vendredi 28 fvrier 2020 11:33:59

Réunion des pays voisins de la Libye : Rejet des ingérences et appel au dialogue

Appel à s’inscrire dans le processus de dialogue politique

PUBLIE LE : 23-01-2020 | 11:10
D.R
Réunis à Alger, après une parenthèse de plus d’une année, les six pays voisins de la Libye (Algérie, Tunisie, Niger, Tchad  Égypte et Soudan), auxquels s’est joint le Mali, ont réaffirmé, jeudi, l’urgence de mettre un terme au conflit qui ronge  ce pays depuis 2011.
 
«Nous devons intensifier nos efforts pour aller vers une solution politique»,  a indiqué M. Boukadoum, à l’ouverture des travaux.
 
«Les pays voisins peuvent jouer un rôle pour rapprocher les points de vue» des Libyens estimera-t-il encore, d’autant que ce cadre de concertation qu’est la réunion des pays voisins, se positionne «loin des agendas et des différentes interférences». 
La réunion à laquelle a pris part aussi le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas, venu «informer» les représentants de ces pays sur les résultats de la Conférence internationale sur la Libye, organisée à Berlin le 19 janvier, s’est fixée comme objectif de soutenir «la paix entre les Libyens, avant toute chose, ni plus ni moins» comme a tenu à le préciser le chef de la diplomatie algérienne.   
Cette réunion a été sanctionnée par un communiqué final dans lequel a été souligné la nécessité de contenir la crise qui impacte la région et d’œuvrer à son règlement en encourageant les parties libyennes à s’inscrire dans le processus de dialogue politique sous les auspices de l’ONU et de l’Union africaine. Les participants ont également réitéré leur rejet de toute ingérence étrangère dans ce conflit. 
Les ministres ont insisté sur la nécessité pour toutes les parties libyennes de rester engagées dans le maintien du cessez le feu. Les pays voisins de la Libye ont également souligné l’importance de parler d’une seule voix pour se faire entendre.  «Nous devons exprimer notre avis à toutes les parties, comme ce fut le cas lors de la conférence de Berlin où l’accent a été mis sur la nécessité de prendre en compte l’opinion des pays voisins», a affirmé, M. Boukadoum lors d’une conférence de presse animée à l’issue des travaux qui se sont déroulés à huis clos. Pour les pays voisins de la Libye la participation de l’Union africaine (UA) dans la recherche d’un règlement à la crise est essentielle. 
Pour autant sera-t-il souligné, les pays voisins ne sont en concurrence avec personne. «Cette réunion n’est pas un mécanisme mais plutôt une réunion de concertation et de coordination pour faire entendre la voix des pays voisins dans les fora internationaux » a tenu  à préciser M. Boukadoum dans son intervention d’ouverture des travaux de cette réunion. Le chef de la diplomatie algérienne a également estimé que «les engagements convenus à la conférence de Berlin devraient contribuer à mettre un terme à la crise qui secoue la Libye depuis des années». il rappellera aussi que la participation de l’Algérie à cette conférence «est en accord avec ses positions constantes appelant sans cesse les parties les parties libyennes en conflit à privilégier la solution pacifique à la crise loin de toute ingérence étrangère». Cette réunion sera aussi l’occasion de réitérer l’offre de l’Algérie d’abriter le dialogue interlibyen. «Un dialogue loin de tout diktat et de toute interférence étrangère» a néanmoins tenu à préciser M. Boukadoum. Il dira également être confiant «en la capacité des libyens à dépasser leurs différends par la voie du dialogue et de la réconciliation nationale et à parvenir à un règlement politique à même de sortir le pays de sa crise et de permettre au peuple libyen de construire un Etat démocratique capable d’asseoir sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire». Cet optimisme se justifie selon le chef de la diplomatie algérienne par le fait que « les parties libyennes ont accueilli favorablement la proposition de l’Algérie d’abriter les rounds du dialogue interlibyen à l’avenir». M. Boukadoum rappellera que l’Algérie demeure attachée «à la nécessité d’encourager les parties libyennes à régler pacifiquement leur crise». Il saluera par ailleurs les «efforts de l’émissaire de l’ONU en Libye, M. Ghassan Salamé en faveur du règlement de la crise et du rétablissement de la stabilité de la Libye. il y a lieu d’indiquer qu’outre le ministre des affaires étrangères, Sabri Boukadoum, ont pris part à cette réunion, les ministres des affaires étrangères de la Tunisie, Sabri Bachtobji( par intérim), de l’Egypte Sameh Choukri et du Tchad Chérif Mahamat Zene. le Mali était représenté par son ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale Tiébélé Dramé. Ceux du Niger et du Soudan n’ont pas pu faire le déplacement à Alger. Ces deux pays ont délégués des représentants des ministères des Affaires étrangères. Le secrétaire d’Etat chargé de la communauté nationale et des compétences à l’étranger, Rachid Bladehane.
Nadia Kerraz
La réunion d’Alger couronnée par un communiqué final
Appel à s’inscrire dans le processus de dialogue politique
 
