dimanche 12 juillet 2020 17:48:03

Grand angle : Un souhait partagé

Alors que les deux rivaux libyens, le maréchal Khalifa Haftar et le chef du GNA Fayez al-Sarraj, étaient en route pour Moscou pour négocier les modalités de l'accord de cessez-le-feu entre leurs troupes, le président français Emmanuel Macron a insisté, dans un entretien téléphonique avec son homologue russe, Vladimir Poutine, sur la nécessité que le cessez-le-feu entre les parties en Libye entré en vigueur le 12 janvier, soit « crédible, durable et vérifiable ».

PUBLIE LE : 14-01-2020 | 0:00
D.R

Alors que les deux rivaux libyens, le maréchal Khalifa Haftar et le chef du GNA Fayez al-Sarraj, étaient en route pour Moscou pour négocier les modalités de l'accord de cessez-le-feu entre leurs troupes, le président français Emmanuel Macron a insisté, dans un entretien téléphonique avec son homologue russe, Vladimir Poutine, sur la nécessité que le cessez-le-feu entre les parties en Libye entré en vigueur le 12 janvier, soit « crédible, durable et vérifiable ». Un souhait censé être partagé par toutes les capitales concernées par le conflit libyen et qui ont réussi ces derniers jours à convaincre les deux protagonistes à délaisser la voie destructrice des armes. D’autant que la signature de l’Accord de cessez-le-feu ouvrira, du moins l’espère-t-on, la voie à la relance du processus politique. Pour preuve, et selon le chef du groupe de contact russe sur la Libye, Lev Dengov, les pourparlers entre Fayez al Sarraj et Khalifa Haftar seront «centrés (notamment) sur le règlement futur en Libye».
De son côté, Sarraj a appelé, dans un bref discours à la télévision,
M. Sarraj tous les Libyens à tourner la page du passé, à rejeter la discorde et à resserrer les rangs pour se lancer vers la stabilité et la paix». L’appel trouvera-t-il l’écho
attendu ? Il ne fait pas l’ombre d’un doute que le peuple libyen aspire ardemment à la paix et à la sécurité, tant ces dernières années auront été dures sur tous les plans.
Le chaos dans lequel est plongé le pays depuis la chute de l’ancien régime ne peut faire que les affaires d’une partie infime de la population qui, comme partout dans le monde, lorsqu’un conflit ravage un pays, verse dans les trafics en tous genres. Reste toutefois à souligner que le retour de la paix et de la stabilité en Libye ne relève pas de la seule volonté des Libyens.
Dans le cas présent, il est contrarié par les divergences entre les puissances internationales et régionales qui se livrent une guerre par procuration. Ces conflits d’intérêt sont ainsi à l’origine de l’impuissance du Conseil de sécurité qui n’a pas réussi à titre d’exemple à adopter une seule résolution condamnant ce qui se passe en Libye. Pis, certains membres violent en toute impunité ses propres résolutions, comme celle de l’embargo sur les armes.
C’est dire que le cessez-le-feu demeurera fragile tant qu’il restera tributaire des ces puissances. Sa durabilité dans le temps dépendra en fait de l’entente dont feront montre ces parties étrangères. La conférence internationale à Berlin annoncée pour dimanche prochain constituera ainsi un premier vrai test de leur volonté réelle ou supposée de mettre un terme au conflit en Libye.
     Nadia K.

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