samedi 18 janvier 2020 14:31:05

Le développement du numérique au forum d’El Moudjahid : Le FCE recense les mesures d’urgence

Des assises de la transformation numérique doivent être organisées dans les trois mois à venir

PUBLIE LE : 14-01-2020 | 0:00
Ph. : Wafa

Qu'est-ce que l'économie numérique ? Quels sont les secteurs qu'elle englobe ? Quels sont les impacts pour l’économie nationale ? Quelle est la définition de start-up, d’incubateur ? En quoi consiste une stratégie algérienne de l’innovation ? Autant de questions pour lesquelles le Forum d’El Moudjahid a essayé de répondre, hier, avec les spécialistes Djaoued Allal, vice-président du FCE, chargé du développement du numérique, et Riad Brahimi, membre du conseil exécutif, président de la commission développement de la relation entreprise-université.

Dans leur intervention nos deux invités ont essayé de définir les enjeux liés à tous ces concepts pour l’économie nationale mais aussi cibler les carences et les insuffisances qui retardent la transformation numérique dans notre pays. Ainsi, M. Djaoued a fait un état des lieux de la transformation numérique en Algérie. On y apprend que l’Algérie était effectivement en avance au niveau du continent dans les années 2000. Cette avancée en matière de nouvelles technologies et cet élan ont été malheureusement stoppés ce qui fait qu’aujourd’hui beaucoup reste à faire en matière de numérisation de l’économie.
Pourtant notre invité assurera que l'économie numérique est aujourd'hui un vecteur de croissance, de productivité et de compétitivité des entreprises et des pays. Son caractère transversal impacte tous les secteurs de l'économie, elle est également à l'origine des nouveaux secteurs innovants et a rendu d'autres dépendants de celle-ci. Le vice président reste confiant pour le grand potentiel existant en matière grise, le marché, les atouts concurrentiels et considère que l’Algérie pourra facilement jouer les premiers rôles dans le domaine de l’innovation et améliorer son classement au Global Innovation Index de l’OMPI, qui classe l’Algérie à la 113e place sur les 129 pays.

Des assises de la  transformation numérique doivent être organisées dans les trois mois à venir

Pour ce faire, le représentant du FCE invite le tout nouveau ministère dédié a la numérisation aux start-ups et à l’innovation d’organiser dans les trois mois à venir des assises de la transformation numérique pour débattre du grand chantier qu’il faut ouvrir dans ce domaine. «Le niveau de l’introduction des nouvelles technologies dans les économies varie selon la vision et la stratégie adoptées par les pouvoirs publics», selon notre invité. Il estime qu’il faut d’abord avoir une vision stratégique du numérique ; «ce qu’on veut faire et où veut-on aller.»
M. Djaoued estime que parmi les mesures d’urgences que le nouveau ministère doit prendre on y trouve la révision de la réglementation actuelle qui «constitue un véritable frein au développement de l’économie numérique, la réforme du système bancaire, la levée des taxes vers les outils informatiques, la mise en place d’un écosystème et un environnement adéquat». Pour ce qui est des taxes imposés pour les outils informatique, notre invité dit comprendre qu’on taxe certains produits pour protéger l’industrie nationale ou pour que les industriels locaux puissent se positionner sur le marché algérien, il reste sceptique sur les motifs d’une taxation qui va impacter directement tout projet de digitalisation en Algérie, d’autant que ce que vont rapporter ces augmentation de taxe est insignifiant.
M. Djaoued affirme aussi que pour dynamiser l’inclusion numérique, les pouvoirs publics doivent engager des actions concrètes dans la régulation et la démocratisation de l’accès à internet haut débit et très haut débit. Pour le vice-président du FCE le numérique représente aussi un risque pour lequel les entreprises doivent se préparer. Ces technologies posent le problème des risques de mystifications qui nécessitent la mise en place de mécanismes de protection des données et de la propriété intellectuelle contre les utilisations illicites.
«On a de très bons experts en cybercriminalité auxquels qui il faut donner la chance de développer des logiciels de sécurisation qu’on importe actuellement», dira notre invité qui estime que la technologie numérique avance à grands pas et bouleverse les plans d’action et les stratégies économiques établis par les gouvernants et si l’Algérie veut réussir une intégration du numérique dans son économie il faut rattraper ce grand retard en appliquant des mesures d’urgence.

C’est quoi une start-up ?

M. Brahimi, membre du conseil exécutif du FCE président de la commission développement de la relation entreprise-université qui a essayé de nous expliquer la définition d’un Startup dira franchement qu’en Algérie «on ne sait pas encore ce que c’est qu’une startup puisque qu’il n’existe pas de modèle propre a notre pays et qu’il faudrait dans le futur mettre en place les paramètres qui définissent le sens, le cadre, la cartographie des startup». Pour le représentant du FCE «une startup c'est apporter de la valeur à des clients avec un produit ou un service que personne n'a jamais fait avant. Et l'enjeu d'une startup est de trouver et construire le business model qui va avec. Un business model qui n'est pas calqué sur une structure existante, et qui n'est pas forcément évident au lancement de la structure».
Définissant les critères universels pour désigner une startup, notre invité dira qu'une startup est liée à la notion d’expérimentation d’innovation d'une nouvelle activité, sur un nouveau marché, avec un risque difficile à évaluer. Ce qui fait que sur les nombreuses nouvelles entreprises qui se lancent chaque année en Algérie, seule une petite fraction rentre dans cette catégorie. Tout en saluant la création d’un ministère dédié aux startups et les facilitations accordés aux porteurs de projet, M. Brahimi estime que le challenge aujourd’hui est de transformer les idées en entreprises et pour ce faire il faut déjà donner a ces startup un cadre juridique définir le mécanisme de financement qui accompagne ces entreprises et créer un pont entre le monde des entreprises et l’université. «Fédérer les start-up et les acteurs de l’innovation favoriser les ponts entre les entrepreneurs, l’administration et la société civile. Un objectif qui passe par «diffuser les bonnes pratiques et militer pour la mise en place d’un cadre adéquat à l’entrepreneuriat et à l’innovation». Pour notre invité il faut améliorer le cadre dans lequel évoluent les start-ups algériennes et programme un plan pour militer à un accès simplifié au financement des start-ups, de promouvoir l’émergence des structures d’accompagnement.
    Farida Larbi
 

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