vendredi 29 mai 2020 22:10:12

Universités : A la recherche de solutions alternatives

Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique a demandé récemment aux responsables des centres universitaires, aux enseignements et aux chercheurs d’œuvrer à assurer la continuité des études.

PUBLIE LE : 26-03-2020 | 0:00
Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique a demandé récemment aux responsables des centres universitaires, aux enseignements et aux chercheurs d’œuvrer à assurer la continuité des études. Tous les établissements sont obligés de s'organiser pour proposer leurs cours à distance. Plusieurs enseignants et chercheurs en sciences humaines et sociales assurent utiliser Internet pour favoriser l’enseignement à distance bien avant l'émergence de cette épidémie, comme le souligne Yaakoub Benseghir, enseignant de sociologie à l’université de Constantine 3 Salah-Boubnider. 
« La situation actuelle n'est qu'une raison de plus de s'y mettre ou d'accélérer les plans de digitalisation des cours. Le ministre a insisté sur ce fait lorsqu’il avait appelé mardi à assurer la continuité des cours via le web », a-t-il affirmé à El Moudjahid, assurant avoir mis la totalité des conférences, des travaux dirigés et autres matières pédagogiques de méthodologie à la disponibilité des étudiants, plus particulièrement les stagiaires et ceux qui travaillent sur des projets de mémoire de fin d'étude.
Ce professeur estime qu’il suffit de créer des mails collectifs, de lancer des visioconférences sur les plateformes des réseaux sociaux et des podcasts qui ne nécessitent pas une connexion de haut débit. « Cependant, la technologie ne pourrait pas être à la rescousse sans l'implication de tous, notamment les étudiants car ce sont les premiers destinataires », a-t-il fait remarquer. Le Pr Benseghir explique que son département encourage les étudiants à utiliser la plateforme mises à leur disposition et relève qu'ils auront accès à distance à l'intégralité des cours afin d'assurer la continuité pédagogique jusqu'à la fin du semestre ou, éventuellement, à la levée de confinement », a-t-il indiqué.
Pour le chercheur Lakhdar Yedroudj, la numérisation de l'enseignement supérieur est un « impératif de développement » et ce projet représente pour la plupart des établissements un « grand investissement ». 
Il regrette le fait que l'infrastructure électronique reste sous développée et considère que s'il y a eu un réel déploiement technologique, on aurait pu réduire fortement le mouvement des citoyens et participer au confinement. « D'abord pour limiter les pertes humaines et, ensuite, pour initier les citoyens à s'investir plus dans le monde numérique, notamment la communauté estudiantine», a-t-il noté.
Alors que le second semestre démarre à partir de la semaine prochaine, les universités disposent de peu de temps pour s’organiser avant de reprendre les cours à distance. Le chercheur Yedroudj explique que l'idée de campus numérique doit être inscrite dans les stratégies de gestion des établissements d'enseignement supérieur. « Cette pandémie nous a montré l'importance de l'outil technologique dans les cas extrêmes. L'accélération de la mise en ligne des cours et le télé-enseignement et le déploiement des plateformes numériques sont une urgence dans un monde marqué par une mobilité sociale accrue », a-t-il souligné.
Il déclare que chaque enseignant doit dispenser ses cours en utilisant ces ressources numériques et envisager des examens alternatifs aux devoirs et aux travaux dirigés où la présence est exigée.
 
Inter Les étudiants appréhendent 
la mauvaise connexion
 
Du coté des étudiants, les choses ne sont pas faciles et cette situation crée des soucis. Le problème de la mauvaise connexion et du faible débit constituent une sérieuse contrainte, déplore Wissam, étudiante à l'université d'Alger. Elle indique avoir des travaux dirigés et autres devoirs à rendre et précise que l'accès à la bibliothèque virtuelle de son département est lié en premier lieu à la disponibilité d'une bonne connexion. « J’habite à Haizer, dans la wilaya de Bouira, et la connexion à l'Internet mobile est très faible. Comment voulez-vous réussir dans cette entreprise ? » s’interroge-t-elle, appelant les opérateurs téléphoniques et les fournisseurs d’Internet à offrir un accès gratuit aux plateformes du ministère de l'Enseignement supérieur et aux site web des établissements universitaires en cette période comme c'est le cas dans plusieurs pays.
Pour Chouaib, étudiant en master en mécanique industrielle à l'USTHB de Bab Ezzouar (Alger) et originaire de Larbaa (Blida), l'université reste le lieu de recherche par excellence. « La situation impose de ne pas aller à l’université et à opter pour les cours à distance. Mais je pense que malgré l’usage des supports de cours tels la vidéo, le podcast, la visioconférence et les travaux dirigés en ligne, la présence physique est parfois plus intéressante notamment pour des travaux pratique en laboratoires », a-t-il considéré.
Pour Yahia, étudiant en informatique à Bab Ezzouar, spécialité réseaux et maintenance, «les cours théoriques ont une valeur ajoutée, mais les travaux pratiques et les devoirs en laboratoire sont plus importants pour notre formation ». il relève que pour les travaux dirigés et les examens, le conseil scientifique de département d'informatique réfléchit à élaborer dans les jours qui viennent des solutions alternatives afin de permettre aux étudiants de valider leur semestre.
Tahar Kaidi
 
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