dimanche 05 avril 2020 02:15:41

Tensions entre Ankara et Moscou en Syrie : éviter la rupture

Le terrain syrien devient de plus en plus mouvant et le risque d'une confrontation directe et inédite entre les différentes armées présentes dans la région paraît de plus en plus plausible.

PUBLIE LE : 13-02-2020 | 0:00
D.R
Dernier épisode en date, les affrontements qui ont éclaté hier entre les forces américaines et des milices loyales à Damas près de Qamichli, dans le Nord-est de la Syrie.
 
Selon plusieurs sources, cette brève confrontation au sol a éclaté lors du passage "par inadvertance" d'un convoi militaire américain dans le village de Kherbat Ammo. Les affrontements, qui ont fait un mort côté régime, ont pris fin après un raid américain sur le secteur ayant permis l'évacuation de deux véhicules militaires américains retenus dans le village. Ce fait marquant témoigne de la fragilité de la situation, à la limite explosive, surtout suite à l'offensive des troupes syriennes dans la région d'Idleb, où les forces influentes peinent à trouver un équilibre rendu bien fragile après les accrochages sanglants entre forces turques et l'armée régulière syrienne. L'incident de la semaine passée a également déteint sur les rapports entre Moscou et Ankara.  Hier, Moscou a directement accusé Ankara de non-respect des accords conclus entre les deux pays, pour un cessez-le-feu en Syrie, et de ne rien faire pour "neutraliser les terroristes" dans la région rebelle d'Idleb. Evoquant les accords de Sotchi conclus entre les deux pays, le porte-parole du Kremlin a expliqué que la Turquie avait "l'obligation de neutraliser les groupes terroristes" mais "tous ces groupes bombardent les troupes syriennes et mènent des actions agressives contre les installations militaires russes". Un comportement "inacceptable", selon Moscou qui trace ainsi une deadline qu'il ne faut surtout pas outrepasser. Adressant à son tour une rare critique à l'égard de la Russie, M. Erdogan l'a accusée de "massacres" et dénoncé pendant un discours "les promesses qui ne sont pas respectées". Mais même si le ton est monté d'un cran, le pragmatisme politique et surtout géostratégique dictent aux uns et aux autres le bon sens pratique. En effet, malgré cet échange d'accusations, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan ont dit souhaiter "la mise en œuvre complète" des accords de désescalade russo-turcs en Syrie, selon un communiqué du Kremlin. Les deux dirigeants "ont souligné l'importance de la mise en œuvre complète des accords russo-turcs", a indiqué le Kremlin, en évoquant en particulier la zone démilitarisée créée dans la région syrienne d'Idleb. En face, Damas affirme sa volonté de poursuivre sa progression pour reprendre la dernière région qui échappe à son contrôle et où elle a lancé une offensive avec l'aide des raids aériens de son allié russe. Une attitude qui irrite l'homme fort d'Ankara, bien décidé à frapper le régime syrien "partout" en Syrie, en cas de nouvelle attaque contre ses forces.
M. T.
 
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