samedi 18 janvier 2020 14:16:23

Grand angle : Partie remise (?)

Que s’est-il passé, de lundi à mardi matin, pour qu’à l’expiration du délai de réflexion qu’il avait demandé, le maréchal Khalifa Haftar revienne sur son intention, supposée si l’on se fie au fait qu’il se soit rendu à Moscou, et refuse in fine de signer l’accord de cessez-le-feu, accepté pourtant par Fayez al Sarraj ?

PUBLIE LE : 15-01-2020 | 0:00
D.R

 Que s’est-il passé, de lundi à mardi matin, pour qu’à l’expiration du délai de réflexion qu’il avait demandé, le maréchal Khalifa Haftar revienne sur son intention, supposée si l’on se fie au fait qu’il se soit rendu à Moscou, et refuse in fine de signer l’accord de cessez-le-feu, accepté pourtant par Fayez al Sarraj ? Ce refus interpelle même si aucune explication pouvant constituer un élément de réponse à ce questionnement n’a été fournie au moment de l’annonce de ce qui peut-être qualifié comme un revers pour la diplomatie russe et turque qui ont pris sur elles de se substituer aux deux belligérants et de négocier le document devant sceller la trêve en vigueur sur le terrain depuis dimanche dernier. Quelle est la pierre d’achoppement sur laquelle les pourparlers menés via les ministres russe et turc de la Défense et des Affaires étrangères ? Un contact direct entre les deux belligérants, qui ne se sont pas rencontrés à Moscou, aurait-il facilité les négociations ? Difficile à dire, même si nombreux sont ceux qui poussent à un dialogue interlibyen. Ce qui est certain c’est que la non signature de cet accord de cessez-le-feu n’est pas pour arranger les choses, dans la mesure où les intentions de l’homme fort de l’Est ne sont pas encore connues. A cela s’ajoute l’avertissement lancé à son adresse par le président turc. En effet, Recep Tayyip Erdogan a menacé «d'infliger une leçon» à Khalifa Haftar s'il reprenait ses attaques contre le gouvernement de Tripoli. Pourtant lundi, tout semblait indiquer que les deux hommes s’acheminaient vers la signature de l’accord. Preuve en est, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait parlé de «progrès», avant de constater mardi l'absence «d'un résultat définitif». Mais, pour lui, cet échec n’est pas une fin en soi puisqu’il a assuré
« poursuivre les efforts « avec Ankara. Et c’est peut-être à ce niveau que le bât blesse. Le règlement de la crise en Libye est aussi, voire surtout, une question qui concerne d’autres acteurs régionaux et en premier lieu les pays voisins. Le chef de la diplomatie russe a rappelé, à juste titre, que «l'ensemble de la communauté internationale - Russes, Turcs, Européens, Emiratis, Algériens, Egyptiens et Qataris - encouragent les parties libyennes à s'entendre au lieu de régler leurs comptes par la voie des armes». Tous doivent œuvrer , sous l’égide de l’ONU , à faire en sorte que la Libye puisse enfin tourner la page de ce chapitre douloureux de son histoire. C’est pourquoi gageons que la non- signature par Haftar du projet d’accord n’est que partie remise.
Nadia K.

 

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