Les ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye ont exhorté, jeudi, à Alger, les belligérants libyens à s’inscrire dans le processus de dialogue politique, sous les auspices des Nations unies, avec le concours de l’Union africaine (UA) et des pays voisins de la Libye, en vue de parvenir à un règlement global de la crise loin de toute ingérence étrangère. Lors d'une réunion consultative des ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye, tenue à l'initiative du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, les chefs de la diplomatie "ont exprimé leur profonde préoccupation vis-à-vis de la gravité de la situation que traverse la Libye et son impact négatif sur la sécurité et la stabilité des pays voisins, en soulignant leur totale solidarité avec le peuple libyen", indique un communiqué de presse à l'issue de la réunion.
A cette occasion, ils ont appelé à la préservation de la sécurité en Libye, son indépendance et son intégrité territoriale, ainsi qu’au rejet des interventions étrangères qui ne font que perdurer la crise et la rendre plus complexe.
A ce titre, les ministres ont insisté "sur la nécessité pour toutes les parties libyennes à rester engagées dans le maintien du cessez-le-feu, exprimant leur espoir que les frères libyens s’engagent dans un règlement pacifique de la crise libyenne, loin de toute solution militaire et d’intervention étrangère, y compris les milices et les mercenaires, pour favoriser l’organisation des élections transparentes qui répondent aux aspirations du peuple libyen et préserve l’indépendance de la Libye, son unité et sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire".
Ils ont, en outre, insisté sur leur "rejet catégorique du terrorisme, de la violence, quelque soit sa forme ou sa source", appelant "les frères libyens à revenir au processus politique, sous l’égide des Nations unies, dans le cadre de l’Accord politique libyen et des résolutions du Conseil de sécurité y afférentes", réaffirmant leur "soutien aux efforts et aux initiatives visant à trouver une solution à la crise libyenne ainsi qu’aux résultats de la Conférence de Berlin qui a consacré le rôle pivot de l’Envoyé personnel du Secrétaire Général des Nations unies, GhassanSalamé, dans le processus politique et la réconciliation nationale en Libye, en y associant les pays voisins de la Libye et l'UA".
A cet égard, les hauts responsables ont souligné l’importance de la sécurité des frontières de leurs pays avec la Libye et la nécessité de la coordination et de la coopération en vue de faire face à tous les risques qui menacent la sécurité et la stabilité de la Libye et de tous les pays de la région ainsi que ceux du Sahel.
Les ministres des Affaires étrangères ont, dans leur communiqué, rendu hommage aux efforts déployés par l’Algérie au cours de la période précédant la Conférence de Berlin et qui se sont traduits par les visites de plusieurs délégations de Haut niveau parmi lesquelles les représentants des parties dans la crise libyenne.
Ils ont également salué l’annonce par l’Algérie, au cours de la Conférence de Berlin, de sa disposition à abriter des rencontres entre les frères libyens en vue de rapprocher les vues et de les appeler à revenir à la table des négociations et au dialogue, afin de mettre un terme à la crise libyenne et de préserver l’unité de peuple libyen et sa souveraineté. Ils ont décidé, lors de cette réunion, de continuer à se concerter, chaque fois que nécessaire, pour faire connaitre la position des pays voisins de la Libye à la communauté internationale.
Enfin, les ministres et les chefs de délégation ont exprimé "leurs remerciements et leur appréciation à l’Algérie pour avoir pris l’initiative d’abriter cette réunion des pays voisins de la Libye".
Les ministres des Affaires étrangères et les chefs de délégation ont exprimé, également, "leurs remerciements et leur gratitude au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour avoir bien voulu accorder une audience aux participants ainsi que pour sa vision et ses éclaircissements sur les développements qu’a connu la crise libyenne et l’importance du rôle des pays voisins dans son règlement", conclut le communiqué.
La réunion consultative des pays voisins de la Libye, tenue jeudi à Alger, a permis de débattre de la grave situation en Libye et ses implications sur les pays voisins. Elle a débattu également les voies et moyens à même d’apporter un soutien au processus de sortie de crise en Libye.
Les pays limitrophes face à la crise libyenne 
Profonde inquiétude 
 
