vendredi 28 fvrier 2020 11:23:15

GRAND ANGLE : L’UA à l’épreuve de ses engagements

Le 33e sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement, membres de l’Union africaine (UA), s’est achevé dans la nuit de lundi à hier à Addis-Abeba, avec la ferme détermination de l’Afrique de ne plus compter pour du beurre dans les dossiers qui la touchent en premier lieu. Notamment en ce qui concerne les conflits en cours.

PUBLIE LE : 12-02-2020 | 0:00
D.R
 
Et pour cause, les dirigeants africains ont pris la juste mesure de l’impact négatif de ces conflits armés sur leur continent. Pour preuve, tous les efforts déployés pour l’arrimer au wagon du développement économique se sont avérés vains, en dépit des potentialités économiques dont il recèle. La persistance des conflits est, pour une grande partie, responsable de cette situation. Conscients, les dirigeants africains ont décidé de consacrer leur 33e rencontre annuelle à la thématique des confits.
 
Les débats au cours des deux jours du sommet se sont concentrés sur cette question. Cette prise de conscience, traduite par les décisions prises à l’issue de cette réunion, devrait être accompagnée par des actions qui seront mises en œuvre durant les prochaines semaines. D’ores et déjà, la tenue d'un sommet spécial en mai en Afrique du Sud, consacré exclusivement à la thématique des conflits, a été annoncée par le président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui a pris pour un an la tête de l'UA.
 
Mais c’est surtout sur le conflit libyen que la volonté des dirigeants africains sera testée. Décidée à peser de tout son poids dans ce dossier, l’organisation panafricaine devra aussi prouver qu’elle en est capable. Il est certain qu’elle rencontrera des obstacles et que sa détermination affichée de ne plus jouer un rôle de figurant dans un conflit dont elle a été exclue jusqu’à présent sera fortement contrariée. Car, faut-il s’en persuader, ceux qui ont voulu marginaliser l’UA ne voient pas d’un bon œil son implication et son engagement à être plus active et plus efficace dans la médiation des conflits qui déchirent le continent, et en particulier sur le dossier libyen.
 
D’autant qu’il n’est un secret pour personne qu’en Libye se déroule une guerre par procuration. Il est donc certain que les intérêts de l’UA en Libye ne peuvent qu’être diamétralement opposés à ceux des acteurs de la région ou européens qui interviennent dans ce conflit. Il n’en reste pas moins, a tenu à le rappeler Smaïl Chergui, commissaire de l’UA à la paix et à la sécurité : « C'est un problème africain, et nous avons une sensibilité que peut-être d'autres n'ont pas. » Mais parce que les intérêts divergent, il est à craindre que la médiation que veut entreprendre l’UA ne soit sabordée.
 
Pour Mohamed Diatta, chercheur pour l'Institut d'études de sécurité (ISS), cité par l’AFP, « l'UA occupera la place que les protagonistes du conflit veulent bien lui donner ». « Si ces protagonistes estiment que l'UA peut apporter la solution, ils se tourneront vers elle, et ce ne sera pas à l'ONU de décider cela. » 
Nadia K.
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