vendredi 28 fvrier 2020 11:34:44

GRAND ANGLE : Mission ardue

Dans son allocution prononcée lors de la 33e session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé avoir adressé, « une lettre au SG de l'ONU pour l'exhorter à hâter la désignation de son Envoyé personnel et à relancer le processus de règlement de la question du Sahara occidental ».

PUBLIE LE : 13-02-2020 | 0:00
D.R
Par cette lettre, l’Algérie joint sa voix à toutes celles qui avaient exprimé pareille demande.
 
En octobre 2019, après le vote de la résolution de prolongation du mandat de la Minurso, les États-Unis ont réclamé la nomination d’un nouvel envoyé spécial « au plus tôt ». Le Front Polisario avait également exhorté Antonio Guterres « à nommer une nouvelle personne». Ces demandes adressées au patron de l’ONU sont motivées par le fait que, depuis la démission de l’Allemand Horst Köhler de son poste en mai 2019, le processus de paix onusien est dans l’impasse ; « sur une voie semée d'embûches », fera remarquer le président Tebboune.
 
Ainsi, tout un chacun est conscient que le retard mis dans la nomination du successeur de Köhler ne peut qu’être préjudiciable au processus onusien, auquel le démissionnaire avait réussi à donner, au bout de deux ans, une nouvelle dynamique, alors qu’il était dans l’impasse depuis huit ans . L’organisation de deux tables rondes en décembre 2018 et mars 2019, qui ont réuni toutes les parties qui n’avaient plus de contact entre elles, avait permis d’espérer l’amorce d’une solution politique mutuellement acceptable. « Une solution qui garantisse le droit inaliénable du peuple sahraoui à l'autodétermination, à travers l'organisation d'un référendum libre et régulier conformément aux résolutions pertinentes de l'UA et de l'ONU », a souligné le président Tebboune. Mais force est de constater que le SG de l’ONU, qui avait annoncé, après sa prise de fonction en janvier 2017, vouloir nommer un nouvel Envoyé pour sortir le processus politique de l’impasse, est aujourd’hui confronté à la dure réalité du lobbying marocain .
 
En effet, il est permis de croire que si Antonio Guterres n’a pas encore trouvé un successeur à l’Allemand Köhler, ce n’est pas faute d’avoir cherché. Au mois de décembre dernier, l’organisation onusienne a démenti « les rumeurs » sur la nomination par son SG d’un nouvel Envoyé personnel. On avait également tenu à préciser que « le processus de sélection d’un Envoyé personnel était en cours » et que sa nomination interviendrait une fois qu’il serait terminé. Il est probable aussi que les candidats ne se bousculent pas au portillon. La mission proposée a déjà consommé six Envoyés personnels.
 
Des diplomates chevronnés, mais qui se sont rendu compte que sans le soutien inconditionnel de leur « employeur », il leur est impossible de mener leurs efforts à bon port. C’est pourquoi, il faudrait avant tout que le Conseil de sécurité fasse preuve d’une réelle volonté politique et adopte sur ce dossier une position unifiée. C’est à cette condition qu’il sera possible de mettre fin au conflit du Sahara occidental et de parachever par la même le processus de décolonisation en Afrique.
Nadia K.
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