mardi 29 septembre 2020 22:55:42

Nouvelles de Béchar, Agriculture : d’énormes potentialités à développer

L’ambition d’approvisionner en céréales toutes les wilayas du sud-ouest du pays

PUBLIE LE : 01-02-2020 | 23:00
D.R


La wilaya de Béchar a connu, au même titre que bien d’autres régions du pays, beaucoup de bouleversements ayant touché différents  secteurs socioéconomiques, durant ces deux dernières décennies. Plusieurs projets ont été réalisés (ou sont en cours de finalisation),  allant de l’habitat, à l’enseignement supérieur, à l’éducation et à la santé, en passant par la culture  et les infrastructures de base ; rien n’a été laissé au hasard.

L’agriculture, avec ses énormes potentialités, est pourtant un secteur qui se cherche encore. Avec un potentiel agricole déjà existant sur une superficie de plus de 1.384.000 hectares, la wilaya de Béchar ne compte qu’une superficie agricole utile de 30.000 ha environ en irrigué. En dépit de l’immensité de son territoire, de la limitation des espaces utiles et surtout des conditions climatiques défavorables, d’énormes efforts constants sont déployés par les services concernés pour le développement agricole, à travers les 21 communes de la wilaya (et dont, rappelons-le, la superficie totale équivaut à 162.000 km2). La mise en valeur des terres et l’extension des superficies irrigables ont constitué, en fait, dans le cadre du PNDA, de la mise en valeur par la concession (GRA) et de l’accession à la propriété par la mise en valeur des terres, l’essentiel des axes d’une impulsion que s’est assigné le secteur agricole de la wilaya de Béchar. Néanmoins, avec ses 20.000 agriculteurs agréés, 1.974 éleveurs et 22.000 hectares valorisés, cette région demeure encore dépendante, à hauteur de 80%, des wilayas du Nord, en matière d’approvisionnement en fruits et produits maraîchers. Une réalité que les citoyens (de la ville de Béchar, notamment) vivent très mal d’ailleurs. C’est alors que n’ont cessé d’être passés en revue, à l’occasion de toute rencontre inhérente à une analyse de ce secteur, aussi bien tous les efforts consentis pour son développement que les projets d’investissement agricoles dont il a bénéficié. À titre d’illustration et entre 2001 et 2005, le Comité technique de wilaya (CTW), l’organe délibérant qui approuve ou rejette les dossiers dans les formes légales portant sur des projets, a agréé 5.266 dossiers d’agriculteurs éligibles au soutien de l’État, alors que les crédits dégagés dans le cadre du FNDRA étaient de l’ordre de 3.930.000.000 dinars, presque entièrement consommés par la réalisation de 4.802 hectares de palmiers-dattiers, de 1.735 puits agricoles, 355 forages, 1.944 bassins et une chambre froide de 900 m3.

