De nombreux chercheurs spécialistes de l’Afrique avaient prédit que les groupes terroristes qui sévissent notamment dans le Sahel risquaient de mettre à profit la situation exceptionnelle que traversent les pays de cette région, marquée par la pandémie du Coronavirus, pour accentuer leur présence. En effet, les Etats africains, affaiblis et fragilisés par le terrorisme, pourraient l’être encore plus avec le nouveau Coronavirus. Le risque est élevé que la pandémie «aggrave les crises et conflits déjà existants», avait craint Elisa Jobson, directrice Afrique de l’international Crisis Groupe. Pour elle et d’autres spécialistes, les groupes terroristes seraient susceptibles de profiter de cette faiblesse induite par la propagation de l’épidémie pour conduire de nouvelles attaques. Selon un spécialiste des questions sécuritaires au Mali, cette période est «propice pour les terroristes pour se préparer à attaquer». Une crainte et une lecture qui se sont avérées justes. Lundi, une attaque attribuée aux terroristes a fait 25 morts parmi les soldats maliens stationnés dans la région de Gao, dans le nord du pays. Le Cameroun a également enregistré une attaque du même genre. Sept civils ont été tués dimanche soir dans un double attentat-suicide perpétré par des éléments du groupe terroriste Boko Haram à Amchidé, dans l'Extrême-Nord du pays, selon un responsable local et un officier de police dans la région. Le Tchad continue, pour sa part, d’enregistrer des attaques menées par des groupes terroristes contre des bases militaires. C’est dire que la nouvelle situation induite par la pandémie du Covid-19 risque de compliquer une situation déjà très précaire tant au plan  sécuritaire que politique et social. Les pays africains, préoccupés par la crainte d’une aggravation de la situation sanitaire, quand bien même ces pays et le continent noir de manière générale sont relativement épargnés par la pandémie, ne peuvent être sur tous les fronts. D’autant que force est souligner que leurs capacités de lutte sont limitées. En effet, si selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), le bilan de la pandémie de Covid-19 sur le continent africain a atteint 360 décès alors que les cas d'infection sont au nombre de 8.536 et que les cas sont répartis dans 50 pays africains, il n’en reste pas moins vrai qu’il n’y a aucune certitude à ce que la situation ne s’aggrave pas dans les prochains jours. Dans ce cas de figure, il est certain que les pays africains se trouveront totalement débordés par la situation. Or, début mars, le directeur général adjoint de l'OMS, en charge de la réponse aux urgences, avait, rappelle-t-on, averti qu’il n'y a «aucune raison de croire que ce virus va épargner l'Afrique». Pis encore, il avait mis en garde en indiquant qu’«en cas de transmission communautaire soutenue, comme en Italie et dans d'autres pays, les systèmes de santé en Afrique n'ont pas la capacité pour tenir le coup». Un scénario catastrophe qui n’est pas pour déplaire à ceux qui utilisent le terrorisme pour faire régner l’insécurité et l’instabilité sur le continent noir.
Nadia K.
 

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