jeudi 04 juin 2020 22:39:51

Vernissage de l’exposition de Houria Menaâ à la galerie d’arts de l’Opéra d’Alger : Dans les tréfonds de l’émotion

Riches en formes et en couleurs, les œuvres de Houria Menaâ, qui illustrent la galerie d’art de l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh et dont le vernissage a eu lieu dans l’après-midi de mardi dernier, pétillent de couleurs harmonieuses qui charment le regard.

PUBLIE LE : 16-01-2020 | 0:00
Ph. Nacéra

Riches en formes et en couleurs, les œuvres de Houria Menaâ, qui illustrent la galerie d’art de l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh et dont le vernissage a eu lieu dans l’après-midi de mardi dernier,  pétillent de couleurs harmonieuses qui charment le regard.

Pas moins de 44 œuvres d’arts, signées Houria Menaa ,sont exposés à la galerie d’arts de l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh. «Voyage à travers la couleur et l’émotion», tel est le thème choisi pour cette exposition initiée par la direction de l’Opéra d’Alger. Le rouge, le vert, le jaune, et le bleu en dominance, ces quatre nuances suffisent pour décliner toutes les teintes possibles. Les couleurs, voilà ce qui   frappe d’emblée lorsque l’on découvre l’ensemble des œuvres de Houria Menaa. Le regard est tout de suite attiré par les teintes vives ou insolites. Celles d'un fleuve, d'une fleur rare, de costumes traditionnels, d'un accessoire courant... Fraîche, radieuse et lumineuse, les compositions de la collection de la plasticienne Houria Menaa sont éblouissantes, pleine de luminosité.
Riches en nuances qui se combinent gaîment et plaisamment pour former une sorte de sarabande colorée à souhait. Variant entre le figuratif et le semi-figuratif, tout en utilisant de multiples techniques, l’artiste offre aux amoureux de l’art plastique une panoplie de tableaux mettant en valeur la richesse du patrimoine national, des paysages, à la mer en passant par  l’habit traditionnel. La plasticienne semble avoir comme privilège tout ce qui a trait à la danse, à la nouba et aux femmes. À travers ses tableaux, «musiciens», «foule», «fantasia», «oasis», «retour d’une visite», «portrait de femme», «la femme au miroir», «féminin-pluriel», elle dessine généreusement les femmes du sud du pays, avec leurs riches costumes et bijoux traditionnels ainsi que le style de vie, témoignent de cet engouement.
Le tableau des «targuis» raconte à lui seul les us et coutumes de cette région si prisée par l’artiste, apparemment très intéressée par le quotidien de ces populations. En outre, les paysages de Houria Menaa sont magnifiques, la nature prend des allures raffinées sous son habile pinceau. Ses monts et vallons boisés rappellent certains paysages que l’on apprécie particulièrement. Par sa palette flamboyante, elle octroie une forte intensité aux arbres, aux fleurs et aux feuillages, des œuvres envahies par des tons chauds orangés, dorés et marrons des feuilles abondantes rappellent l’automne, une saison que l’on aime, qu’elle exprime à travers les tableaux qu’elle a baptisé «nature morte», «au milieu du gué», «jardin d’Eden», «bouquet de lilas», «vase de cristal», «vase bleu», «champs de Marguerittes» ou «printemps» et «bouquet sauvage».
Ces petits bateaux aux tons divers, bigarrés, sont une invitation à une promenade en mer. «À travers cette exposition, je mets en valeur le patrimoine culturel algérien que je revisite», a déclaré Houria Menaa. S’agissant du choix des couleurs, l’artiste affirme utiliser «des couleurs très chatoyantes, très éclatantes. Comme vous avez pu le constater, dans la majorité de mes tableaux c’est la couleur bleue qui domine, c’est parce que c’est ma couleur préférée». «Je suis de nature optimiste et gaie», a-t-elle ajouté. Répondant à une question relative au thème porté à cette exposition, elle indique avoir «choisi le thème Voyage à travers la couleur et l’émotion, pour octroyer une balade virtuelle aux amoureux de l’art plastique». Médecin pneumologue de profession et peintre autodidacte par passion, Houria Menaa est née à Guelma en 1943. Elle découvre la peinture à l'école primaire grâce à une institutrice qui, pour éveiller l'esprit des jeunes élèves à l'art et à la l'esthétique, mettait à leur disposition des livres d'art, afin, disait-elle avec humour, de susciter des vocations.
Elle s’est donc intéressée, dès son jeune âge, à l’art en général, en portant en elle le désir de s’exprimer à travers des œuvres malgré les études, son métier et sa vie familiale qui l’ont freinée pendant de nombreuses années. Le déclic se produit  en 1990. Elle commence par l’art figuratif pour se libérer progressivement et évoluer vers le moderne et le contemporain. Elle refuse de s’enfermer dans un cadre particulier et passe d’un style à un autre et d’une technique à l’autre selon l’inspiration du moment. Ses œuvres sont largement inspirées et influencées par le patrimoine culturel algérien qu’elle revisite à sa manière. Sa peinture est reconnaissable par l’éclat des couleurs, de la lumière et des contrastes. Chez elle la couleur prend le pas sur le graphisme. Le choix des couleurs est parfois arbitraire mais toujours harmonieux. Cette exposition qui se tient jusqu’à la fin du mois en cours, au niveau de la galerie d’Arts de l’Opéra d’Alger vaut le détour.
Sihem Oubraham

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