vendredi 05 juin 2020 21:30:25

Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh : Tamazight en symphonie

Au rendez-vous des célébrations religieuses et nationales, le maestro Amine Kouider et son orchestre symphonique ont égayé, dans la soirée de dimanche dernier, les habitués de l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh, le temps d’une soirée, à l’occasion de Yennayer 2970.

PUBLIE LE : 14-01-2020 | 0:00
Ph. Billel

Au rendez-vous des célébrations religieuses et nationales, le maestro Amine Kouider et son orchestre symphonique ont égayé, dans la soirée de dimanche dernier, les habitués de l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh, le temps  d’une soirée, à l’occasion de Yennayer 2970.

La soirée de dimanche dernier était très distinguéeà l’Opéra d’Alger. Une soirée riche, au cours de de laquelle le maestro Amine Kouider et son orchestre ont concocté une mosaïque musicale de notre patrimoine culturel amazigh. Baptisée «Yennayer, une symphonie amazighe», cette soirée du 12 janvier, qui coïncide avec la célébration du nouvel an amazigh, a été animée par quatre artistes, accompagnés par l’orchestre symphonique, offrant un cocktail musical qui a plongé le public dans les profondeurs de la musique amazighe. Un voyage de rêve dans le genre musical ancestral alliant plusieurs styles et rythmes.
Les musiciens de l’orchestre symphonique de l’Opéra d'Alger ont enchaîné des partitions musicales accompagnant un florilège de chants amazighs, rendus par quatre chanteurs au style différent, notamment targui, kabyle, chaoui et mozabite. Le La de la soirée a été donné par le maître de le maestro,  accueilli par des applaudissement  nourris. Le recital a transporté le public dans un voyage vers le Tassili n’Ajjer,  en interprétant «Tiniri» (le désert) du groupe Tarwan et enchainant avec «Ayetmanin» avant d’inviter Djamila Mansouri sur scène pour interpréter «Timawadin» (Les jeunes de mon pays) et «Amin amin». Habillée d’une robe chaouie, ornée de bijoux, l’interprète de la musique des Aurès, Nadia Guerfi, a comblé les présents à la prestigieuse salle Boualem-Bessaïeh. Avec sa voix suave, elle a interprété «AkerdAnoguir» (Lève-toi pour partir), une chanson de l’icône de la chanson chaouie Aissa Djarmouniet et «Gherslmal» (Il est aisé), reprise par de grands noms de la chanson algérienne dont Chebba Yamina. Pour sa part Aghlanede, de son vrai nom Mohamed Anis Hadjouja, a rendu hommage à la chanson mozabite avec les célèbres chansons «LachiLachi» du groupe Berian de Ghardaia, et «Ayanouji» (Mon bébé) d’Adel M’zab. En clôture de cette envoutante soirée, Zohir Mazar, vêtu d’une magnifique tenue kabyle, a enchanté le public mélomane avec des cèlèbres chansons de grands maîtres de la chanson kabyle, tels «Amedyez» (Le poète), une chanson d’Idir en hommage à Mouloud Mamameri, «Ah ay akham» (maison abandonnée) d’Akli Yahiatène, ainsi que «Ouretsrou» de Djamel Allam, terminant avec une chanson rythmée de Aït Menguelet «Ketchini rouh». L’orchestre symphonique, sous la houlette d’Amine Kouider, a brillé dans  toute la splendeur, en exécutant des extraits de «Danse chaouie», «Airs de kabylie», ainsi que «Yema gouraya» et «Djurdjura». Par ailleurs, le grand violoniste, Ahmed Bouifrou, a gratifié la salle en solo, en interprétant une œuvre musicale de Abdelouahab Salhm intitulée «Chfigh amzun didhelli» (Je me souviens comme si c’était hier).
«L’orchestre symphonique de l’opéra d’Alger est toujours présent», a affirmé Amine Kouider. «C’est le fleuron de la musique en Algérie et c’est aussi le trait-d’union entre les artistes et les cultures», dit-il. «Pour moi, il symbolise un orchestre de l’unité identitaire de la musique algérienne parce que les musiciens viennent de partout et nous jouons toutes les musiques algériennes avec toutes leurs composantes». Dans une déclaration à El Moudjahid, dans les coulisses de l’Opéra d’Alger, le maestro a indiqué que «nous avons visité 47 wilayas et nous souhaitons, cette année 2020, ressortir pour une tournée à travers le territoire national.  Car cela fait trois ans que nous nous produisons qu’à l’Opéra». A une question relative à ce spectacle où il a «osé» interpréter la musique amazighe en symphonie, Amine Kouider a soutenu qu’effectivement «c’est audacieux,  mais l’orchestre fait de la musique symphonique, de la musique d’opéra et de la musique pour les enfants. C’est pour cela que je dis que c'est vraiment le fleuron de la musique parce qu’il existe depuis une vingtaine d’années». «La musique est un langage universel et peut être jouée d’une manière ou d’une autre», a-t-il conclu.
Sihem Oubraham

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