samedi 18 janvier 2020 14:28:14

Patrimoine amazigh et unité nationale : Des valeurs pour repousser le discours de la haine

«Le patrimoine amazigh comme dimension constitutive de l'unité nationale», est le thème d'un séminaire organisé, hier à Dar El Imam d’El Mohammadia (Alger), en présence du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi.

PUBLIE LE : 15-01-2020 | 0:00
Ph. Wafa

«Le patrimoine amazigh comme dimension constitutive de l'unité nationale», est le thème d'un séminaire organisé, hier à Dar El Imam d’El Mohammadia (Alger), en présence du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi.
Le ministre a rappelé que la «diversité culturelle» demeure au cœur de la construction de l'Etat, affirmant qu’elle «ne doit en aucun» cas être un facteur de haine et de conflits. «Il est inadmissible que des voix, qui prônent la haine et la division, fassent un mauvais usage de la dimension identitaire amazighe pour masquer la poursuite d'objectifs politiques, continuent de semer les graines de la division au sein de la nation», a-t-il affirmé, appuyant la décision prise la veille par le président de la République d’élaborer un projet de loi criminalisant toute forme de racisme, de régionalisme et de discours de la haine. Il a relevé que seul le respect de la diversité créera le ciment qui lie les hommes et les femmes d'un même peuple et leur donne envie de se projeter dans le futur, «sans crainte de perdre leurs racines».
En évoquant les principales dates de l'histoire de l'islam adopté par le peuple algérien, de l'histoire de l'Algérie, M. Belmehdi a jugé important d'admettre le fait que nous sommes confrontés à un phénomène étranger à notre société. «Une société qui ne cesse de démonter, de défendre, et de protéger par elle-même sa propre construction identitaire. La célébration de Yennayer aux quatre coins du pays est une preuve supplémentaire de l’attachement des citoyens à leur patrimoine et du sentiment d'appartenance commune en dépit de tous les discours mensongers, haineux, émaillés de grossièretés historiques», dit-il. Il a relevé la nécessité d'opposer une autre valeur morale, celle du respect, de l'ouverture, de l'échange, du dialogue et surtout de l'affirmation claire et sans concession des valeurs qui font des Algériens ce qu’ils sont. Présent à la  rencontre, le président du Haut Conseil supérieur de la langue arabe, Salah Belaïd, constate avec amertume et regret l’expansion des discours de la haine et l’exclusion dans les réseaux sociaux et trouve «illogique et  anormal» que les mots de  haine persistent au sein de l'espace public algérien, alors que «c'est l'Algérie, a-t-il rappelé, qui a réussi à convaincrele monde entier d'adopter une journée mondiale pour le Vivre ensemble en paix». M. Salah Belaïd a estimé, en effet, «opportune et appropriée» la proposition du président de la République visant l’élaboration d'un projet de loi criminalisant toute forme de racisme, de régionalisme et de discours de haine et noté que l'Etat doit «renforcer les instruments juridiques nécessaires pour le maintien de cette diversité clturelle». A ses yeux, si le principe de diversité culturelle fait aujourd'hui «l’unanimité les différences subsistent» cependant quant à son interprétation, d'où l'importance du rôle que peuvent jouer les médias, l'élite, les universitaires et les chercheurs pour tenter d’apporter un éclairage sur les différentes facettes de l'histoire de notre pays, de repousser les clivages idéologiques, de faire face à l’utilisation politique des questions liées à l'identité et à la culture et valoriser ainsi ce modèle de «société ouverte». Le président de CSLA considère qu’il est vital que les chercheurs récupèrent la question identitaire des mains des politiciens qui en font un fonds de commerce pour attiser les processus de segmentation et de fractionnement. «Les flux de l'histoire ont enrichi notre héritage identitaire, nous devons protéger cette dimension, et organiser la cohabitation dans un cadre globale qui reconnaît la diversité», a-t-il expliqué. Pour enrichir la réflexion, deux ateliers ont été organisés dans le cadre de cette journée. Les intervenants ont insisté sur l'impératif de lutter contre les amalgames qui induisent les citoyens en erreur au vu de l'histoire, des traditions et des valeurs culturelles. S'appuyant sur les textes sacrés, hadiths et autres sources religieuses, les intervenants étaient unanimes à dire que les discours de  haine sont aussi considérés comme forme d'extrémisme. D'autres estiment dangereux que cet extrémisme soit considéré comme une sorte de liberté d’expression.
    Tahar Kaïdi

 

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