mardi 26 mai 2020 23:40:47

Algérie, meilleur potentiel en termeS de tourisme d’aventure : trop, trop mal exploité…

Selon l’organisation britannique «British Backpacker Society» (BBS), leader dans le tourisme d’aventure, dont les toutes récentes assertions ont été reprises «in extenso» et «stricto sensu» par les médias nationaux, «l’Algérie possèderait le meilleur potentiel en termes de tourisme d’aventure qui pourrait la propulser comme première destination mondiale pour partir en voyage d’aventure».

PUBLIE LE : 14-01-2020 | 0:00
D.R

Selon l’organisation britannique «British Backpacker Society» (BBS), leader dans le tourisme d’aventure,  dont les toutes récentes assertions ont été reprises  «in extenso» et «stricto sensu» par les médias nationaux, «l’Algérie possèderait  le meilleur potentiel en termes de tourisme d’aventure  qui pourrait la propulser comme première destination  mondiale pour partir en voyage d’aventure».

«Eu égard aux attractions manifestes du pays en termes de voyage d’aventure et au nombre extrêmement faible de voyageurs visitant l’Algérie aujourd’hui, le potentiel de l’industrie touristique algérienne est inégalé en ce moment», aurait encore relevé BBS le mardi (31 décembre 2019 ? -ndlr) dans son communiqué annonçant le classement annuel.  Certes, l’Algérie est le plus grand pays d’Afrique, côté superficie. On sait ainsi que la distance entre Alger dans le nord et Tamanrasset dans l’extrême sud du pays, pour ne citer que cet exemple-là, est pratiquement la même que celle entre Alger et Paris, ou Alger et Athènes. On sait aussi que la plus grande partie du Sahara, la plus belle ne serait-ce que par rapport aux paysages les plus variés et les plus fascinants, se trouve également dans notre pays.                                                          
Depuis ces trente dernières années, l’Algérie a entrepris de s’ouvrir à la logique de marché, et partant, aux investissements privés nationaux et étrangers. Le tourisme est censé figurer tout naturellement parmi les tous premiers secteurs concernés par cette nouvelle dynamique. Il est considéré, après les hydrocarbures, comme le second «or noir» du pays.
Outre la beauté bouleversante de ses paysages et l'hospitalité proverbiale de ses habitants, notre pays est en effet l'un des rares à avoir conservé des témoins prestigieux des grands courants de civilisation qui ont traversé, depuis l'aube de l'humanité, le Bassin occidental de laMéditerranée. Hé oui ! En Algérie, l'art et l'histoire transparaissent à fleur de sol, indéfiniment. Ils y délivrent, avec force, un ineffaçable message... 

«Une terre où l’on retrouve tous les âges de la terre»…

Quand on sait, par exemple, que les portes de son immense territoire mènent directement à la connaissance des grands ensembles régionaux dont elle fait naturellement partie -à savoir les ensembles maghrébin, méditerranéen et arabo-africain- on ne peut s'empêcher de penser que l'Algérie est surtout une terre de jonctions civilisationelles.
Pour avoir en effet si longtemps servi de transition entre des mondes si divers, c'est, aujourd'hui une terre d'unité-diversité baignée dans une interculturalité aussi pénétrante que brillante. Naturelle, authentique, flamboyante et somptueuse, elle l'est totalement dès qu'on se met à son écoute. C'est d'ailleurs ce pourquoi elle défie tous les clichés méditerranéens, africains et orientaux, c’est ce pourquoi aussi elle est à découvrir autrement.
C'est somme toute aujourd'hui  un immense musée à ciel ouvert, unique au monde. On retiendra, en effet, que c'est grâce à ses ports naturels, vastes et abrités, que notre pays a, depuis l'Antiquité et l'aube de la navigation, occupé une position stratégique fort enviable : celle de sentinelle de la Méditerranée. Et c'est, de toute évidence, à quelques encablures à peine du Sud de l'Espagne, là où l'Europe se rapproche le plus du continent africain, qu'il a exercé à la fois une position et une fonction de contrôle. Position idéale qui, par la même, en a fait un tremplin géographique rêvé. Pas étonnant, dès lors, que les puissances de l'ancien monde l'aient, tour à tour, conquis ou occupé et y aient laissé leur plus forte et plus évidente empreinte... Aux Phéniciens succédaient ainsi les Carthaginois, puis les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Ottomans et, en dernier, les Français qui resteront jusqu'en 1962, année à laquelle l'Algérie devient une République indépendante
Notre pays, en définitive, offre non pas des itinéraires précis, lesquels sont plutôt le fait des agences de voyage et de tourisme, mais c'est surtout sa surface totale qui est itinéraire. Un formidable patrimoine archéologique, historique et culturel y affleure à même le sol, façonné sans doute depuis l'aube de l'humanité, souvent unique au monde. Mais qui demeure encore vierge, méconnu, d'une authenticité troublante, sans pareille. Pour tout dire, l'Algérie -aujourd’hui second berceau de l’humanité en Afrique et à travers la planète- est, selon les termes de feu Mohamed-Salah Mentouri, ex-ministre du Tourisme, «une terre où l'on retrouve tous les âges de la terre».

