vendredi 28 fvrier 2020 10:50:39

Hommage à Azzedine Medjoubi 25 ans après sa disparition : Un monument du 4e art algérien

Un vibrant hommage a été rendu, jeudi à Alger, à l'homme de théâtre Azzedine Medjoubi, à l'occasion de la 25e commémoration de son assassinat, le 13 février 1995, par une représentation de la pièce de théâtre, El-Hafila Tassir 2, un spectacle inscrit dans la continuité de l'œuvre de ce monument du quatrième art algérien.

PUBLIE LE : 15-02-2020 | 0:00
D.R
Présentée au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi, El-Hafila Tassir 2 est un monodrame, inspiré de Hafila Tassir, écrit et interprété par Tarek Nasseri et produit par l'Association de théâtre des artistes libres d’Azzaba, la ville qui a vu grandir Azzedine Medjoubi. Dans un espace scénique ouvert et dénué de décor, Tarek Nasseri joue le fils de Cherif Zaouali, personnage incarné par Azzedine Medjoubi dans les années 1990, qui lui aussi se retrouve devant le juge pour avoir détourné un autobus vers l'hôpital où son épouse enceinte lutte contre la mort.
 
Le jeune homme raconte son histoire d'amour avec Wafa, sa modeste condition, comme celle de son père, et son refus de voir son épouse mourir dans un hôpital comme sa mère Djamila, incarnée dans la pièce original par Dalila Hellilou. Si le contexte de la pièce reste inchangé, Tarek Nasseri propose une actualisation du quotidien du citoyen de modeste condition qui «peine à accéder à son droit au soins, au travail ou au logement», et qui finit par «connaître le même sort que ses parents», trente ans plus tôt.
 
En plus d'avoir repris  des répliques du dialogue de cette pièce mise en scène par Ziani Cherif Ayad et adaptée du roman le Voleur d'autobus, de l'Égyptien Ihsan Abd Al Quddou, El-Hafila Tassir 2 intègre également des passages audio de la version d’Azzedine Medjoubi.
Assassiné par des terroristes, le 13 février 1995 à Alger, à la porte du Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi, dont il était directeur, Azzedine Medjoubi avait marqué les planches par sa présence et ses brillantes prestations en tant que comédien et metteur en scène, contribuant, pendant trente ans, à l'épanouissement de la culture et au développement du théâtre algérien.
 
Assassiné à l’âge de 49 ans, Azzedine Medjoubi, qui compte à son actif de grandes œuvres, avait campé des rôles dans plusieurs pièces, comme Bab El- Foutouh et Galou Laârab Galou, en plus d'avoir mis en scène Ghabou Lefkar et Aâlem El- Baouch, primée au Festival de Carthage (Tunisie).
 
Il avait aussi tenté l’expérience du théâtre indépendant, en créant, en 1990, la compagnie «Masrah El-Qalaâ», avec des compagnons de route comme Sonia, Sakina Mekkiou de son vrai nom, M'hamed Benguettaf et Ziani Cherif Ayad.
En plus de ce riche parcours sur les planches, Azzedine Medjoubi avait investi le grand écran dans des productions comme Journal d’un jeune travailleur, de Mohamed Iftissane, Automne 1988, de Malik Lakhdar Hamina, ou encore Youcef ou la légende des sept dormants, de Mohamed Chouikh.
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