vendredi 28 fvrier 2020 11:24:57

Plan de paix américain pour le moyen-orient : 300 violations du droit international

Un haut responsable palestinien a déclaré, samedi, que le plan de paix des États-Unis pour le Moyen-Orient, ou «Accord du siècle», comprend 300 violations du droit international.

PUBLIE LE : 10-02-2020 | 0:00
D.R
Ahmad Majdalani, membre du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), a déclaré à la presse que le président Mahmoud Abbas présentera ces violations, la semaine prochaine devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
Lors de son discours devant le Conseil de sécurité des Nations unies, mardi prochain à New York, «le président Abbas présentera un document comprenant les 300 violations du droit international commises par l’"Accord du siècle"», a déclaré M. Majdalani. M. Abbas doit se rendre aux États-Unis, aujourd’hui, et s'adresser au Conseil de sécurité, demain, sur le plan de paix des États-Unis. Un projet de résolution sera soumis au vote des membres du Conseil. 
M. Majdalani a déclaré que le document, qui inclut les violations du droit international et les résolutions, a été préparé par l'OLP. «Le plan des États-Unis repose sur le déni de la présence palestinienne et du droit du peuple palestinien à l'autodétermination», a-t-il dit, ajoutant que le plan «se présente comme une solution de rechange aux résolutions internationales». Parallèlement, Mahmoud Aloul, vice-président du Fatah de M. Abbas, a déclaré que lorsque le président Abbas s'adressera au Conseil de sécurité de l'ONU, des rassemblements seront organisés pour le soutenir. 
 
Décision dangereuse
 
Israël a annoncé hier interdire aux agriculteurs palestiniens l'exportation de leurs produits, dans le cadre d'une guerre commerciale entre les deux parties qui s'est intensifiée dans la foulée de l'annonce du plan américain de règlement du conflit israélo-palestinien. 
«À partir d'aujourd'hui... l'exportation à l'étranger de produits agricoles palestiniens via le passage d'Allenby ne sera pas autorisée», a indiqué, dans un communiqué, le Cogat, l'unité du ministère israélien de la Défense qui supervise les activités civiles dans les Territoires palestiniens. 
Contrôlé par Israël, le point de passage d'Allenby relie la Cisjordanie occupée à la Jordanie voisine, d'où les produits pouvaient ensuite être acheminés vers le reste du monde. Fermer cette option, met donc fin aux exportations agricoles palestiniennes. 
Cette mesure israélienne intervient en réponse au «boycott palestinien des veaux — qui a gravement nui aux éleveurs de bétail israéliens», précise le Cogat. 
Les agriculteurs israéliens accusent les Palestiniens d'avoir cessé les importations de veaux il y a cinq mois, lors d'une rupture des accords économiques entre les deux parties. Or, la semaine dernière, quelques jours après l'annonce, le 28 janvier par le Président américain Donald Trump, de son plan de règlement pour le Proche-Orient — rejeté par les Palestiniens car jugé très partial —, le ministre de la Défense israélien, Naftali Bennett, a suspendu l'importation de produits agricoles de Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. 
En réponse à cette mesure, l'Autorité palestinienne a décidé de bloquer l'entrée de certains produits de consommation israéliens sur son territoire. 
«Le gouvernement a décidé d'empêcher l'entrée de légumes, de fruits, de boissons gazeuses, de jus et d'eau minérale provenant d'Israël», avait déclaré le porte-parole du gouvernement palestinien, Ibrahim Melhem. Le ministre palestinien de l'Agriculture, Riad Attari, a affirmé qu'il s'agit d'une décision «très dangereuse» des Israéliens qui «affectera» les agriculteurs palestiniens.
M. T. et Agences 
 
L’UA rejette le plan américain
 
Les dirigeants de l'Union africaine (UA) ont rejeté hier le projet du Président américain, Donald Trump, pour mettre un terme au conflit israélo-palestinien, estimant qu'il représente «une énième violation des multiples résolutions» des Nations unies et de l'UA. Le nouveau président de l'UA, le chef de l'État sud-africain Cyril Ramaphosa, a comparé le plan américain au régime d'apartheid. «Cela m'a rappelé la terrible histoire que nous avons traversée en Afrique du Sud», a déclaré M. Ramaphosa, qui a succédé hier à la tête de l'organisation au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. «La cause palestinienne sera toujours dans les cœurs et dans les esprits du peuple d'Afrique», a déclaré M. Sissi, à l'ouverture du sommet de l'UA à Addis-Abeba. Le plan du Président Donald Trump pour un règlement du conflit israélo-palestinien, dévoilé le 28 janvier, a été fustigé par les Palestiniens, qui accusent Washington d'avoir accouché d'un projet trop favorable à l'État hébreu. Ce plan promet à Israël la souveraineté totale sur Jérusalem, y compris Jérusalem-Est occupé et annexé, ainsi que sur une grande partie de la Cisjordanie, également occupée par l'État hébreu depuis 1967, dont la vallée du Jourdain, qui deviendrait ainsi sa nouvelle frontière orientale. Le projet, qui prévoit aussi la création d'un État palestinien démilitarisé sur seulement une partie de la Cisjordanie et dans la bande de Gaza, est une «énième violation des multiples résolutions des Nations unies et de l'Union africaine», a soutenu le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki. M. Faki a fustigé un plan, «élaboré en dehors de toute consultation internationale». 
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