vendredi 10 juillet 2020 19:48:32

M. Belhimer lance le premier chantier des réformes du secteur de la Communication : Encadrer juridiquement la presse électronique

Un atelier consacré à l’avant-projet de loi sur la presse électronique, le premier du genre en Algérie, sera organisé aujourd’hui à Alger.

PUBLIE LE : 20-02-2020 | 0:00
D.R

Un atelier consacré à l’avant-projet de loi sur la presse électronique, le premier du genre en Algérie,   sera organisé aujourd’hui à Alger.

Cet atelier réunira tous les professionnels du secteur, notamment des académiciens, des opérateurs et des experts, avait précisé le ministre de la Communication, Ammar Belhimer. Ainsi, les journalistes en ligne, ou journalistes Web, auront l’opportunité de débattre de leurs  difficultés et préoccupations pour l’élaboration d’une stratégie participative afin  de  régulariser cette forme de presse. Il est à signaler  que cet atelier s’inscrit dans la mise en œuvre des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui avait instruit, début février, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, à l’effet de procéder à la «régularisation de la situation juridique des journaux électroniques domiciliés en Algérie». Ces médias seront traités «au même pied d’égalité» que la presse nationale écrite en matière de couverture des activités nationales et officielles et d’accès à la publicité publique, «et ce dans le strict cadre de la loi et de la déontologie de la profession», avait-il affirmé. Le ministre de la Communication, Ammar Belhimer, a même annoncé qu’un document officiel sera présenté aux professionnels du domaine lors de cette rencontre, avant d’adopter définitivement le texte inhérent à ce projet.» Nous allons encadrer l'activité de la presse électronique qui réunit pour le moment quelque 150 sites électroniques. Nous leur avons donné l'autorisation d'exercer leurs activités en attendant de les encadrer juridiquement à partir de la semaine prochaine», avait-il expliqué.

Ainsi, le premier atelier dans le cadre des réformes annoncées par le ministre de la Communication, lors de sa première sortie médiatique officielle, est dédié exclusivement à la presse électronique, qui exerçait dans «l’informel», en absence totale de régulation en dépit des appels et revendications des professionnels du secteur. En 2017, plus de 20 éditeurs de la presse électronique ont sollicité le ministère de la Communication afin de  «de ne pas engager la publication du cahier des charges de l’édition de presse électronique sans engager au préalable des discussions avec les acteurs de la filière». Les éditeurs et gérants de sites électroniques ont exprimé, à l’époque, et à plusieurs occasions, leur disponibilité à contribuer à l’amorce du dialogue avec les autorités «afin d’optimiser les textes de la régulation et d’éviter les impasses réglementaires». Ils  se déclarent  «tolérés depuis la loi de 2012, mais toujours non reconnus». Le Code de l’information de 2012, qui consacre 6 articles à la presse électronique, stipule que l’activité de presse écrite en ligne consiste en la production d’un contenu original, d’intérêt général, renouvelé régulièrement, composé d’informations ayant un lien avec l’actualité et ayant fait l’objet d’un traitement à caractère journalistique. Toutefois, les journalistes en ligne n’ont accès ni à la carte de presse, ni à la publicité institutionnelle ou celle du secteur public économique, ni au Fonds national d’aide aux médias.
Par ailleurs, le profil des journalistes et la gestion technique et financière des sites d’information ainsi que l’hébergement des journaux électroniques  constituent  les préoccupations majeures des fondateurs et gérants de sites d’information et journaux électroniques. En effet, une étude analytique a fait ressortir que «les ressources financières demeurent un obstacle majeur face au développement et à la pérennité de la presse électronique en Algérie et ailleurs». De même pour le profil des journalistes dans les rédactions Web. L’étude, intitulée «Le développement de la presse électronique en Algérie : Des dispositifs aux pratiques journalistiques», réalisée par Fatima-Zohra Taiebi Moussaoui, met en relief la situation instable des sites d’information en ligne. «Cette instabilité est produite par plusieurs facteurs : un modèle économique fragile ou inexistant, le manque de reconnaissance professionnelle, une réglementation inachevée, une professionnalisation relativement faible et des conditions de travail difficiles pour les journalistes de la presse électronique».
A noter que la majorité des professionnels des éditions en ligne sont des journalistes issus de la presse écrite. Il convient de souligner les différenciations qui existent entre les professionnels des journaux électroniques en ligne, qu’il s’agisse de leur nombre au niveau des rédactions web, de leur expérience, des conditions de travail, de l’âge, et du statut de chacun dans la rédaction (journalistes permanant, pigistes, stagiaires, etc.). Selon la même étude, la majorité de ces journaux sont hébergés à l’étranger.
Neila Benrahal

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