L’ambition d’approvisionner en céréales toutes les wilayas du sud-ouest du pays

Autant d’efforts et de potentialités qui n’ont d’ailleurs point cessé d’être promus et dont on pourrait encore en citer certains, non moins importants, à l’exemple d’un pôle d’industries agroalimentaires, dont sera dotée la wilaya de Béchar, dans les trois prochaines années et à la faveur des investissements publics et privés.
 Outre le nombre d’emplois que ce pôle pourra générer, il permettra de garantir une sécurité alimentaire, tout en contribuant au développement de l’agriculture dans la région. Il s’agit en fait d’un complexe frigorifique d’une capacité de stockage de 10.000 m3, sur une superficie de 30.000 m2 et pour un investissement public de 563 millions de dinars, et qui répondra  aux standards nationaux et internationaux en matière de stockage de différents produits agricoles ( 7 à 8 tonnes ). 736 millions de dinars ont aussi été investis pour la réalisation d’un complexe de 10 silos de céréales (orge, et blé dur et tendre), sur une superficie d’une vingtaine d’hectares, qui permettra d’approvisionner en céréales , les wilayas du sud-ouest du pays.
L’oléiculture a également bénéficié d’une extension de sa superficie de 300 hectares, portant ainsi sa superficie totale à 2.600 ha, alors que l’aquaculture, atout important pour l’économie de la wilaya, a connu un essor non moins important, grâce aux potentialités dans ce domaine et par le biais des pôles hydriques de la région, à l’exemple du barrage de Djorf Torba, de plusieurs retenues collinaires et de la zone humide de Dayet Ettiour. Plusieurs opérations d’ensemencement de larves de Tilapia, de carpes blanches ont été entreprises en ce sens, car l’aquaculture est entrevue comme une nouvelle source de revenu pour les agriculteurs de la région. L’aviculture a connu, elle aussi, un essor non négligeable depuis des années, avec une production de 90.000 poulets de chair, enregistrée tous les deux mois, chez les aviculteurs de la région. L’apiculture, avec ses 700 ruches, réparties à travers plusieurs exploitations agricoles, atteint une production annuelle de 10 tonnes de miel.
 Dans le cadre du Fonds de développement de l’oléiculture, une subvention de 4 millions de dinars a été attribuée à deux oléiculteurs pour la création d’une huilerie, avec une production de 4.000 hectolitres, pour l’année 2015 et grâce aux 600.000 oliviers plantés dans différents périmètres agricoles des 21 communes de la wilaya. La phoeniculture, qui a déjà permis d’obtenir 320.000 quintaux de dattes en 2014, connaîtra aussi de nouveaux investissements privés, pour la création de petites et moyennes unités, pour la mise en boîte de ce produit, ainsi que sa transformation en produits dérivés (ROB, confiture de ce fruit, qui, pour l’instant, en est encore au stade artisanal).

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CNAS 
DÉCLARATION  OBLIGATOIRE DES  TRAVAILLEURS ÉTRANGERS

Hormis les ressortissants de Tunisie, de Cuba et de la Palestine, dispensés d’une déclaration de travail auprès de la Caisse nationale d’assurance sociale, conformément à des conventions qui régissent les relations de travail entre l’Algérie et des trois pays, tous les autres travailleurs étrangers doivent impérativement être déclarés par les entreprises qui les emploient, toutes filières d’activités confondues, sous peine de sanction prévue par réglementation relative à l’affiliation à la Sécurité sociale. C’est d’ailleurs dans ce sens qu’une inspection de ces services vient d’être menée à travers les entreprises de la wilaya de Béchar, afin d’exiger l’introduction de dossiers d’immatriculation et d’affiliation auprès de la CNAS et concernant tous les travailleurs étrangers, exerçant sans permis de travail, lorsque l’on sait que leur nombre ne fait qu’augmenter, compte tenu de la demande de cette main-d’œuvre, moins coûteuse que d’autres, à l’exemple des ressortissants maliens. Si cette sortie auprès des 250 entreprises que compte la wilaya  n’aura pas permis de déterminer leur nombre exact, il n’en demeure pas moins qu’elle évitera aux concernées de se voir exposer à des sanctions prévues par la loi relative à l’affiliation à la Sécurité sociale.

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Agroalimentaire
L’autre secteur porteur

L’agroalimentaire, c’est aussi, et dans le cadre du plan quinquennal 2015-2019, le lancement des travaux et de l’équipement d’une unité de fabrication d’aliments de bétails et un centre d’insémination artificiel, pour un coût de plus de 233 millions de dinars, ainsi que le projet de réalisation et d’équipement d’un pôle de recherche et de développement agricoles.  Des investissements qui permettraient  indubitablement de donner une dynamique à l’avènement de ce pôle industriel, aux côtés du complexe laitier (privé) d’une capacité de 770.000 litres/jour, qui est venu ainsi renforcer la production locale de ce produit de première nécessité, tout en générant quelque 100 emplois directs et 4.000 autres indirects. Autant de projets, à l’instar de l’opération de rénovation des équipements de la minoterie de Béchar, dont la capacité de production est estimée à 2.000 quintaux/jour de farine et de semoule, alors qu’un investissement global de 1,35 milliard DA a été destiné à la modernisation et à la rénovation des équipements des cinq minoteries du groupe public ERIAD.
Ce sont-là, effectivement, des potentialités agricoles qui pourraient redynamiser le secteur de l’agriculture dans la wilaya de Béchar. Mais, selon plusieurs observateurs, ce serait compter sans le périmètre d’Abadla, qui, il y a quelques années, était destiné à être un véritable poumon agricole de la région, alimenté en eau à partir du barrage de Djorf Torba, fierté, à l’époque, de toute la vallée de la Saoura (ou du Guir).  Cette plaine, promise dans les années 1970 pour devenir une Mitidja au cœur du Sahara, devait être un pôle régional de développement.  Aujourd’hui, cette plaine, qui s’étale le long de l’oued Guir entre 2 et 4 km de large et s’évasant en la partie sud de la vallée sur 8 km quand même a repris le dessus, sur une partie du périmètre irrigué : 3.000 hectares sur les 5.400 initiaux sont en déshérence. 800 millions de dinars ont déjà été investis au cours de la décennie écoulée, sans toutefois améliorer ces conditions.
 Il aura fallu attendre bien plus tard pour que soient entrepris une réhabilitation et un aménagement du périmètre agricole d’Abadla, dont la première phase  a été consacrée au diagnostic des réseaux d’irrigation, du drainage, des pieds et des brise-vents, une opération qui devra toucher 4.663 hectares.

