vendredi 29 mai 2020 22:05:29

Afghanistan : Pompeo à Kaboul pour aider à régler la crise politique

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo est arrivé lundi en Afghanistan afin d'aider à régler la crise politique qui frappe ce pays, déjà en proie à la propagation du coronavirus et aux opérations des talibans, qui menacent le fragile processus de paix en cours.

PUBLIE LE : 24-03-2020 | 0:00
D.R
M. Pompeo devait s'entretenir avec le président Ashraf Ghani ainsi qu'avec l'ex-chef de l'exécutif, Abdullah Abdullah, qui s'est lui aussi proclamé vainqueur de l'élection présidentielle du 28 septembre 2019, entachée d'accusations de fraudes.
 
«Nous avons essayé (...) ces dernières semaines de trouver une formule et de les encourager à parvenir à un accord», a déclaré aux médias un responsable du département d'Etat, ajoutant que «(Pompeo) est venu pour aider à avancer, encourager et communiquer nos attentes». Mike Pompeo a été accueilli par l'émissaire américain chargé des négociations avec les talibans, Zalmay Khalilzad, après son arrivée à l'aéroport de Kaboul, selon les médias présents. La visite intervient au lendemain de premières discussions entre le gouvernement afghan et les talibans au sujet d'un échange de prisonniers, une étape cruciale dans le processus de paix qui s'est ouvert après la signature d'un accord historique entre Washington et les insurgés le mois dernier.
 
M. Khalilzad a tweeté dimanche qu'il était «urgent» de mettre en place cette libération de prisonniers, à un moment où le nouveau coronavirus rend les échanges diplomatiques de plus en plus difficiles. Cette mesure, qui figurait dans l'accord conclu par les Etats-Unis et les talibans, non ratifié par Kaboul, prévoyait la libération de jusqu'à 5.000 rebelles contre celle de 1.000 membres des forces afghanes.
L'échange devait avoir lieu le 10 mars, avant l'ouverture de pourparlers inédits entre le gouvernement afghan et les insurgés, afin de décider de l'avenir de l'Afghanistan, mais a été retardé en raison de désaccords entre les deux camps.
 
Le président Ghani, d'abord opposé à une telle mesure, avait proposé la libération de 1.500 prisonniers talibans avant l'ouverture des discussions interafghanes, puis des 3.500 détenus restants sur plusieurs mois, si les violences diminuaient.
Les rebelles se sont cependant empressés de rejeter ce compromis.
L'accord entre ces derniers et Washington prévoit aussi un retrait progressif des forces étrangères d'Afghanistan sur 14 mois à condition que les talibans respectent des engagements sécuritaires.
 
Le départ des militaires américains a déjà commencé, mais a été ralenti par la progression du nouveau coronavirus, avec 40 cas positifs déjà détectés en Afghanistan et un premier décès vendredi.
En échange de ce retrait, les talibans se sont aussi engagés à combattre les groupes djihadistes tels qu'Al-Qaïda et à discuter avec le gouvernement de Kaboul, qu'ils n'ont jamais reconnu, afin de déterminer l'avenir de l'Afghanistan. Si les insurgés ont arrêté de viser les troupes étrangères, ils n'ont cependant pas mis fin à leur offensive contre les forces afghanes.
 
A ces combats s'ajoutent les craintes qu'une crise sanitaire de grande ampleur ne frappe bientôt l'Afghanistan, avec l'arrivée ces dernières semaines de dizaines de milliers d'Afghans, de retour d'Iran, un des pays les plus touchés par la pandémie. Avec un système de santé extrêmement précaire après 40 ans de guerre, il est en effet peu probable que l'Afghanistan puisse faire face à une telle crise. 
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