mardi 02 juin 2020 10:30:40

Ébranlé par le coronavirus : Le marché parallèle de la devise frappé de plein fouet

lors d'une virée au marché noir du Square Port-Saïd, aujourd’hui, les quelques « cambistes » présents sur les lieux, ont affirmé que les prix ont connu une légère amélioration, car l’euro dans le marché noir, se vend actuellement à 190.60 DA et l’achat est autour des 180.50 DA, par rapport à la semaine dernière, où l’euro s’échangeait au prix de 190.20 DA, et l’achat était autour des 180.40 DA.

PUBLIE LE : 29-03-2020 | 15:00
D.R

 

 

Le marché informel de la devise connaît une situation morose  ces derniers temps, suite à l'entrée en vigueur des  mesures de lutte contre la propagation du coronavirus, dont le gel des voyages vers l'étranger et le confinement de plusieurs wilayas du pays. A l'instar de l'économie qui tourne au ralenti en ces jours de crise, les  différentes monnaies fortes  ont elles aussi  été impactées par la pandémie. Autrement, le marché informel de changes bat de l'aile, depuis plusieurs jours, essentiellement avec le flou qui règne sur l’éventuel durcissement des mesures de lutte contre le Covid-19.

Ainsi, plusieurs marchés noirs ont fermé depuis le début du confinement sanitaire sur Alger notamment celui du Square Port-Saïd, à Alger, ce qui a plombé les marchés et a causé l’effondrement des cours de l’euro. Toutefois, lors d'une virée au marché noir du Square Port-Saïd, aujourd’hui,  les quelques « cambistes » présents sur les lieux, ont affirmé que les prix ont connu une légère amélioration, car l’euro dans le marché noir, se vend actuellement à 190.60 DA et l’achat est autour des 180.50 DA, par rapport à la semaine dernière, où l’euro s’échangeait au prix de 190.20 DA, et l’achat était autour des 180.40 DA.

Billel, un cambiste qu’on a rencontré nous a affirmé d’un ton amer que « l’effet du coronavirus a impacté notre activité» expliquant que « l’entrée massive d’immigrés qui ont fui la situation sanitaire désastreuse dans les pays du nord de la Méditerranée avant le confinement ont achevé le cours de l’euro en inondant le marché par les devises qu’ils ont fait entrer ». De son côté, Mustapha un autre cambiste nous a révélé que « depuis 5 jours le marché noir de la devise commence à se réanimer légèrement, où il y a quand même quelques personnes qui viennent acheter, par rapport  à la première semaine du confinement». Amine, quant à lui, nous a fait savoir que « le fait que les gens ne voyagent  plus, ils n’achètent plus, mais dès que les vols reprendront, je pense que la situation va se normaliser ».Aucun des cambistes à présent n’ignore l’ampleur de la crise.  Ce qu’ils ignorent, néanmoins, c’est la durée de cette situation délicate.

Contacté,  l’expert en économie Abdelhak Lamiri, nous a affirmé que « la situation économique actuelle est compliquée en cette période de pandémie mondiale », Par contre, « il y a une petite bonne nouvelle dans ce  marché informel  où le taux de change va évoluer favorablement, en raison de la grande offre et pas de demande, vu que les gens ne se déplacent plus à cause de ce virus, et par conséquent il n’achètent plus, ce qui causera des difficultés passagères tant que durera ce Covid-19 ». En répondant à une question sur la situation générale économique en Algérie, Mr. Lamiri a fait savoir qu’effectivement,  on a reçu plusieurs chocs à la fois, où  se classent  en tête de liste,  « les prix des produits exportés, tel que le gaz qui a baissé considérablement, ce qui a causé beaucoup de difficultés  au niveau de la  balance des paiements ».

 

En outre, l’expert a affirmé que « le deuxième choc, est le fait que beaucoup d’entreprises travaillent de « 20 à 30% de leurs capacités, et qui n’utilisent pas toutes leurs forces de travail, ce qui résulte que le produit national de brut va baisser », par conséquent, « même si on va baisser le taux d’importation, on sera dans l’obligation d’importer quand même une grande partie de nos produits et services en raison que la force de travail n’est pas utilisée ».

Mr. Lamiri, a d’autre part, félicité les mesures prises par le gouvernement, concernant la situation actuelle, comme « la limite des importations, alloué plus de ressources vers la santé, de différer  les dépenses, l’orientation des ressources vers la production de produits stratégiques comme le blé…  Mais selon l’expert, il y a une seule décision qu’ils doivent revoir et corriger, « celle qui consiste à dire, qu’il faut recouvrer rapidement la fiscalité des entreprises et il faudrait recouvrer le plus tôt possible les crédits alloués aux entreprises ». Mr. Abdelhak Lamiri, a expliqué qu’au contraire, « il faudrait différer les paiements des crédits des entreprises,  comme  l’ont fait beaucoup de pays,  en raison que la plupart des entreprises vont fermer leur portes », ajoutant que« lorsque cette crise sanitaire se terminera on commencera un recouvrement normal des crédits ».

Dans le même contexte, il a annoncé  que « cette période difficile du coronavirus, va nous faire perdre jusqu’à quatre milliards de dollars au maximum de nos réserves de changes,  mais il ne faudrait pas s’alarmer », assurant que dans « 3 ou 4 mois, la situation générale va se régulariser et les prix du pétrole vont remonter pour regagner leurs niveaux d’avant la crise, avec un effet de rattrapage d’économie mondiale ».

LILIA SAHED/ Rédaction Web 

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