vendredi 03 avril 2020 22:18:25

Cancer : Près de 50.000 cas enregistrés en 2019

«La prise en charge des malades atteints de cancer s’est nettement améliorée, et ce grâce au plan cancer 2014-2019», a déclaré le Pr Kamel Bouzid, chef de service d’oncologie au Centre Pierre et Marie-Curie et président de la Société algérienne d’oncologie médicale.

PUBLIE LE : 03-02-2020 | 18:23
D.R
L’éminent spécialiste, qui était l’hôte, hier, de l’émission «Invité de la matinée» de la Chaîne 1 de la Radio nationale, a affirmé que la prise en charge des différentes formes de cancer, dans plusieurs régions du territoire, est  aujourd'hui facilitée par la présence d'une quarantaine d'unités de soins ainsi que par une meilleure disponibilité des moyens d'exploration et de traitement.
 
«Le nombre de centres de radiothérapie est passé à 50 au niveau national, après l'ouverture de ceux d’Adrar, d’El Oued, de Tlemcen, de Sétif, de Sidi Bel-Abbès, de Batna, d’Annaba et de Tizi Ouzou, contre seulement 7 en 2011», a-t-il dit, tout en affirmant que le Plan anti-cancer 2014-2019 a permis une prise de conscience autour de cette maladie. Cependant, le professeur fera remarquer que l’on a déploré, durant cette même année, le décès de 20.000 personnes atteintes de cette maladie grave. «Ce chiffre inquiétant et susceptible d’augmenter», a averti le Pr Bouzid, relevant toute l’importance du recours, en toute urgence, aux médicaments qui peuvent améliorer la qualité de vie des patients atteints de cancer. 
 
En ce qui concerne les traitements innovants en immunologie, le spécialiste a déploré le fait qu’en dépit de l’élaboration de ces traitements, les autorités n’ont pas fait l’effort suffisant pour en faire bénéficier les patients qui en ont besoin, malgré leur enregistrement, depuis janvier 2018». Il reconnaît, cependant, que les coûts de ces traitements innovants flambent, estimant que «c’est aux pouvoirs publics de prendre les dispositions nécessaires pour mettre ces traitements à la disposition des malades cancéreux, dont les incidences sont en nette augmentation».
 
Le Pr. Bouzid a relevé, dans ce sens, que 50.000 nouveaux cas de cancers sont annuellement enregistrés dans le pays, avec une incidence grandissante pour le cancer du sein chez les femmes et de prostate chez les hommes. Les causes de la hausse des tumeurs cancéreuses, d’une année à l’autre, sont dues, selon l’hôte de la radio, au changement du mode d’alimentation, d’où le taux élevé de cancer du côlon et du rectum après 40 ans,  qui se classe en deuxième position après le cancer du sein, chez la femme, et avant le cancer du poumon, chez l'homme.
 
Le même spécialiste a également estimé que «l'utilisation des pesticides dans le secteur agricole a entraîné une augmentation significative de différents types de cancer», ajoutant que «tous les secteurs sont concernés pour réduire l'exploitation de ces pesticides, qui amplifient le taux de cancers».
 
Evoquant le cancer du sein, le plus répandu chez les femmes, le professeur a fait remarquer que celui-ci survient chez les Algériennes à un âge moyen de 50 ans, soit dix ans plus tôt que chez les Européennes. «En plus de sa précocité, le cancer du sein n’est généralement dépisté en Algérie que tardivement,  les cas décelés le sont à un stade avancé», a-t-il souligné.
 
En ce qui concerne le nouveau Plan de lutte contre le cancer 2020-2024, l’intervenant   a fait savoir que la proposition d'une feuille de route sur la stratégie d'avenir ne pourra être établie qu’après l’évaluation de ce qui a été fait dans ce domaine afin de combler les insuffisances. «30% des objectifs du plan actuel ont  été  réalisés,  30% sont  en voie d'achèvement, et le pourcentage dépendra des ressources financières», révèle le Pr Bouzid.
Sarah Benali Cherif 
  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions