dimanche 05 avril 2020 03:05:41

L’économie de l’énergie : Tributaire de l’utilisation du photovoltaïque

L’Algérie est un pays ensoleillé, avec une durée d’insolation effective qui peut atteindre parfois les 3.900 heures par an, notamment dans les hauts-plateaux et le Sud. Des conditions «très favorables» au développement de la filière solaire ou l’énergie solaire.

PUBLIE LE : 15-02-2020 | 0:00
D.R
Cette dernière correspond à l’électricité produite par des cellules dites «photovoltaïques». Ces cellules reçoivent la lumière du soleil et sont capables d’en transformer une partie en électricité. Ainsi, les panneaux photovoltaïques peuvent être utilisés aussi bien à des fins domestiques qu’à la production à grande échelle. Ainsi, le temps des énergies renouvelables a une redéfinition des besoins et des modes de consommation, car les risques d'épuisement des ressources non renouvelables tels que le pétrole, le gaz naturel et le charbon, largement exploitées, sont éminents. Les énergies renouvelables ont de grandes ressources en énergies fossiles, mais également un potentiel important en énergies renouvelables, énergie solaire, géothermie, biomasse, énergie éolienne et électricité hydraulique. 
Une utilisation massive des énergies renouvelables est envisagée en Algérie, car la part de ces énergies dans le bilan énergétique national pour les prochaines années a atteint un niveau élevé de demande d'énergie, particulièrement pour l'électricité. Sachant que l’Algérie enregistre, durant ces dernières années, une augmentation de la demande en énergie dans tous les secteurs d’activités avec un taux de croissance appréciable. Et cela est dû principalement à l’amélioration  du niveau de vie des citoyens, l’augmentation du nombre de logements et le rebondissement économique engendré par la réalisation de plusieurs projets structurels importants et dans tous les secteurs. 80% de l’énergie produite est consommée au niveau des collectivités locales, dont 32% pour l’éclairage domestique. De ce fait, et à fin d’améliorer des performances énergétiques des habitants et des villes, il est temps de se convertir au mode photovoltaïque, à travers l’isolation thermique des habitations et l’utilisation des lampes à basse consommation d’énergie et les chauffages à énergie solaire, ainsi que l’introduction des lampes à sodium dans l’éclairage public au lieu des lampes à mercure, en plus de la promotion du carburant propre (sirghaz). Ajouter à cela la protection de l’environnement et l’économie d’énergie qui  deviennent des enjeux planétaires.   
 
Une autonomie énergétique grâce au photovoltaïque 
 
L’enjeu économique est de taille, et de ce fait la maîtrise de la consommation énergétique devient primordiale et constitue un défi pour les prochaines décennies.
D’ailleurs, les participants à la  3e édition du Salon de l’électricité et des énergies renouvelables, qui s’est tenu du 10 au 13 février 2020, précisent «qu’il est temps de mette en application un programme qui répond à cette problématique, dont l’objectif est d’intégrer progressivement les mesures d’efficacité énergétique à travers l’utilisation du grand potentiel des ressources naturelles solaires existantes dans notre pays, surtout ceux des hauts-plateaux et du grand sud». 
Parmi eux, Mustapha Maiz Hadj Ahmed, responsable des marchés au sein de la société «DIMEL énergie électricité», a précisé qu’il «faut encourager l’usage du photovoltaïque dans les régions rurales (les exploitations agricoles, notamment le pompage photovoltaïque et l’éclairage photovoltaïque) du moment que l’Algérie est un gisement encore vierge dans ce domaine». Pour M. Maiz, l’utilisation de l’énergie solaire «aide l’Etat à diminuer les coûts très élevés de l’électrification, surtout dans les régions isolées» nous a-t-il indiqué en précisant toutefois que «l’Algérie pourrait accéder à l’autonomie énergétique grâce au photovoltaïque». «Le pays dispose d’un énorme potentiel du silicium (qui est la base de la réalisation des cellules photovoltaïques) en plus des compétences qui maîtrisent la technologie de réalisation des cellules photovoltaïques», explique-t-il.
 
Pour une meilleure préservation de l’environnement
 
Actuellement, la production d’électricité et les transports sont les principaux secteurs responsables de la pollution atmosphérique. Par contre, les efforts accomplis contre les émissions des véhicules ne compensent pas l’augmentation de la pollution engendrée par l’accroissement du trafic automobile. Ajoutant à cela, le pétrole, le charbon, le gaz,  l’énergie hydraulique et les autres formes d’énergie (biomasse, énergie solaire et éolienne) qui ne représentent  qu’une partie infime du total.
De ce fait et selon les spécialistes dans le domaine que nous avons rencontrés lors de ce salon, il est temps de passer à une économie positive qui revalorise les ressources propres de chaque domaine. «Il est temps de passer à une économie efficace qui sait satisfaire les besoins des populations au maximum tout en respectant l'Environnement», nous précise monsieur Mahrez Mekki, en expliquant que les énergies issues du soleil, du vent ou  de l'eau, biomasse, chaleur émanant de la terre ; les énergies renouvelables laissent apparaître un «marché économique respectueux de l’intelligence  naturelle. Ce qui fait que le changement climatique doit être appréhendé comme un véritable défi pour l’Algérie». 
 