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D’importants efforts en matière d’irrigation

En attendant, aucune activité agricole productive n’est entreprise  dans ce périmètre, mis à part celle de la pastèque et du melon, en dépit des investissements colossaux injectés aussi bien pour sa mise en valeur que pour sa réhabilitation.
La plaine d’Abadla devrait parvenir à garantir une autosuffisance alimentaire de la wilaya, grâce aux 1.591 agriculteurs qui y activent. Une contrainte et non des moins importantes,  qui entrave pour le moment l’agriculture dans la région. Si le problème de l’irrigation des sites agricoles ne semble toutefois plus poser d’énormes entraves à l’agriculture, grâce aux efforts consentis dans ce domaine, par le biais de la réalisation de plusieurs retenues collinaires, à l’exemple du périmètre de mise en valeur de Laouina (Taghit), qui s’étend sur une superficie de 300 ha, extensibles jusqu’à 30.000 autres hectares et qui connaît actuellement la réalisation d’une retenue collinaire d’une capacité de plus de 3 millions de m3, provenant des eaux de l’oued Zouzfana, il n’en demeure pas moins que d’autres contraintes sont venues se greffer, au rythme du temps, aux obstacles déjà enregistrés dans ce domaine.
Les efforts déployés pour une redynamisation de l’agriculture, dans la région, restent certes constants et non négligeables, mais il ne va pas sans dire que, compte tenu des énormes potentialités existantes et des crédits considérables alloués à ce secteur, les productions (comme les céréales, par exemple) restent bien en deçà des besoins et des attentes. La valorisation du secteur de l’agriculture, à travers la wilaya de Béchar, est aujourd’hui bien plus qu’indispensable, pour un impact plus positif sur le développement économique.
Une attention particulière devrait lui être accordée, comme c’est d’ailleurs le cas pour celui du tourisme, tous deux étant les vocations indissociables de la Saoura. 

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7 ANS DE PRISON POUR L’AGRESSEUR D’UNE TRAPÉZISTE

Faisant suite à une plainte déposée par une trapéziste colombienne du cirque «Amar Florilégio» (actuellement en tournée à Béchar), pour agression et vol et soutenu d’un certificat médical attestant une incapacité de travail de 21 jours, les éléments de la police judiciaire de la 3e sûreté urbaine auront immédiatement entrepris des recherches, qui se seront soldées par l’arrestation du suspect, ainsi que la récupération des objets volés, retrouvés dans son domicile, suite à une perquisition ordonnée par le procureur de la République près le tribunal de Béchar. La saisie des objets dérobés (un sac à main et un appareil photo) aura également permis de mettre la main sur 5,9 kg de kif traité, ainsi que des armes blanches prohibées. Au cours de l’enquête menée par les services de la PJ, il s’avèrera que ce repris de justice, âgé de 20 ans, aura également été reconnu, selon les signalements fournis par d’autres victimes, comme étant l’auteur de plusieurs vols et d’une violation de domicile. Présenté devant le procureur de la République près le tribunal de Béchar en comparution directe, cet agresseur a été condamné à une peine de 5 années de prison ferme assortie d’une amende de 50 millions de centimes pour l’agression et le vol commis contre la trapéziste colombienne, ainsi qu’une peine de 6 mois de prison ferme et d’une amende de 2 millions de centimes pour détention de drogue et une peine équivalente pour violation de domicile.

 

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