Les ministres des affaires étrangères des pays voisins de la Libye ou leurs représentants et le ministre malien des affaires étrangères et de la coopération internationale, ont exprimé jeudi leurs profondes préoccupations et inquiétudes  face à la gravité de la situation en Libye et des conséquences qui découlent de la poursuite du conflit armé dans ce pays. «Le sahel est en ébullition à cause de la crise libyenne» a souligné, M. Cherif Mahamat Zene, le ministre tchadien des affaires étrangères qui a appelé les parties libyennes à faire preuve de sagesse et de souplesse pour dégager un consensus sur une sortie de crise . De son côté, son homologue malien, Tiébélé Dramé,    invité à prendre part à la réunion au vu  justement des retombées de la crise libyenne sur son pays, a fait une intervention remarquée. Le chef de la diplomatie malienne ne manquera pas de dire que si son pays «n’a pas de frontières avec la Libye, il n’en reste pas moins vrai qu’il «est la principale victime de la crise libyenne depuis 2011». Il rappellera aux présents que 2/3 du Mali ont été occupés par des organisations terroristes et que  ces territoires ont été libérés grâce à une solidarité africaine et internationale. Mais dira-t-il «le Mali reste toujours confronté aux conséquences de la crise libyenne. Les organisations terroristes  succursales de Daech continuent de sévir. Elles continuent de semer la mort et la désolation au Mali et dans le reste du sahel» a-t-il indiqué. «Nous continuons de souffrir de la guerre en Libye. C’est la raison pour laquelle nous interpelons fortement tous ceux qui attisent le conflit libyen. Tous ceux qui pour des raisons qui leur sont propres continuent à entretenir l’instabilité dans ce pays doivent savoir que d’autres peuples dans la région font les frais» de ce conflit. C’est pourquoi estimera-t-il, il est important que «La voix de l’Afrique, des pays voisins et des victimes de la crise libyenne  soit entendue». selon lui, il est aussi important que «l’on ait pris la mesure de la gravité de la crise libyenne». Il en appellera aussi  à la responsabilité de la communauté internationale, car indiquera-t-il.
«Ce sont des dizaines et de dizaines d’enfants et de femmes qui sont tués au sahel, victimes de la crise libyenne». Son homologue tchadien Mahamat Zene  abondera dans le même sens en rappelant que «qu’en dehors des libyens, ceux qui souffrent le plus de la crise libyenne,  sont les pays voisins et le Mali». il soulignera aussi que la plupart des armes  Libyennes circulent dans le sahel ce qui   a facilité l’installation des groupes terroristes dans cette région , qui connait  une autre crise même si elle n’est pas de la dimension libyenne». le Tchad partage par ailleurs le point de vue des autres participants, estimant nécessaire de «Mettre un terme à toutes les ingérences étrangères d’où qu’elles viennent». selon son chef de la diplomatie «Le problème de la Libye ce n’est pas les libyens c‘est les ingérences étrangères» et d’ajouter que «Tant que ces agendas persistent on risque d’assister à une aggravation de la situation» Et d’estimer que «Seul un dialogue inclusif permettra de créer les conditions propices» pour une sortie de crise. Pour le ministre égyptien des affaires étrangères Sameh Choukri «l’absence d’une volonté politique des pays acteurs dans le conflit a contribué à accentuer la complexification du conflit». son homologue tunisien rappelera que les pays voisins sont les premiers concernés par ce qui se passe en Libye. «Nos frontières sont menacées et nos économies pâtissent de la poursuite de cette crise» a-t-il indiqué .c’est pourquoi selon lui, il est nécessaire de consolider la trêve et de la transformer en un cessez le feu». La Tunisie par la voix de son représentant à Alger réitérera son refus de la solution politique et des ingérences étrangères .elle en appellera aussi à la sagesse des Libyens, les invitant à revenir à un dialogue sous l’égide de l’ONU. Si les Libyens sont animés par une volonté sincère ils peuvent dépasser cette crise a-t-il estimé encore.
N. K.
 
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