Privilégier la formation,  le perfectionnement et le recyclage

Mais -parce qu’il y a malheureusement un mais- vu son passé récent et compte tenu de son choix politique, l’Algérie n’a pas développé son tourisme aussi bien que l’ont fait les pays voisins. Ce qui explique le manque de confort et le retard actuel en matière de réalisations d’infrastructures adéquates.
Paradoxalement, en même temps, le déficit en question favorise et oblige à établir des contacts directs avec la population. Ce genre de tourisme s’adresse alors à une clientèle d’individuels et de petits groupes. Ici l’expression «tourisme de niche» ne serait pas inappropriée dans la mesure où cela peut éviter les dégâts commis par le tourisme de masse, en l’occurrence dans le Grand-Sud où l’écosystème est l’un des plus fragiles au monde. Preuve en est, au lendemain de la fête de fin d’année à Taghit -et c’est une toute récente vidéo qui le montre- on se demande si un tsunami charriant des objets de toutes sortes, des restes de pique-nique, bouteilles en plastique, canettes de boissons diverses, sachets pleins d’ordures, etc., n’est pas passé par là.  A croire qu’en matière de protection de l’environnement, le pays est comme frappé de malédiction tant les touristes qui visitent ces zones, pourtant extrêmement fragiles, ne respectent aucune norme en ce domaine. Tout simplement parce que personne ne les en a avisés préalablement.

Et là, c’est tout dire…

S'agissant, au demeurant, du soubassement économique et financier de l'activité touristique et hôtelière du pays, l’Etat algérien va devoir impérativement mettre l'accent sur l'énorme retard accusé par le pays dans la mise en place d'une industrie touristique performante, retard caractérisé notamment par un déficit notoire en infrastructures adéquates. Pour tout dire, retard dans l'amélioration et l'optimisation de toutes ses capacités d'accueil, dans la mise en valeur et l'exploitation intelligente des patrimoines naturel, historique, culturel et civilisationel qui, pourtant et sans contredit, constituent autant de richesses touristiques non négligeables, ce pourquoi celles-ci sont reconnues comme telles par l’organisation BBS.
Enfin l'autre aspect, et non des moindres, que ne devra pas manquer d'aborder le département ministériel concerné est celui de la formation, du perfectionnement et du recyclage professionnels des personnels employés ou à recruter dans le secteur, actions dont l'importance n'est plus à souligner.
D'autant que dans ce domaine très sensible, toutes les activités liées à la chose touristique - et d’une manière consubstantielle, à l'hôtellerie, la restauration, l'artisanat, l'organisation des voyages, l’animation des circuits touristiques...- toutes ces activités obéissent, ou du moins sont censées répondre aux normes et standards internationaux.  
D'où l'impérieuse nécessité de privilégier la formation, le perfectionnement et le recyclage à tous les niveaux hiérarchiques des familles d'activité en question, voire les ériger sans plus attendre en priorité des priorités. Sans quoi nous ne saurions espérer atteindre le standing international requis, standing qui ferait de notre pays une destination touristique normée, à nouveau fréquentable par les touristes du monde entier.
Kamel Bouslama                   
 

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