lundi 06 avril 2020 00:05:15

Le Premier ministre présente le plan d’action du Gouvernement devant le Conseil de la nation : «La nouvelle Algérie n’exclut personne»

Après avoir été adopté par l’APN, le Plan d’action du gouvernement a été présenté, hier, par le Premier ministre, au Conseil de la nation, lors d’une séance plénière présidée par M. Salah Goudjil, président par intérim de cette institution.

PUBLIE LE : 15-02-2020 | 10:30
D.R
Lors de la présentation, le Premier ministre a déclaré que le Gouvernement est appelé à travailler sur le double plan économique et social. Pour ce qui concerne le volet social, M. Abdelaziz Djerad s’exprimera, notamment sur toute l’importance de garantir l’égalité des chances et d’instaurer un climat de confiance et de soutien.
 
«La nouvelle Algérie, à laquelle nous aspirons, n’exclut personne», a-t-il insisté. Abordant le volet économique, le Premier ministre notera que le principal défi à relever est celui de relancer l’économie. Il signalera, dans ca cadre, que le plan d'action tend à la relance de l'économie nationale avec «une vision et une approche incarnant une rupture totale avec les anciennes pratiques». M. Djerad compte concrétiser le nouveau pacte pour la nouvelle Algérie en se basant sur le triptyque, développement humain, transition énergétique et économie de la connaissance et du numérique. Il est donc question, dira-t-il, de «rassurer les opérateurs» qui ont subit les effets consécutifs aux choix prônés dans le passé dans le domaine de la gestion économique.
 
Le Premier ministre mettra en exergue le fait que la période précédente, qui a été marquée par une «instabilité» en matière de législation, où les mécanismes de concurrence étaient freinés et les initiatives bloqués au lieu d’être booster, est aujourd’hui définitivement révolue. Le gouvernement compte assurer une amélioration substantielle du climat des affaires. En effet, le développement économique représente un défi et un enjeu majeur qui devra s’inscrire dans une démarche globale d’amélioration de la compétitivité de l’économie nationale, en général, et de l’entreprise, en particulier, afin de la consolider dans une dynamique de véritable croissance, à travers l’émergence d’un environnement attractif. Dans cette optique, l’Exécutif veillera à rénover et stabiliser le cadre juridique de l’investissement, afin d’encourager l’acte d’investir et attirer davantage les investissements directs étrangers.
 
Il œuvrera notamment, selon le projet de plan d’action à mettre fin aux entraves et pesanteurs bureaucratiques qui persistent sur le terrain au détriment de la dynamique de l’investissement, en développant le processus de contrôle à postériori, simplifier et réduire le champ des autorisations liées à l’investissement en définissant dans la transparence les critères d’éligibilité aux avantages des projets d’investissements. Il est question également de maintenir les régimes préférentiels d’encouragement à l’investissement prévus au bénéfice des projets devant être réalisés dans les wilayas des Hauts plateaux et du Sud du pays.
 
Les cinq axes essentiels
 
Le Premier ministre est également revenu sur les principaux axes du plan d’action du gouvernement pour la mise en œuvre du programme du président de la République. Le premier chapitre de ce document est axé sur un certain nombre de lignes directrices, en l'occurrence la refonte du dispositif législatif d'organisation des élections, la moralisation de la vie publique, la refonte de l'organisation et des modes de gestion de l'Etat et de ses démembrements et un exercice plein des droits et libertés.
 
Le second chapitre traite ensuite de la réforme financière et du renouveau économique. Il y est notamment question de la refonte du système fiscal, de l'instauration de nouvelles règles de gouvernance budgétaire, de modernisation du système bancaire et financier et de développement de l'information statistique économique et sociale et de la fonction prospective. Quant au troisième chapitre, ce dernier est consacré au développement humain et à la politique sociale. Le quatrième chapitre est consacré à la politique étrangère devant être «dynamique et proactive», alors que le cinquième est dédié au renforcement de la sécurité et la défense nationale.  Lors de la présentation du projet devant les sénateurs, le Premier ministre a insisté, par ailleurs, sur «la détermination du Chef de l’Etat et du Gouvernement à aller de l'avant avec toutes les forces de la nation à travers le dialogue et la consultation pour mettre à l’abri l’Algérie de tous les dangers». L’accent sera mis dans ce contexte sur la responsabilité de «toutes les forces politiques, élites économiques, sociales et scientifiques et citoyens dans l'édification de l'Algérie pour laquelle des millions de moudjahidine et de chouhada ont payé un lourd tribut, depuis 1830». Il a ajouté que le Plan prévoit également «l'accélération de profondes révisions visant la rupture avec les modes de gestion qui ont produit des administrations dispendieuses et dissipatrices, d'une part et des pans et des pans de sociétés de plus en plus vulnérable, d'autre part».
 
En fait, soutient M. Djerad, le Plan d'action du Gouvernement vise «l'édification d'une Algérie nouvelle qui soit à la hauteur des aspirations et des ambitions légitimes du peuple». Le chef de l'exécutif a fait état, à ce titre, d'une ambition pour «la réhabilitation des institutions de l'Etat pour qu'elles soient issues exclusivement de la volonté populaire tout en mettant un terme à la corruption». L'Algérie sera au rendez-vous pour asseoir une nouvelle Constitution qui posera les fondements de l'Algérie démocratique et sociale, a-t-il assuré soulignant que les efforts du Gouvernement seront focalisés sur sept axes, notamment l’instauration d’un mode de gouvernance rénové et moderne empreint de rigueur et de transparence à même d'ancrer les valeurs et principes, la moralisation de la vie publique et la prévention et la lutte contre la corruption.
 
