jeudi 01 octobre 2020 23:50:12

Conjoncture : L’heure des bilans

Le ministre du Commerce vient de faire part d’une perspective d’évaluation et de révision des conventions et accords commerciaux notamment ceux signés par l’Algérie avec ses partenaires de l’Union européenne et de la région arabe dans le cadre du libre-échange.

PUBLIE LE : 26-01-2020 | 23:00
D.R

Le ministre du Commerce vient de faire part d’une perspective d’évaluation et de révision des conventions et accords commerciaux notamment ceux signés par l’Algérie avec ses partenaires de l’Union européenne et de la région arabe dans le cadre du libre-échange. L’initiative concernera également les accords bilatéraux ou multilatéraux paraphés par notre pays et qui n’ont pas encore été mis en œuvre.  Une démarche initiée sur instruction du Premier ministre et qui devra faire l’objet d’un rapport d’évaluation détaillé sur le dossier devant être transmis aux services du Premier ministère dans un délai d’un mois. M. Kamel Rezig a évoqué, pour la circonstance, la possibilité de suspendre les accords qui compromettent les intérêts économiques de l’Algérie. Cette révision, qui se fera sur la base d’une évaluation de l’incidence économique et commerciale sur notre pays, permettra de guider les experts vers les conclusions qui permettent de fixer les décideurs sur l’action à entreprendre pour sauvegarder les intérêts de l’Algérie. En fait, en l’absence de bilans, ce sont les indicateurs des échanges commerciaux  de l’Algérie avec ses partenaires de l’UE et de la GZALE  émanant des services des douanes qui servent de référence pour évaluer l’impact de ces accords qui, affirment les spécialistes, n’ont pas produit les effets escomptés en termes d’avantages pour l’économie nationale. Bien au contraire, l’accord d’association aura permis aux entreprises européennes d’exporter davantage vers l’Algérie, avec comme conséquence un important manque à gagner en matière de recettes douanières. Par conséquent, la nécessité de revoir l’Accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne est indiscutable de même que la révision de l’accord avec les pays arabes au titre de la Gzale est indispensable. En fait, les débats sur ces accords ne sont pas nés de la conjoncture actuelle, bien au contraire, des voix se sont élevées au cours des dernières années pour revendiquer des éclairages quant à la finalité et l’opportunité de ces accords pour l’économie algérienne. Il est clair que la conclusion de l’Accord d’association avec l’Union européenne n’a fait que consolider et privilégier la position commerciale des pays de l’espace Euro au détriment des intérêts économiques de l’Algérie. Un flagrant déséquilibre qui traduit les asymétries d’un tel accord en termes d’avantages, et qui suscite des appréhensions sur ses retombées avec la mise en œuvre, en septembre prochain, de la zone de libre-échange avec la communauté européenne en matière de démantèlement tarifaire qui sera total. Aussi, si la tendance à l’approfondissement du déficit de la balance commerciale, hors hydrocarbures de l’Algérie avec l’UE, a pris un rythme ascendant depuis l’entrée en vigueur de l’accord le 1er septembre 2005, il faut s’attendre au creusement de ce résultat dans les prochaines années. La réalité est que les objectifs de cet accord se sont matérialisés dans le domaine commercial, sans qu’ils s’élargissent aux autres secteurs par rapport aux attentes et défis retenus au sein de cet accord en ce qui concerne la partie algérienne. Par conséquent, l’opportunité de l’évaluation de l’ensemble des accords commerciaux de l’Algérie devrait donner l’occasion pour les autorités de se repositionner par rapport à ces derniers, et de reconsidérer le contexte de la coopération économique du pays de manière à pouvoir préserver ses intérêts.
            D. Akila
 

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