Cela concerne tous les secteurs 
 
Pour s’y faire, il nous indique  qu’il est temps pour «une prise de conscience sérieuse à tous les niveaux pour marquer le changement». «Tous les acteurs sont concernés et aucun secteur ne doit faire l’économie du risque climatique dans ses processus de planification, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques publiques», explique-t-il.
Pour lui, le succès de la transition et de la diversification économique du pays dépend des conditions mises en place et des mesures prises pour réussir la transition énergétique et environnementale du pays, qui, elles, sont intimement liées à la question du climat.  
Kafia Ait Allouache
 
énergies renouvelables
Une solution qui se précise
 
Les énergies  renouvelables, à l’heure des changements climatiques et du coût des autres ressources, très élevé, d’une part, et la menace d’épuisement de celles-ci, d’autre part, demeurent la solution idoine, pas seulement pour lutter contre la pollution et aller vers  des villes vertes et intelligentes, mais également pour allier la rationalité des budgets à l’efficacité des projets urbains destinés  à l’habitation ou l’industrie. En effet, les dernières années sont devenues charnières pour l’utilisation des énergies propres avec de plus en plus de professionnels et de particuliers qui optent pour des technologies vertes en totale adéquation avec le respect  de l’environnement, la bonne gouvernance et surtout le développement durable. En fait, si, par le passé, l’idée de passer aux énergies renouvelables se limitait à certains pays et organismes publics, cette dernière semble faire tache d’huile dans tous les milieux, à telle enseigne que même les propriétaires particuliers de biens immobiliers et commerciaux  se mettent au solaire, à l’éolien et autres. 
et  cette tendance es appelée, à accroître,  d’ici 2021, dans le monde, selon l’Agence Internationale de l’Energie. Certes, le projet est resté longtemps otage des politiques, notamment dans les pays en voie de développement où  les enjeux  de la culture «verte»  ne  sont pas estimés à leur juste valeur, néanmoins nous assistons actuellement, en Algérie, à la réappropriation ou plutôt la concrétisation du projet en question. Il faut  rappeler qu’après les écoles, ce sont les ménages qui ont accès à l’énergie solaire. Nous  sommes loin de la généralisation de cette option, cela va de soi, comparé aux pays leaders en la matière, mais rien qu’à voir ces organismes de formations intégrer ce genre de métiers  parmi les  filières  d’apprentissage dispensées, que ce soit par les centres de formation  étatiques ou les écoles privées, est déjà un grand pas vers la valorisation des technologies propres qui restent l’avenir de demain pour un pays comme l’Algérie gâté par la nature avec un taux de rayonnement solaire des plus élevés, de par sa superficie, dépassant ainsi, à l’exemple  d’Adrar et Aïn Salah, les 3.500 heures/an au moment où au nord, ce dernier se situe autour de 2.600 heures/an. 
 
Vers  la réhabilitation des énergies vertes 
 
Il existe actuellement une volonté affichée pour donner un coup de pousse au projet de l’utilisation des énergies propres et moins coûteuses, et cette orientation fait ressortir le regain d’intérêt pour cette question, confirmé, d’ailleurs, en 2019 par la concrétisation d’ un certain nombre d’objectifs, notamment l’installation de plus de 260.000 nouveaux poteaux d’éclairage, dont 170.000 à LED et 14.000 panneaux solaires, de même que la substitution de pas moins de 430.000 lampes énergivores par des lampes économiques dans le cadre de la rénovation du réseau national de l’éclairage public. Dans le  même sillage, il est prévu  pour  2020, la réalisation de 16.000 poteaux d’éclairage public reliés à l’énergie solaire et 39 000 autres à LED, ainsi que la substitution de pas moins de 24.000 lampes à mercure encore en activité dans le parc de l’éclairage public. Il est également  envisagé, durant l’année en cours toujours, d’équiper une mosquée par wilaya en kit d’énergie renouvelable, avec un objectif fixé à 100 édifices.
C’est dire, aujourd’hui, l’importance accordée par les pouvoirs publics aux énergies renouvelables. Le  premier responsable de la Sonelgaz qui a pris part, en novembre dernier, au sommet de Berlin sur la transition énergétique dans le monde arabe, avait insisté sur les enjeux de la transition énergétique affichant ainsi  la volonté de l’Algérie de développer des axes de coopération avec le consortium allemand «Dii Desert Energy» dans le domaine des énergies renouvelables.
Samia D.
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