jeudi 04 juin 2020 23:05:03

GRAND ANGLE : Une question de goût !

Les jalons d’un dialogue inclusif inter-malien sont-ils menacés ?

PUBLIE LE : 25-03-2020 | 0:00
D.R
 En tout les cas les intentions affichées ou tenues secrètes par les gouvernements de la région ne semblent pas être aux gouts des capitales occidentales impliquées dans ce dossier. Le rapprochement opéré entre Bamako et les groupes armées opérants dans la bande du Sahel à l’image du  Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance terroriste affiliée à Al-Qaïda, et qui s’est dit prêt à accepter de négocier avec les autorités maliennes à condition que la France et l’ONU retirent leurs forces du Mali, n’est aux yeux de certains cabinets occidentaux, qu’une manœuvre de plus pour opérer une paix tactique dans l’espoir de gagner du temps et de s’organiser à nouveau pour renforcer leurs actions futures sur le terrain.
 
L’orientation enclenchée par le président malien Ibrahim Boubacar Keita, est considérée par Paris notamment comme « une rupture » avec la ligne directrice suivie jusqu’alors. Selon ces capitales occidentales, les groupes terroristes qui conservent une multitude de présences locales, tentent ni plus ni moins de s’inscrire dans la durée via des négociations politiques. Et cela, les capitales occidentales n’entendent nullement tolérer l’impunité envers ces groupes terroristes. « Nous combattons les groupes armés terroristes au Sahel à la demande des États de la région, notamment du Mali, et nous continuerons à le faire dans le cadre de la coalition pour le Sahel lancée à Pau » en janvier, confie un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
 
« Nous partageons avec les autorités maliennes le souci qu’il n’y ait pas d’impunité pour les auteurs d’actes terroristes, dans le respect de la loi malienne », ajoute-t-il. Cette position commune des alliés ne surprend guère l’opinion internationale puisque Paris avait auparavant accueilli avec circonspection l’offre de dialogue de Bamako avec un responsable d’un groupe armé. Pour justifier le malaise régnant entre les pays du Sahel et particulièrement la France, Katherine Zimmerman de l’American Enterprise Institute à Washington, estime qu’au Sahel le conflit malien est l’enjeu majeur d’Al-Qaïda aujourd’hui, même s’il est intrinsèquement local.
 
« De telles négociations pourraient, comme avec les talibans, établir le GSIM comme un groupe inclus dans la société, et non en marge de celle-ci », prévient-elle. Mais peut-on entamer un dialogue inclusif en érigeant l’exclusion comme règle de base ? Une question qui malheureusement restera sans réponses, tant les approches resteront otages des intérêts le plus souvent inavoués.
M. T.
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