samedi 18 janvier 2020 14:14:46

Production et consommation de la viande blanche : L’Algérie loin des normes

La filière avicole vit au rythme d’anomalies. Toutes pénalisantes. Le président de l'Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), Tahar Boulenouar, dans une conférence tenue hier à Alger, met en avant la faiblesse de la transformation alimentaire de la viande blanche, due à l’absence d’usines spécialisées.

PUBLIE LE : 13-01-2020 | 0:00
Ph. Louiza M.

La filière avicole vit au rythme d’anomalies. Toutes pénalisantes. Le président de l'Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), Tahar Boulenouar, dans une conférence tenue hier à Alger, met en avant la faiblesse de la transformation alimentaire de la viande blanche, due à l’absence d’usines spécialisées.

Il pointe du doigt la sous-exploitation de certaines régions, dont celles montagneuses, et le recours des éleveurs de poulets à des méthodes traditionnelles et son corollaire d’imprévisibilité de hausse et baisse des prix. Les experts ne sont pas à leur première mise en garde. La filière est infestée par des apprentis qui ne maîtrisent pas les techniques de l’élevage avicole, notamment sous hautes températures, et n’investissant pas dans l’acquisition d’équipements techniques des bâtiments d’élevage, notamment de ventilation et d’aération. A ce sujet, M. Salim Kebbab, vétérinaire hygiéniste avait précisé que «l’aviculture moderne requiert la maîtrise de 5 domaines essentiels, à savoir : l’alimentation, les systèmes d’élevage, la protection contre les maladies, le contrôle de l’environnement et la diversification génétique». Qu’en est-il de l’Algérie ? «La génétique (animale), expliquait-il, est entièrement importée. Un diagnostic profond de la filière avicole nous renseigne que dans notre pays, la filière avicole est en fait la plus vulnérable parmi les autres filières des productions animales». D’autre part, le président de l’Anca s’est attardé sur des statistiques comparatives qui placent l’Algérie très en dessous de la moyenne requises. «La production annuelle de poulet est de 350.000 à 400.000 tonnes, ce qui est très infime par rapport à la production mondiale qui tutoie la barre des 130 millions de tonnes», remarque le conférencier. S’ajoute le problème de consommation. L’Algérien, selon les chiffres du président de l’Anca, ne consomme pas, en moyenne, plus de 15 kilos de viande blanche par an, précisant que la moyenne exigée par l’OMS se situe entre 20 et 25 kilos. En dépit de ce positionnement défavorable de l’Algérie, la consommation de la volaille en Algérie, selon les chiffres du Conseil interprofessionnel de la filière avicole (CNIFA), a enregistré une augmentation permanente au cours des vingt dernières années, estimée à 10% chaque année, contre 2 à 3% au niveau mondial.
Soulignant le rôle incontournable de la filière avicole dans la sécurité alimentaire du pays, le CNIFA a avancé que la volaille restait le seul modèle à croissance rapide pour satisfaire la demande nationale en protéine animale, étant donné que les surfaces agricoles et les ressources en eau sont limitées, et appelle l’Algérien, à changer ses habitudes de consommation en cessant d'exiger un gros poulet bon marché, en soutenant que l'idéal, serait de consommer un poulet à croissance lente, résistant et plus goûteux.
Notons par ailleurs qu’en 2018, la filière avicole dominée à 90 % par le secteur privé, a connu en moins d’une décennie, un bond significatif avec une richesse animale considérable de 240 millions de poulet de chair et de dinde.
    Fouad Irnatene

 

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