Le Gouvernement inscrit dans son Plan d'action, l'affirmation, la promotion et la protection des trois composantes de l'identité nationale que sont l'islam, l'arabité et l'amazighité «en tant que fondement de l'appartenance des Algériens à une civilisation millénaire». Il veillera, en outre, à la préservation d'une relation fonctionnelle et complémentaire entre les pouvoirs exécutif et législatif dans le cadre du respect et de la confiance mutuelles, est-il souligné. 
Soraya Guemmouri
La SNVI bientôt rattachée 
à la Direction des industries militaires 
 
Le ministre de l'Industrie et des Mines, Ferhat Aït Ali Braham, a indiqué samedi à Alger que la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) sera bientôt rattachée à la Direction des industries militaires relevant du ministère de la Défense nationale (MDN).
Dans une déclaration à la presse en marge de la présentation du Plan d'action du Gouvernement devant les membres du Conseil de nation, M. Aït Ali a précisé que «la SNVI sera rattachée, d'ici deux ou trois mois au plus tard, à la Direction des industries militaires». La SNVI est partie signataire de la convention de 2012 portant création d'une société algérienne de production de poids lourd de type Mercedes-Benz.
La partie algérienne détient 51% du capital de cette société représentée par la SNVI (34%) et le ministère de la Défense nationale (17%), tandis que le fonds d’investissement émirati «Aabar» détient un taux de 49%. Daimler/Mercedes-Benz est le partenaire technologique de ce partenariat.
Trois sociétés à capitaux mixtes avaient été créées en juillet 2012 dans  le cadre de la mise en œuvre de protocoles d`accords algéro-émirati-allemands pour le développement de l’industrie mécanique nationale.
Environnement saharien 
Bientôt des Assises nationales 
 
Le ministre délégué chargé de l’Environnement saharien Hamza Al Sid Cheikh a affirmé, hier à Alger, que son secteur s'attelait à la préparation d'Assises nationales sur la valorisation des potentialités et des ressources de l'environnement saharien. Dans une déclaration à la presse en marge de la présentation du Plan d'action du Gouvernement au Conseil de la nation, M. Al Sid Cheikh a indiqué que ces Assises auront lieu à travers des conférences et des rencontres wilayales et régionales, qui seront sanctionnées par des recommandations pratiques pouvant être appliquées sur le terrain afin d'édifier une économie amie de l'environnement saharien algérien immense, en recourant, en premier lieu, aux énergies renouvelables. Le ministre délégué a fait état, dans ce sens, d'une nécessaire coordination entre l'ensemble des départements ministériels pour que le Sahara algérien soit pionnier dans le domaine de l'environnement.
Répondant à une question sur le manque de précipitations, M. Al Sid Cheikh a rappelé que l'agriculture saharienne repose essentiellement sur les eaux souterraines, soulignant qu'au vu de l'immensité de la superficie du Sahara algérien qui jouit de systèmes écologiques diversifiés, le manque de précipitations aura un impact sur ces systèmes écologiques. 
 

Vigilance législative 
Un système opérationnel à l’horizon 2035 
 
Le ministre délégué chargé des Statistiques et de la Prospective, Bachir Messaitfa, a affirmé que l'Algérie sera dotée d'ici 2035 d'un système de «vigilance législative» afin de garantir la stabilité des lois à moyen et à long termes. L'Algérie sera doté d'ici 2035 d'un système de vigilance législative, car le renouveau économique, social et politique exige un cadre juridique à vision lointaine avec la contribution de tous les secteurs concernés par le Plan d'action du Gouvernement, a-t-il déclaré à la presse en marge de l'examen du Plan d'action du Gouvernement par les membres du Conseil de la nation.
Concernant le rôle du citoyen dans le domaine du numérique, M. Messaitfa a estimé que «c'est là, l'un des aspects de la transparence», soulignant que la création d'un secteur ministériel dédié aux statistiques est à même de donner davantage de transparence à l'information économique et de contribuer à l'orientation des secteurs et à l'anticipation des risques.
 
Financement de l’investissement 
Nécessité de revoir la politique d’octroi des crédits  
 
Le ministre de l’Industrie et des Mines, Ferhat Ait Ali Braham, a souligné, samedi à Alger, la nécessité de revoir la politique appliquée de l’octroi des crédits afin d’en faire bénéficier en premier lieu la petite et moyenne entreprise génératrice de richesse et d'emploi. «Des fois des crédits en millions de dinars sont octroyés à une quinzaine d’opérateurs, tout en laissant les petites et moyennes entreprises partir d’un refus de crédit pour des petits montants, d’où la nécessité de revoir cette politique», a indiqué le ministre dans une déclaration à la presse en marge du débat général autour du projet de Plan d'action du Gouvernement, au Conseil de la Nation. 
«La majorité des crédits octroyés dans le passé n’ont pas servi à élever le PIB ou la prévalue mais ont par contre servi à enrichir certaines personnes», a souligné le ministre, ajoutant que «c’est pour cela qu’il était impératif de revoir la politique de l’octroi de ces crédits».
Par ailleurs, M. Ait Ali Braham a annoncé, qu’une nouvelle politique sera adoptée pour les zones industrielles ajoutant que certaines zones qui ont été détournées de leur vocation seront récupérées. S’agissant, de la situation économique des entreprises algériennes, M. Ait Ali Braham a affirmé que ces entreprises n’ont absolument pas subi «une année blanche» assurant que la croissance du PIB a atteint 1,7 % en 2019. 
 
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