vendredi 28 fvrier 2020 11:13:47

M. Abdelmadjid Chikhi, DG des Archives nationales : «Accompagner les chercheurs»

Le directeur général des Archives nationales, Abdelmadjid Chikhi a affirmé hier à Alger que l’accès aux documents est conditionné et estime qu’avec le contexte sociopolitique actuel, les archives ne peuvent être accessibles en intégralité.

PUBLIE LE : 20-01-2020 | 0:00
Ph. .: A. Asselah

Le directeur général des Archives nationales, Abdelmadjid Chikhi a affirmé hier à Alger que l’accès aux documents est conditionné et estime qu’avec le contexte sociopolitique actuel, les archives ne peuvent être accessibles en intégralité.
«Le risque dans la mise en accessibilité des archives réside parfois dans le fait du déplacement des débats du simple cadre de recherche scientifique vers la sphère médiatique», a expliqué M. Abdelmadjid Chikhi, lors du 2e colloque national sur la procédure de communication des archives entre textes et applications.
Cette «exploitation détournée» des archives et autres documents historiques peut «saper l’harmonie sociale» du fait que le public profane ignore le plus souvent les contextes liés aux faits historiques et les procédures de recherche, citant à ce sujet les débats qui ont marqué l’actualité politique et jugeant «inadmissible» les accusations de traitrise des figures de la Révolution.
Le DG lance un appel aux chercheurs et historiens tout insistant sur l’impératif d’objectivité » et le respect de l’éthique. Il indiquera que son institution offre toutes les facilitations pour les chercheurs et les académiciens dans le cadre du respect de la loi et conformément aux lois et règlements.
«Le rôle de cette institution est d’accompagner les chercheurs dans l’objectif de les aider à réaliser leurs recherches en leur facilitant l’accès aux documents», a-t-il précisé.
Cependant, dans certaines circonstances, les documents d’archives peuvent susciter des débats qui parfois seront des facteurs pour «secouer la sérénité de la société». Évoquant la question de l’ouverture et la récupération des archives nationales détenues par la France, Chikhi regrette le manque de «sérieux» de la France officielle. «L’Algérie ne ménagera aucun effort pour récupérer ses archives. C’est le droit du peuple algérien», a-t-il insisté non sans affirmer le rôle joué par l’Algérie et son lobbying au sein de Conseil international des archives pour renforcer la position des pays qui demandent la récupération de leur patrimoine. «Grâce aux efforts de l’Algérie, le concept des archives déplacées a été introduit dans la nomenclature du Conseil», a-t-il ajouté. Plusieurs panels ont été organisés pour débattre les problématiques liés au cadre juridique de l’exploitation des archives, à la typologie, à la gestion, la conservation, la valorisation et la restauration des documents de valeur historique.
Le responsable à la direction générale des Archives, Mohamed Abassi rappelle que l’accès aux archives est un «droit garanti» par la Constitution en vertu de l’article 51 qui stipule que «l'obtention des informations, documents, statistiques et leur circulation sont garanties au citoyen». Il découle de son intervention axée sur la lecture des textes juridiques réglementant l’acquisition, le traitement et les communications des fonds documentaires que les archives et autres documents des institutions de l’Etat n’appartiennent pas à telle ou telle institution ou service administratif qui les a produits mais à la nation. Pour Djawhara Malek, responsable au sein de cette institution, plusieurs difficultés se posent pour la gestion et la sauvegarde des archives, notamment à cause des retards liés à l’opération de numérisation des fonds documentaires et au manque d’archivistes expérimentés. Djawhara Malek a indiqué que les demandes de consultation des documents historiques liées à la période post-indépendance ont enregistré ces dernières années une hausse significative.
Insistant sur l’importance du rôle des archivistes dans la conservation, le classement, la préservation, l’indexation et la numérisation des archives afin de permettre aux citoyens d’y accéder, la chercheuse Ourida Kater a déploré l’absence d’un réseau numérique reliant les différents institutions de l’Etat, des communes et autres établissements publics pouvant faciliter l’accès aux archives afin de mieux orienter les chercheurs.                                     
Tahar Kaidi

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