vendredi 28 fvrier 2020 11:32:09

Mahmoud Abbas devant le Conseil de sécurité : Le rejet du plan trump réitéré

Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé solennellement, hier devant le Conseil de sécurité de l'ONU, rejeter le plan américain de règlement du conflit israélo-palestinien, appelé l'«Accord du siècle», soulignant que ce projet ferait de la Palestine «un État fragmenté».

PUBLIE LE : 12-02-2020 | 0:00
D.R

«Nous rejetons le plan israélo-américain qui remet en question les droits légitimes des Palestiniens», a lancé M. Abbas, en soulignant plaider «en faveur d'une paix juste» pour 13 millions de Palestiniens. «Nous avons rejeté ce plan car El-Qods ne ferait pas partie de la Palestine et cela suffit pour le refuser», a précisé Mahmoud Abbas. avant d'ajouter que ce projet ferait de la Palestine «un Etat fragmenté», sans contrôle aérien, sans contrôle maritime.

«Qui parmi vous accepterait un tel Etat?», a aussi demandé le président palestinien en regardant les représentants des 15 membres du Conseil de sécurité, en évoquant une situation «d'apartheid». «Ce sont nos territoires», a-t-il encore dit devant le Conseil de sécurité. «Qu'est-ce qui vous donne le droit de les annexer?», a demandé Mahmoud Abbas aux Israéliens, en appelant «la communauté internationale à faire pression sur Israël» pour empêcher cette perspective. Mahmoud Abbas a réaffirmé aussi que «les Etats-Unis ne pouvaient plus être le seul médiateur» pour une paix au Proche-Orient. Il a appelé le «Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU) et les membres du Conseil de sécurité à organiser une conférence internationale de paix».

Début d’une offensive diplomatique ?
 
Ultime tentative pour sauver la Palestine ou début d'une offensive diplomatique ? La présence de Mahmoud Abbas, Président palestinien, devant les membres du Conseil de sécurité de l'Onu, traduit en tous cas la volonté des Palestiniens à défendre jusqu'au bout et par tous les moyens leur droit d'exister et leur aspiration à disposer d'un Etat souverain avec al-Qods comme capitale. 
Le discours du président Abbas à New York au nom du peuple palestinien vise à contrer le plan de paix américain pour le Proche-Orient "deal du siècle" et la "vision" de l’administration Trump pour une paix, étriquée, israélo-palestinienne. Il se veut aussi un discours pour drainer un soutien quasi unanime contre la "vision" de l’administration Trump. "Un projet de résolution incluant le rejet de l'accord Trump-Netanyahu devait être présenté au Conseil de sécurité", a déclaré, Saleh Rafat, membre du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), en référence au projet américain pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien. Les diplomates de l’ONU étaient tombés d’accord sur un texte de résolution qui devait permettre au Conseil de sécurité de se situer quant au dossier israélo-palestinien. En filigrane, le résultat de ce scrutin aurait reflété la perception de la communauté internationale du "plan pour la paix". "Les négociations autour du texte continuent, a confié une source diplomatique. La mise au vote est reportée sine die". De nombreux diplomates étaient pourtant confiants de voir la résolution rassembler assez de voix favorables si elle avait été proposée au vote, sa dernière version étant plus consensuelle : elle s’abstenait de condamner le plan américain pour le Proche-Orient ou de citer les Etats-Unis, réaffirmait l’attachement à la solution des deux Etats et au respect du droit international. "Le texte aurait eu au moins 11 voix pour – peut-être même 12 – et les Etats-Unis auraient été obligés de mettre un veto", détaille un autre diplomate. 
Mais l’Autorité palestinienne n’en était pas aussi certaine. Si les Etats-Unis imposent leur veto pour bloquer la résolution des Palestiniens, ceux-ci s'adresseront à l'Assemblée Générale, a souligné M. Rafat. Cependant, le déplacement de M. Abbas à l'Onu s'effectue en pleine bataille médiatique où il est difficile de séparer le vrai du faux. Ainsi, lundi soir, des informations ont circulé que les Palestiniens renonceraient au vote, faute d'appui international suffisant. Selon certaines sources, les Palestiniens auraient renoncé à demander un vote hier au Conseil de sécurité de l'ONU de la résolution rejetant le plan de paix américain, faute d'appui international, en raison aussi de fortes pressions américaines sur les soutiens de leur président Mahmoud Abbas. Porté par l'Indonésie et la Tunisie, le texte risquait de ne pas avoir neuf voix en sa faveur (sur quinze), le minimum requis pour une adoption, hors veto d'un pays membre permanent, a indiqué un diplomate. Selon une autre source, s'exprimant également sous couvert de l'anonymat, les pays soutenant les Palestiniens ont été soumis à une "très forte pression" de Washington avec des menaces de "mesures de rétorsion" financières. Cette décision soudaine est intervenue après le dépôt par les Etats-Unis d'une série d'amendements au texte en négociations depuis la semaine dernière et qui devait être mis au vote hier matin lors d'une réunion du Conseil de sécurité. Toutefois, l'idée du renoncement palestinien a été très vite balayée d'un revers de main par Saeb Erekat, négociateur des Accords d’Oslo, qui a qualifié ces allégations de "rumeurs infondées". Dans sa proposition de révision du projet de résolution, Washington supprime toutes les références explicites aux résolutions de l'ONU depuis 1967 et toutes les mentions relatives à Al-Qods-Est. Les Etats-Unis demandent aussi que le Conseil de sécurité "accueille favorablement la discussion" sur le plan américain dévoilé le 28 janvier "pour faire avancer la cause de la paix". "Les consultations continuent sur le texte", a assuré Saeb Erekat. 
Mais les chances d'aboutir à un vote consensuel paraissent minimes voire improbables, au vu des positions radicalement divergentes entre Palestiniens et Américains.
M. T.
 
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