mardi 18 fvrier 2020 00:08:15

L’état déterminé à mettre fin aux pratiques illicites : La mafia du commerce dans le viseur

Le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a annoncé, hier, qu'il est en train de préparer une mouture du programme d’action de son département, afin de la présenter au Conseil des ministres.

PUBLIE LE : 26-01-2020 | 0:00
D.R

Le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a annoncé, hier, qu'il est en train de préparer une mouture du programme d’action de son département, afin de la présenter au Conseil des ministres.

Il a indiqué que les rencontres organisées par le ministère du Commerce avec les partenaires sociaux avaient pour objectif de débattre cette mouture, qui sera présentée au Parlement, après approbation du Conseil des ministres. Le ministre a fait savoir qu'il avait entamé les débats avec les partenaires de son secteur, dès sa nomination à la tête du ministère, prônant ainsi la concertation avec l’ensemble des intervenants. Il fera savoir, dans ce contexte, qu’il compte se faire accompagner, désormais, dans toutes ses sorties sur le terrain, par un représentant des commerçants et un autre de l’Association de protection du consommateur.
«Nous avons pris cette initiative après avoir rencontré les responsables de l'Association de protection du consommateur, de l'Union générale des commerçants et de l'Association nationale des commerçants, partant du constat qu’il fallait ouvrir une nouvelle page au ministère du Commerce. Nous sommes convaincus que pour venir à bout des pratiques commerciales malsaines, il faut la conjugaison des efforts de tous les cadres du ministère», a souligné le ministre, qui s'est engagé «à barrer la route à cette bande qui a gangrené le secteur». «L’heure de sévir est venue», a-t-il martelé.
Le ministre s’en est pris violemment à ceux «qui se taisent et ne trouvent aucune explication à une situation où le citoyen ne trouve pas le sachet de lait, alors que l’État importe 14.000 tonnes de poudre», avant de prévenir qu’une lutte sans merci sera menée contre ce qui est désormais connu sous le nom de «Issaba». Promettant que cette lutte s’étendra, après le problème de distribution du lait, à tous les segments du commerce, il a indiqué avoir prié les cadres de son secteur, soit de s’inscrire résolument dans cette démarche, soit de «descendre du train, déjà en marche».

«L’État n’importera que ce dont il a besoin.»  

« Celui qui veut me soutenir dans ma démarche, qu'il se tienne à mes côtés, mais celui qui a peur de la cette mafia, je lui conseille de quitter le train», a-t-il prévenu. M. Rezig a en outre estimé que «le secteur du Commerce a entamé une nouvelle voie dans un nouveau train», et a déclaré que «le train ne s'arrêtera qu'après l'élimination de tous les relais tentaculaires de la mafia, qui s'est installée dans le secteur».
Le ministre du Commerce a promis : «Je jure devant Dieu qu'à partir d'aujourd'hui, je m’engage à mettre fin aux pratiques des gros bonnets de la mafia.»
Le ministre du Commerce a également souligné que, dorénavant, «l'État algérien n'importera que ce dont il a besoin». «Lorsque nous interdisons des produits, cela ne signifie pas d’exercer le monopole sur cette importation. Nous mettons en place un cahier des charges, et nous fixons les conditions de production de matériaux que l'Algérie n'importera plus», a-t-il ajouté, lors de la conférence de presse animée en marge de la rencontre nationale des cadres du ministère. Il a souligné le fait que «l'une des conditions pour la production de produits interdits à l'importation est que le prix ne change pas, que la quantité reste constante et qu'elle soit de grande qualité, qui satisfasse le citoyen».
Le ministre a précisé que dans le cas où les investisseurs qui souhaitent participer à cette expérience ne respectent pas les conditions, leurs produits seront annulés, tout en étant obligé d’indemniser l'État pour avoir profité des avantages. Le ministre a indiqué que le gouvernement précédent importait au-dessus des besoins, et que «pour cette raison, le gouvernement actuel envisage de réduire la facture d'importation et de doubler les exportations en améliorant le produit local». Il a également souligné que la liste des produits importés sera actualisée chaque année, en termes de quantité et de qualité, soulignant : «Notre mission est de préserver et de défendre le produit national, et ce qui me préoccupe le plus, c'est la protection des consommateurs.»

«Ramadhan redeviendra  le mois de piété.»

À une question sur l’importation des voitures de moins de trois ans, M. Rezig a déclaré : «Nous ne voulons pas que l'Algérie soit une décharge pour les voitures d'occasion étrangères. Il est vrai que la loi de finances pour 2020 prévoyait un décret réglementaire précisant la méthode, les conditions et les modalités d'importation des voitures de moins de 3 ans, mais nous voulons prendre notre temps sur cette question.»
Il a précisé que les modalités de ce décret définissant la méthode de contrôle de la conformité des voitures d'occasion qui seront importées seront dévoilées prochainement.
Par ailleurs, les spéculateurs qui profitent du mois béni de Ramadhan pour augmenter leurs dividendes et avoir plus de gains faciles sont aussi dans le viseur du ministre.
En effet, comme il le précise, «ce sont des dérives gravissimes qui, si par le passé, n’ont pas fait l’objet d’une lutte endurcie de la part des autorités, à l’avenir, seront sévèrement réprimées».
Dès cette année, «nous ne ménagerons aucun effort pour faire de Ramadhan, un mois de piété et de tolérance, et non une occasion de saigner les ménages», a aussi souligné le ministre, qui a instruit, à l’occasion, les différents responsables relevant de son secteur d’assumer pleinement les responsabilités, et que c’est de leur devoir d’agir de la sorte, et non pas une faveur offerte au citoyen.
Salima Ettouahria


 

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